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Eurasie 2010 : Retour à Oulan Bator

Le dernier jour nous approche irrémédiablement de la capitale, et croisons une multitudes de rapaces trônant sur le moindre tas de neige surplombant la plaine environnante. Raison futile et tellement stupide d’être heureux de retrouver des toilettes et une douche chaude, même si nous regrettons déjà de troquer la liberté de l’immensité contre la concentration et la pollution.
Le trip est malheureusement déjà terminé et remercions nos guides pour cette fabuleuse aventure, nous reverrons Sahka par la suite pour une excellente soirée dans le restaurant « La véranda », ensuite au RiverSound et pour un verre de départ au State Departement Store.
Beaucoup de personnes nous ont demandé comment étaient les conditions dans les yourtes Mongoles, et bien je peux vous dire que nous avons dormi plusieurs fois par terre et Yulia étant une maniaque de hygiène était ravie! Bien évidemment, un logement conçu pour être démonté et remonté rapidement partout dans la steppe ne comporte pas de douches dans sa liste d’accessoires, donc les Mongols (et nous) ne prennent pas de bain souvent en hiver! Je vous arrête tout de suite, en aucun cas nous avons trouvé sales les mongols, jamais une odeur ou un vêtement franchement crade. Je dirais plutôt qu’ils sont d’une propreté implacable malgré les conditions difficiles. Seules les toilettes laissent à désirer mais je n’ai pas encore trouvé de solution sans un réseau d’eaux usées sur tout le pays! En hiver cela reste acceptable car la fréquentation est bien moindre et tout gèle très vite et peu d’odeurs trahissent le trou, mais je n’ose imaginer l’été avec son flot de touristes et la chaleur!!!!!
Notons par ailleurs que les Mongols sont particulièrement sensibilises à l’écologie car peu de déchets jonchent le sol, même si les équipements d’Oulan Bator sont restés si gourmandes en énergie (charbon, pétrole, etc… Héritage soviétique!) et a si faible rendement. La culture et les traditions restent très fortement ancrées telles les habits et les yourtes restent inchangés mis à part un peu plus d’équipement de confort. La majorité des bâtiments dans les villages et dans la proche banlieue de la capitale, malgré la sédentarisation massive, la société de consommation et la notion de propriété avec son lot de palissade, la yourte reste reine. Cet habitat est conçu d’un treillis sur toute sa circonférence sur lesquels reposent des lattes (leur nombre détermine la grandeur de la Yourte) qui s’emboîtent dans une sorte de roue centrale qui elle-même repose sur deux piliers. Une corde fixée au centre symbolise le centre de la maison. La face intérieure est revêtue de tapis et tissus fins aux couleurs vives (sortes de paréos Tahitiens) tandis que l’extérieur est en fonction de la saison (ici l’hiver) recouvert d’un feutre sous laquelle sont placées des laines pour l’isolation. Le centre est semi vitré pour laisser passer la lumière et garder la chaleur du poêle placé en dessous (dont la cheminée traverse la partie vitrée) et qui sert de chauffage ainsi que de cuisinière (fonctionne au charbon ou le plus souvent aux excréments d’animaux séchés, plus efficace et écologique).
Notons que l’emplacement de chaque objet au sein de la yourte est choisi : précisément, la porte est toujours au Sud, à l’abri du vent dominant et face au soleil, les meubles (peints aux couleurs vives et aux motifs traditionnels) sont tous disposés le long des parois. Commençons par l’entrée et tournons vers la droite, nous trouvons le meuble étagère pour les ustensiles de cuisine et la vaisselle puis un meuble de rangement standard. Un lit est disposé vers l’est puis vient un autre meuble de rangement, plus axé sur les vêtements ou les objets ‘précieux’. Un plateau empli de photos de famille est placé sur le dessus. Le centre Nord est toujours occupé par le lit principal dont le chef de maison doit ‘trôner’. Le meuble qui suit est toujours l’autel destiné à Bouddha avec son lot de bougies, encens, photos sacrées, billets et statuettes. A l’ouest, un autre lit complète la capacité d’accueil puis vient la partie hygiène avec le lavabo.
La fierté est quant à elle très axée sur Gengis Khan, le plus grand empereur de tous les temps! Le passage communiste a causé bien des dégâts mais ne cachons pas ses bienfaits, colossaux pour le développement du pays, nommons le chemin de fer, essentiel actuellement pour les échanges commerciaux avec ses deux grands géants que sont ses voisins (La Russie et la Chine). L’éducation et la culture font un bond en avant exceptionnel tandis que la liberté individuelle disparaissait, tel était le prix à payer! Quoiqu’il en soit et malgré les ravages commis, nombre regrette ce temps-ci où tout le monde était plus ou moins égaux, la gratuité des soins et l’accès à la culture, la fraternité communiste en quelque sorte.
Le temps est venu de quitter la Mongolie et de découvrir la Chine, suite au prochain épisode avec le passage de la frontière!

Visa Josselin (Français) : Visa demandé à Irkutsk en Russie pour une durée de 30jours. Papiers nécessaires : 1photo d’identité. Coût : 50€
Visa Yulia (Russe) : Visa demandé à Irkutsk en Russie pour une durée de 30jours. Papiers nécessaires : 1photo d’identité et une invitation demandée à une agence touristique locale. Coût : 75€ + invitation 20€
Dates : du 19⁄01⁄2010 au 09⁄02⁄2010 soit 22 jours
Dépenses :
Retraits : 83,75€ + 83,57€ + 196,64 + 196,64 + 196,64 + 24,58€ + 122,90€ + 196,64€ + 49,56€ + 25,03€ + 50,57 + 75,85€ = 1302,37€
Total de 1303€ soit 59,20€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jours soit une économie de 457€
Cumul : 5544€ avec un budget à +207€
Notes :
Intérêt des monuments : 2⁄5
Vie culturelle : 2,5⁄5
Beautée des paysages : 5⁄5
Performance des transports : 1⁄5
Ambiance : 3⁄5
Activités ou sorties diverses : 4⁄5
Rapport qualité-prix : 3,5⁄5
Facilités touristiques : 4⁄5
Contacts avec la population : 4⁄5
Sentiment de sécurité : 4⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 5⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 5⁄5
Total de 43⁄60

Eurasie 2010 : Les steppes

Bon, c’est bien joli tout ça, mais nous avons donc devant nous une semaine et la Mongolie ne se résume pas à Oulan Bator, loin de là! Nous décidons donc de casser le cochon en prenant un tour organisé en 4×4 durant 9 jours et 2200 Km en boucle de l’Arkanguai au désert de Gobi, 90€ par jour tout compris avec le chauffeur et la guide⁄cuisinière. Nous avons décidé de partir du jour au lendemain lorsque nous avons tenté d’aller à pied au palais d’hiver et que nous n’avons jamais respiré autant de gasoil de toute notre vie! La pollution est omni-présente à Oulan Bator, qu’elle soit atmosphérique ou sonore! Nous allons donc au distributeur automatique pour retirer la somme de 800€, équivalent colossal DE 2 000 000 de tougriks! Première tentative limitée à 250 000 tougriks, ça commence bien! Heureusement, nous n’avons aucune commission, nous recommençons donc mais le total des retraits est limité à 400 000 tougriks! Croyez moi, nous avons passé 2 heures à ratisser 5 banques différentes! Au final, nous arrivons à l’agence comme des Américains avec une liasse bien épaisse et comptons les billets de 1000 comme si c’était des dollars!
Un 4×4 nous attendait le lendemain matin à 8h00 comme prévu, nous rencontrons à notre grande surprise une charmante guide francophone dénommée Sachka (une guide anglophone était initialement prévue) et notre chauffeur Otro. C’est le grand luxe, le 4×4 est moderne et très confortable, mais pas question de s’endormir, les steppes glacées nous attendent! La ville est bruyante, polluée et la visibilité n’est que d’une centaine de mètres, mauvaise journée pour commencer nous dit-on lorsque par miracle à la sortie, les montagnes apparaissent et un soleil magnifique perce la brume! Le dernier panneau du séjour indique l’étape suivante à 630 Km et laisse présager la fin proche du goudron au profil des seules et multiples traces dans la neige avec pour seul GPS, le pifomètre du chauffeur. Otro justement a conduit dans les steppes toute sa vie car il était chauffeur de bus entre deux villes « notions toute relative en Mongolie dont le terme le plus juste serait plutôt village fait de bric et de brac! » éloignés. Notre guide Sashka, quant à elle, était musicienne professionnelle d’instrument traditionnel « chants » (plusieurs tournées en Europe tout de même) avant d’aller étudier en Suisse plusieurs années avant de revenir en Mongolie afin de s’y établir définitivement.
Nous roulons depuis quelques heures et les vallées ne cessent de s’agrandir ponctuées de montagnes si érodées qu’aucune arête ne casse la douce harmonie de leurs contours, comme si elles fondaient! Les premiers chevaux, yacks et mêmes chameaux apparaissent dans ce désert glacial, le soleil arrose la neige finement déposée et donne un effet argent lumineux au paysage. Nous croisons également un nombre conséquent de jeunes cadavres congelés en quelques heures, laissant croire qu’ils se reposent paisiblement. Cet hiver est exceptionnellement froid à tel point que l’aide internationale commence à arriver, certains éleveurs ont perdu en une seule nuit la totalité de leur troupeau s’élevant à plusieurs centaines de têtes. Nous arrivons en fin d’après midi de ce premier jour à un petit monastère, lieu de pèlerinage bouddhiste avant que les communistes ne brûlent tout lors de la révolution dan les années 30.
Nous passerons notre première nuit chez une famille ‘touristique’, éleveurs de chevaux. Nous essayerons par ailleurs, au grand malheur de notre dos, fesses et appareil génital pour moi, la traditionnelle selle mongole, fabriquée uniquement en bois et qui ferait renoncer n’importe quel cowboy à l’équitation! Le temps est également un peu frisquet (environ -20°C) pour faire du cheval mais j’ai eu le courage d’aller au galop jusqu’à la dune de sable totalement gelée et donc figée dont il était absolument impossible d’en escalader la face, tellement la paroi était dure et glissante! Nous dégusterons en récompense de succulents Buzz (sortes de gros raviolis fourrés cuits à la vapeur) à la viande de cheval. Un régal! Nous nous endormons dans la yourte au coin du poêle, emmitouflés dans 5 sacs de couchages!
Nous ne sortons pas de nos lits le matin du second jour, avant que le poêle n’est totalement réchauffé la yourte. Otro réchauffe le moteur du 4×4 au chalumeau (!!!!!) et nous nous mettons en route vers Karakorum, ancienne splendide capitale de l’empire Mongol sous Gengis Khan. L’intérêt actuel réside uniquement en son monastère et sa grande enceinte ponctuée de Stûpas. Le bouddhisme est tibétain en Mongolie et les étudiants jonglent entre l’écriture Tibétaine des textes sacrés et l’écriture cyrillique de tout les jours prononçant la langue Mongole. Nous continuons la route dans l’Overkangai vers l’Arkangai. Nous y choisissons notre première ‘véritable’ famille d’accueil parmi les quelques yourtes en vue sur notre chemin. L’accueil dans les familles des steppes est immanquablement accepté, contrairement aux villes où l’on y ressent un certain rejet, héritage de la sédentarisation. Cette famille s’avère particulièrement pauvre et les 15% de pertes du bétail subi en ce début d’hiver n’arrange rien à leur situation. Les mongols semblent un peuple digne notamment dans la misère où l’on y a aucunement rencontre de mendiant. Nous grimpons au sommet de la colline pour admirer un fantastique panorama et le coucher de soleil sous un vent puissant au climat particulièrement doux. Nous profitons pleinement de cette famille avant l’arrivée fortuite du maire du village environnant accompagne de quelques autres administrés et docteur. La scène qui suivra est stupéfiante, ces personnes arborent des signes de richesse ostentatoires (bijoux et textiles) et se permettent de s’asseoir où bon leur semblent en tout premier lieu et de se faire offrir à manger. Le but initial est d’aider les plus touchés par la vague de froid meurtrière et de vérifier l’état de santé, la politique fait ensuite son œuvre, l’aide se limite à un tableau excel établissant les pertes de bétail et le docteur ne touche même pas les enfants!
Nous continuons notre route vers un petit monastère isolé et perché sur une montagne marquant la frontière entre la région de l’Ovorkanguai et de l’Arkanguai, où une quinzaine de moines passent l’hiver en autarcie. La route est si enneigée qu’il nous faudra continuer à pied dans la neige durant près d’une heure, la récompense est au rendez-vous par l’accueil du maître lama qui nous offre à manger tout en étant étonné de notre venue, nous sommes les premiers visiteurs depuis plusieurs mois! Nous bavardons durant une bonne heure avant de sortir de la yourte pour visiter le monastère perché. Nous restons hilares de la scène du lama qui se prépare en vérifiant son téléphone portable et mettant ses lunettes de soleil RayBan genre police Américaine!! La modernité n’est jamais bien loin! Par ailleurs, quasiment toutes les yourtes sont équipées de panneaux solaires ou éoliennes bricolés rechargeant des batteries de voiture pour alimenter téléviseurs, téléphones portables et ampoules a économie d’énergie! Je prie le lama de grimper tout en haut de la colline (interdit aux femmes, enfin un lieu de tranquillité!!!!) pour admirer le panorama à 360 degrés. Lama Rayban grimpe la paroi comme un écureuil malgré sa cinquantaine, je suis avec bien moins d’assurance avec Yulia qui m’encourage par des ‘Tu est fou, tu vas te tuer!’. J’en profite pour aider lama RayBan à virer le yack qui squatte en haut du sanctuaire et qui fait tourner en bourrique lama RayBan depuis ce matin autours du Ovo (amas de pierre sacré)! Nous reprenons la route après avoir fait bien peur à Otro avec nos deux bonnes heures de retard et croisons un magnifique troupeau de chevaux qui semblent sauvage. Nous nous enneigeons deux fois avant d’atteindre la rivière qui en une seule nuit avait fondu ne laissant comme seule passerelle qu’une fine couche de glace saupoudrée de gigantesques cristaux de glaces posées comme des mines! Otro est inquiet, je propose d’alléger le véhicule de nos corps (200Kg) pour tenter une traversée qui échouera au 2⁄3 après avoir traversé la glace. Nous reposons nos 200Kg sur la banquette afin d’appuyer les roues arrières sur le fond du guêt et arrivons à nos fins après avoir bien fait fumer le pot d’échappement et retirée au maximum l’eau avant qu’elle ne gèle sur des parties mécaniques sensibles. La nuit tombe et aucune yourte à l’horizon, il fait quasiment nuit noire et la piste ne se distingue que difficilement.
Tout à coup, Otro, œil de lynx, discerne un brun de lumière au pied de la montagne et nous précipitons dessus, la famille accepte!! Ce jeune couple d’une beauté flamboyante (Yulia a encore les yeux qui pétillent du bonhomme aux bottes et ceinture magnifiques!) reçoit pour la première fois des étrangers sous leurs toits et restent très sauvages envers nous. A notre grande gêne, ce couple insiste pour que nous dormions dans leur lit alors qu’ils passeront la nuit sur le sol, nous sommes honorés!
Matin du 4eme jour, nous repartons après plusieurs tranches de pain au nutella (local!) et du thé au lait pour nous diriger vers le sud pour rencontrer le désert de Gobi. Nous embarquons la jolie femme du top model avec son bidon de Kumiss (lait de jumeau fermenté à 3 degrés d’alcool au goût terriblement special voire degueu pour certains!!) sur le toit pendant que ce dernier nous suit on Moto. Le vent souffle et emporte la neige fine sur son chemin rendant la piste invisible. Nous nous enneigeons deux fois à cause de cela avant que le sauveur à moto nous indique acrobatiquement le chemin à suivre.
Nous arrivons ‘malheureusement’ dans un village pour passer la nuit; Otro et Sahka peinent à trouver notre 4-ème famille d’accueil en enchaînant les refus. Ortro réussit à revenir par hasard chez une famille de mécanicien qu’il avait auparavant déjà fréquentée. Encore une fois, nous avons la chance de tomber sur un jeune couple fraichement marie. En début de soirée, toute la famille se réunit dans la petite yourte du fils afin de fabriquer 1000 Buzz pour préparer la fête du nouvel an lunaire, quelle chance dans les deux sens du terme! Tout d’abord c’est un moment inoubliable que nous vivons ici, quasi unique, mais INTERMINABLE! 100Buzz, ça va, c’est cool! 300 on rigole déjà moins, mais 1000, bon sang c’est long!!!!!!!
Chaque membre a une fonction, entre celui qui pétrit la pâte, celui qui l’aplanit et découpe les rondelles et le reste qui fourrent la pâte par un mélange de viande finement hachée et d’un mélange d’épices et d’oignons. Une fois une planche terminée, il suffit de la déposer dans la cabane au fond du jardin (non pas les toilettes!) et de laisser la température extérieure congeler le tout!
Nous repartons le 5-ème jour pour effleurer enfin le désert de Gobi, le temps d’un petit roupillon à l’avant au son de musique folklorique telles que ‘Ma baker’ et les paysages c’étaient aplanis, la végétation s’assèche et le sable se mêle à la neige. Une petite halte chez une famille nombreuse pour déjeuner et nous atteignons l’immensité du désert. Malheureusement, nous avons dû faire un grand détour et sacrifier le plus beau du désert de Gobi à savoir les grandes dunes car la fournaise Gobi est inaccessible pour cause de … neige!!!!!!!!!! Il est d’ailleurs simple de savoir d’où souffle le vent dominant, la neige mélangée au sable se réfugie derrière chaque obstacle, petit ou grand! Otro réussit un grand exploit en parcourant une distance énorme sans aucun point de repère ni traces fiables, et dieu sait à quel point il était inquiet de ne pas trouver le village avant la tombée de la nuit!
Heureusement, la bonne grosse et grasse fumée noire du charbon de l’usine thermique du village nous a guidés comme un phare! Pour une fois que je suis content que l’on pollue tant! La 5-ème famille dépasse toutes nos espérances bien quelle soit un exemple trop moderne pour être authentique avec l’électricité dans la yourte, la machine à laver, la bouilloire, la télé et l’ordinateur!! Cette famille est magnifique, notamment la petite qui imite Yulia sur chaque photos!
Nous nous rendons à l’aube (lever à 9h!) à la pointe la plus au sud de notre périple: Yolin Am. Encore une fois le parking d’été est inaccessible en hiver et faisons une difficile randonnée dans la neige pour atteindre une curiosité qui n’a rien d’exceptionnel en hiver, un petit lac gelé!!!!! Le cadre est néanmoins exceptionnel par ce temps magnifique, la cascade de glace et les formations de glaces sur le petit lac sont saisissants. De petits rongeurs aux cris ressemblants à une marmottes ayant chopé une angine ponctuent notre progression. Bien que la glace soit ‘craquante’ pour trop s’y aventurer dessus, cette excursion restera une des plus belles!
6-ème yourte touristique avant de prendre la route vers notre point de départ au nord, Oulan Bator. Nous passons par le Bayan Zag aux dunes peu impressionnantes (comme si elles avaient été déposées par la main de l’homme tellement il y en a peu et sont au milieu de nulle part) mais aux formations rocheuses extraordinaires. C’est en cet endroit que la plupart des célèbres squelettes de dinosaures du Gobi ont été découverts.
Nous passerons la nuit dans un famille ULTRA touristique qui essayait de nous vendre des chameaux en peluche made in china et nous épater avec des os de dinosaures aussi véritables que mon slip fabriqué a la main en France! En parlant de chameau, ils venaient d’en tuer un, juste avant qu’on arrive, je vous passe l’odeur du sang chaud et le nettoyage des intestins!
La différence majeure avec ce genre de famille et une authentique est que cette première se sent très voire un peu trop à l’aise avec nous! Rebelote, nous fabriquons les Buzz que nous engloutirons immédiatement après en quelques minutes. Nous rencontrons le deuxième panneau de notre périple sur la route qui nous mène vers notre dernière famille touristique: la fille qui apprend le Français depuis peu et dont sa raison principale est…qu’elle trouve jolie la tour Eiffel, raison un peu limite qui semble malheureusement convenir a beaucoup de jeunes trompés par les étincelles de la petite capitale.
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Eurasie 2010 : Oulan Bator

Le bus qui nous conduit à Ulan Bator est piloté par un Mongol très impressionnant à l’imposante chapka mais c’est un vrai petit ourson adorable! Les paysages commencent à changer radicalement, les montagnes s’adoucissent, la neige est moins abondante, les steppes apparaissent et les premiers yacks montrent leurs museaux! Nous arrivons à la frontière qui est à notre grande stupéfaction une réplique du mur de Berlin avec son lot de barbelés protégeant un no-man’s-land ponctué de tours de guet équipées de leurs gros projecteurs, c’est la guerre ou quoi?????!!!
Tout le monde descend du bus pour un contrôle de passeport qui résume à lui seul l’efficacité de l’administration Russe, c’est à dire incohérent voir même stupide! Ainsi, on scanne les bagages sans regarder l’écran, on ne prête aucune attention au portique de sécurité qui ne cesse d’hurler et la fouille est inexistante avec son lot de questions à l’américaine du genre « Transportez-vous de la drogue?» , mais on ne va quand-même pas se plaindre de passer tranquille! Le plus rigolo étant les 3 marchands mongols du fond du bus qui avait fêté leur retour d’une façon assez alcoolisée et qui ont passés la frontière en titubant sans soucis, impensable! Le contrôle étant sans embûches, nous retournons dans le bus pour traverser le no-man’s-land et deux nouveaux contrôles de passeport (l’un Russe, l’autre Mongol) surviennent avant d’arriver à la frontière Mongol (d’ici qu’on soit inacceptable en Mongolie et sortie de Russie, nous serions bloqués dans une zone internationale dans le genre du film « The Terminal »!). Nous sortons donc de nouveau du bus pour un contrôle assez folklorique côté Mongol, tout le monde se rue dans un couloir étroit où un portique met en garde en gros et en rouge de ne surtout pas rester entre, peu importe le danger éventuel, 24 personnes sont serrées au m²! Un douanier fait de l’ordre en criant et bloque tout à coup sur moi! Il me dit de le suivre, mince, j’ai fait quoi??! Je passe devant tout le monde et présente mon passeport à son supérieur qu’il a fait sortir de son bureau. Ce dernier vérifie mon visa et éclate de rire en me remettant dans la file! Je me plais à ‘imaginer que le jeune douanier devait me prendre pour un riche ou important occidental (avec mon gros sac à dos et mes habits quechua?!) et que l’examen de mon passeport se devait d’être d’une classe supérieure alors que je ne suis qu’un banal touriste!! Bref, encore une fois tout se déroule sans encombres, nous continuons notre chemin en se réjouissant de fouler pour la première fois l’Asie!
Je pensais néanmoins l’Asie plus chaude que -30° et re-découvrons avec bonheur les toilettes de nos ancêtres qui sont d’un entretien imbattable : Un trou, 3 voire 4 planches si c’est luxe, un toit à 1m60 et un historique d’une population sur plusieurs semaines rien qu’à l’odeur, je vous passe la vue inoubliable si votre curiosité est dévorante au point de baisser les yeux! Nous arrivons de nuit à Ulaan Bator, capitale de la Mongolie, pays grand comme 3 fois la France et peuplé de seulement 2,5 millions de personnes, un des pays les moins peuplés de la planète. Ces chiffres expliquent à eux seuls que l’hospitalité légendaire des Mongols n’est pas seulement une seconde nature, c’est une nécessité à la survie! Nous sortons du bus alors qu’un bonhomme me faisant penser au petit moine qui a fait le songe de la maison dans le film « Little Bouddha », nous propose de partager un taxi. Ceux-ci se mettent en quatre pour trouver notre GuestHouse avant de nous remercier à la façon bouddhique, les mains jointes en s’inclinant et ne tournant jamais le dos. A 7€ la double (à -30° c’est compréhensible!), nous allons peut-être enfin rattraper notre budget qui commence sérieusement à se faire la malle lui aussi!
Yulia est fascinée par l’écriture qu’elle peut lire mais ne pas comprendre, en effet depuis la révolution communiste (plaçant la Mongolie dans l’orbite de Moscou avec son indépendance toute relative!) l’écriture est passée du Tibétain au cyrillique bien que la prononciation reste inchangée! Oulan Bator s’avère être une ville bruyante et polluée, on risque sa vie à chaque traversée de la route! Les buildings poussent sans considération mais la crise récente semble tout avoir stopper, l’un des pays les plus pauvres d’Asie veut se faire une vitrine moderne. Les pays frontaliers semblent généreux en offrant par exemple pour la Corée du Sud, des camions poubelles à la ville au son d’avertissement horriblement fort et à la mélodie de 5 notes terriblement répétitive (j’ai toujours cette musique dans la tête!), est-ce par pure sympathie ou pour obtenir des passes droits sur les formidables ressources minières du pays? Quoiqu’il en soit, la majorité des publicités concernent des sociétés d’équipements miniers et des banques aux distributeurs automatiques limitées à (seulement dirait un européen!) 200 000 tougriks soit 100€ soit environ ¼ du salaire moyen de la capitale.
Il est immensément plaisant de remarquer au fur et à mesure de notre progression, des transitions et mélange de cultures, d’architecture, de religions et d’éthnies. Ainsi nous visitons les premiers temples bouddhistes tel le magnifique Gandan Khiid avec son grand bouddha de 26 mètres de haut et ses écoles religieuses où les jeunes profitent que leurs maîtres lamas répondent au téléphone portable (la technologie n’épargne personne!) en plein mantra pour chahuter! La place centrale du nom du révolutionnaire Sukhé Bator autour de laquelle s’agglutinent une myriade d’ambassades, comporte une imposante statue de Gengis Khan, le plus grand empereur de tous les temps! Peu le savent mais son empire s’étendait du cercle polaire aux frontières de l’Inde et de la mer de Chine aux portes de la France!!!
Il est temps à présent d’affronter le plus redoutable des visas en ce début de parcours, la Chine! Nous nous rendons à la petite ambassade Chinoise afin d’y découvrir les modalités de visas et je me suis vite découragé à la vue des documents nécessaires inscrits sur les notices de l’accueil! On va tout de même tenter de demander au fonctionnaire en faisant les touristes stupides et il nous indique à notre grande surprise que les documents sont en réalités très limités! Cela dépend de la nationalité et des relations entre nos différentes nations! Je m’amuse toujours autant à voir que le prix d’un visa pour un Américain est toujours 4 fois plus élevé qu’un Européen mais déchante lorsque le fonctionnaire indique qu’il faut absolument un papier de l’ambassade Russe indiquant que Yulia est bien…Russe! Le passeport ne suffit plus à prouver une nationalité, désormais?!!! Peu importe, l’ambassade Russe est à deux pas et je m’attends déjà à des complications lorsque j’apprends que le visa Russe n’est à présent uniquement délivré dans le pays de résidence du demandeur, je passe mes commentaires de Français qui grogne tout le temps et a toujours raison!! Le type à l’accueil qui me fait penser à un Gavroche avec son béret, nous indique qu’il faut attendre midi pour chopper à la sortie la fonctionnaire blonde qui s’occupe de ce genre de paperasse, on nage en plein délire! Après s’être gouré plusieurs fois de blonde (entre les vraies et les fausses!), celle-ci nous indique très rapidement que ce papier n’est délivré qu’aux résidant Russe de Mongolie… Le serpent se mord la queue, il est impossible d’obtenir le visa sans ce document qui, lui-même, est indélivrable!
Second soucis, il faut indiquer sur le formulaire les villes où l’on prévoit d’aller (mettre des villes les plus éloignées les unes des autres en évitant soigneusement de mentionner une région « autonome » comme le Tibet permet d’obtenir le nombre de jours voulus, sinon c’est à l’appréciation du consul!) et surtout fournir un billet de retour ou de continuation! Je recherche différentes façons d’obtenir un billet de train, bus ou avion, annulable et peu cher afin de ne pas y laisser trop de plumes et choisi finalement d’oser la fausse réservation Air France « Made in Word »! Nous retournons à l’ambassade avec l’adrénaline associée à un faux document et à l’absence d’un autre mais si nous ne réussissons pas, Yulia sera obligée de retourner à Moscou pour faire le visa Chinois. Le fonctionnaire examine les pièces justificatives devant nous sans tiquer sur la réservation Air France et bloque sur la réplique fatidique du document Russe. Nous faisons les malheureux en expliquant notre cas mais celui-ci s’excuse mille fois en insistant sur le fait que ce document est obligatoire. Yulia fond quasiment en larme devant la carte de la Chine en imaginant qu’elle ne verra peut-être pas ce pays immanquable sur la route d’un tour du monde! Nous revenons à la charge car nous n’avons rien à perdre et prions le fonctionnaire de nous aider à trouver une solution moins embarrassante, mais celui-ci ne peut pas passer outre les règles consulaires, c’est un non ferme et définitif…
Voyant notre tête et écoutant d’une oreille lors de son rapide passage derrière le guichet, un homme qui s’avérera être le consul lui-même, demande au fonctionnaire ce qui se passe. Ils discutent ensemble avant de demander à Yulia « d’où venez-vous? », Yulia s’engouffre dans la question en énumérant les pays visités, il coupe en répondant « Non, avant tout cela, d’où venez-vous? », Yulia répond que nous sommes mariés et vivons en France malgré son passeport Russe. Je m’empresse de prouver ses dires en sortant la carte de séjour de Yulia que je voulais renvoyer en France par la poste quelques jours plus tôt! Le sésame était sorti, le consul autorisa une exception que même le fonctionnaire qualifia de grande chance! Nous obtiendrons deux magnifiques visa de 60 jours sans encombres! OUFFFF, cela fait deux fois que l’on s’en sort de justesse avec le passeport de Yulia, espérons que la chance ne tourne pas!