Archives de catégorie : Laos

Eurasie 2010 : Les 4000 îles

Un petit moment de faiblesse pour décoller de notre confortable hôtel, il est vrai que j’ai eu beaucoup de difficultés à partir dans un bus certainement bondé et troquer la chambre climatisée contre un bungalow en bambou sans ventilateur!!! Fort romantique! Voici comment je m’imaginais les 4000Îles! Le transport fut effectué dans un bus local chargé de multiples paquets (la poste locale?) et d’un réfrigérateur. Nous n’étions que 5, autant dire que c’était le luxe car nous pouvions nous allonger! Une petite halte et plusieurs vendeuse se ruent sur nous en nous proposant de délicieuses brochettes de Scarabée, entre autre!
Arrivés au quai des piroguiers, j’ai perdu ma patience avec les bateliers qui ont triplé leur prix et avec le Laotien du bus qui au départ devait aller sur l’île mais au dernier moment (ça coûte plus cher si nous sommes que 2) se désiste sans fournir d’explications, ils nous prennent vraiment pour des jambons. Autant dire que j’ai hurlé en anglais! Néanmoins, nous sommes obligés de passer via leur service. Par dessus tout, ils nous déposent à 1 km du débarcadère officiel afin d’économiser l’essence!!! J’ai hésité au retour de confectionner un joli cocktail Russe appelé Molotov! J’ai ronchonné pendant un bon moment mais l’extrême sérénité des lieux m’as vite calmé!
L’électricité est arrivée il y a quelques mois et le ventilateur permet de passer une nuit acceptable à l’abri de la chaleur. Le bungalow est sur pilotis directement sur un bras du Mékong, aucun bruit ne trouble les lieux, le fleuve coule tranquillement, la vie s’y passe le plus simplement du monde. Les enfants jouent dans le fleuve, les femmes se lavent, les hommes pêches, quel contraste par rapport aux majestueusex chutes de Li Phi situées à quelques centaines de mètres plus loin! En cet endroit le Mékong se déverse sur 13Km de chutes impressionnantes, seule zone non navigable entre la Chine et la mer. Les Français avait d’ailleurs parié sur ce commerce fluvial en créant pont, chemin de fer et débarcadères afin de permettre le trafic d’amont en aval.
Même chose pour les chutes plus à l’est, les chutes de Pha Pheng sont les plus grandes d’Asie du sud-est, 15mètres de haut dans un grand fracas. Impressionnant surtout lorsque l’on sait que nous sommes en saison sèche!
Encore une fois, le contraste entre l’extrême sérénité des lieux et ces chutes si meurtrières est saisissant. Honnêtement, c’est le lieu le plus agréable que nous ayons trouvé pour se reposer, Koh Lanta étant juste derrière!
Le lendemain, nous prenons un bus direction Phnom Penh au Cambodge et sa frontière si…corrompue!
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Visa Josselin (Français) : Visa de 30 Jours obtenu à l’arrivé directement contre 30US$.
Visa Yulia (Russe) : Visa de 15 Jours obtenu à l’arrivé directement, gratuit.
Dates : du 02⁄05⁄2010 au 16⁄05⁄2010 soit 15 jours.
Dépenses :
Retraits : 65,64€ + 95,32€ + 68,57€ + 68,57€ + 97,68€ + 67,57€ + 68,47€ + 69,13€ = 601€
Total de 601€ soit 40€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jours soit une économie de 600€
Cumul : 11337€ avec un budget à +2335€
Comparatif du coût de la vie à ce niveau de parcours :
1 – Laos : 40€ ⁄ Jour
2 – Thaïlande : 54,46€ ⁄ Jour
3 – Mongolie : 59,20€ ⁄ Jour
4 – Ukraine : 61€ ⁄ Jour
5 – Chine : 65,10€ ⁄ Jour
6 – Pologne : 81,60€ ⁄ Jour
7 – Russie : 86,66€ ⁄ Jour
8 – Hongrie : 105,50€ ⁄ Jour
9 – Autriche : 137,50€ ⁄ Jour
10 – République Tchèque : 142,50€ ⁄ Jour
Notes :
Intérêt des monuments : 3⁄5
Vie culturelle : 3⁄5
Beautée des paysages : 5⁄5
Performance des transports : 3,5⁄5
Ambiance : 4⁄5
Activités ou sorties diverses : 4⁄5
Rapport qualité-prix : 4,5⁄5
Facilités touristiques : 4⁄5
Contacts avec la population : 4⁄5
Sentiment de sécurité : 5⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 5⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 5⁄5
Total de 50⁄60

Eurasie 2010 : Paksé

Premier bus-couchette depuis le Chine, le concept est agréable car nous sommes deux par couchettes, souci certain pour ceux qui voyagent seuls, obligés de passer la nuit serré avec un inconnu! Nous étions ravis car pensions passer une excellente nuit, malheureusement, ce fut tout le contraire! Les chauffeurs ayant un objectif d’horaires précis, ils roulent comme des dingues! Ceux de l’arrière volent comme des crêpes et nous qui étions au milieu ne cessions de nous retourner comme des saucisses à chaque virage! Infernal! Comme d’habitude c’est toujours lorsqu’on dort le mieux que nous arrivons à destination! La tête dans le gaz, nous manquons de nous faire arnaquer à 6 heures du matin par un tuk-tuk qui se proposait de nous emmener à notre hostel situé à quelques centaines de mètres!
La chambre est plaisante, nous y stagnerons d’ailleurs une journée entière! Quel luxe de commander à manger et rester dans notre chambre avec l’air con (l’air conditionné!), on y oublie tous nos principes écologiques! Paksé est une base idéale pour explorer le plateau des Bolovens, région située à environ 700Mètres d’altitude très généreusement arrosée et donc très fertile où les Français y ont implanté la culture du café. Très largement bombardé par les Américains lors d’une opération sécrète (pensez donc, 40000tonnes de bombes, cela passe inaperçu pour eux!) pour y repousser les communistes, la zone est encore dangereuse de nos jours. La région compte néanmoins une multitude de villages des différentes ethnies reconnaissables à l’architecture des maisons. Nous aurons la chance de tomber sur des tisserands qui font leur travail sur de vieux métiers manuels qui doivent dater de Mathusalem! Nous rencontreront également une femme fumant (du tabac?) dans une pipe en bambou et deux autres en tenues traditionnelles, sortie à l’occasion de notre passage…touristique! Dans les quelques villages que nous croiserons, les enfants ne savaient dire que «Pi!» signifiant «pièce!». Nous sommes loin des explorateurs! Le plateau des Bolovens doit son succès touristique surtout grâce aux magnifiques cascades d’eau douce qui dévalent vers la vallée. La plus grande étant Tad Fan avec ses 120mètres de haut! Durant la journée, nous avons subi deux averses d’une quarantaine de minutes dignes de la mousson : incroyable! Nous visiterons également un petit marché local qui vend rats, oiseaux, grenouilles, serpents, anguilles, lézard, et autres petites bébêtes que les Laotiens mangent sans soucis! Nous ferons la connaissance d’Eoin, charmant Irlandais souriant tout le temps, il fait de gros efforts pour me comprendre parler Franglais mais nous arrivons à avoir de longues conversations, c’est un vrai bonheur! Nous le retrouverons, lui et son amie Sud-Africaine, au Wat Phou à Champassak et à Angkor. Nous ferons d’ailleurs une dégustation de café qui nous aura tous rendus malades! Il ont pas dû laisser bouillir l’eau assez longtemps, encore une chance que nous n’ayons pas attrapé d’amibes…
Nous ferons une excursions vers le Wat Phou Champasak, les ruines du temple pré-Angkorien dont les vieilles pierres rendent quelque peu indifférente Yulia mais qui constitue un excellent préambule à la visite d’Angkor. Ce temple fut construit bien avant Angkor, une route de 100Km le reliait d’ailleurs à la nouvelle cité. La restauration commence à se faire et il était temps car ça s’écroule de partout! L’argent manque et pourtant il en faut un sacré paquet! 1 million de Dollars rien que pour les bassins sont estimés nécessaires, mais chaque année les archéologues trouvent de nouvelles pièces, le potentiel est prometteur.
Au retour, nous cherchons une connection Wifi et portons notre dévolu au Paksé Hotel, chic et très bien tenu par un Français, nous y rencontrons tout notamment Da, adorable Laotien revenu au pays depuis peu après près de 30 ans en France. Nous partons le lendemain en tuk tuk vers la station du bus afin de rejoindre les 4000 îles à l’extrême sud du pays.
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Eurasie 2010 : Ventiane

Nous embarquons de bonne heure dans notre bus « VIP » à la thaïlandaise, souvent vieux mais « retouchés » avec des peintures très originales, une sonorisation interne surdéveloppé, des néons aux couleurs vives à l’extérieur, bref la notion de « tuning » prend ici tout son sens!
Nous pensions avancer sur le site Web pendant les 9 heures de voyage, mais nous n’imaginions pas à quel point le Laos est un pays au relief tourmenté! Nous étions si mal dans le bus que j’énonçais l’orientation de chaque virage à Yulia afin d’anticiper et éviter de vomir! Les paysages sont magnifiques, notamment dans la région de Viang Vieng, dommage encore une fois que l’essartage détruit tout la végétation, il serait temps que les autorités fassent cesser ce genre de pratique, dans peu de temps il ne resteras plus grand chose… Les populations vivent néanmoins de la même façon qu’il y a des milliers d’années, mais sans doute bien plus pauvre… J’ai également entendu dire de Da de Paksé que le tourisme à Viang Vieng vire vers le désastre pour les populations locale, l’apport d’alcool et de drogue est craint pour les enfants.
Durant notre voyage, nous avons crevé 2 fois. Le bruit fur assourdissant et le pneu avait littéralement explosé sur la tranche, un trou de minimum 20cm de diamètre était visible, je n’aurait jamais cru à cela! Les conducteurs ont été obligé de vider une bouteille d’eau sur la roue, l’eau bouillait et se transformait en vapeur par simple contact avec les écrous! Ca chauffe dur!
Arrivée à Vientiane, même topo, recherche d’un hôtel. Le réceptionniste est très sympa, il fait des études de médecine le jour et assure ce poste la nuit, éreintant! Nous ne resteront que peu de temps à Vientiane, juste le temps de faire nos visas pour le Cambodge et de visiter quelques temples, par ailleurs dans un état lamentable, il serait temps de trouver l’argent nécessaire à la restauration sinon ca ne vas pas tarder à s’effondrer! Vientiane est à notre goût une ville peu plaisante, bruyante et polluée. Seules visites intéressantes, le stupa d’or, symbole du pays et le parc du bouddha crée il y a une trentaine d’année par un original. Les créations en brique et béton commencent déjà à tomber en ruine mais l’association entre hindouisme et bouddhisme raconté de façon plutôt originale est saisissante. Éloigné mais cela vaut la visite. Nous tomberons sur des moines de Vancouver en « tourisme » à Vientiane! On se demandait qui était le plus curieux mais nous avons fait quelques photos ensemble! Remarquez à quel point les moines sont éloignés de Yulia, par peur de perdre leur mérites!!!!!!!!! Pour finir, j’aurait bien voulu taper quelques boules avec les locaux, les Laotien sont extrêmement friand de la pétanque, héritage colonial, je pense qu’il joue tellement qu’il pourrait battre la plupart des Marseillais!
Du fait des 15 jours de Yulia, nous nous empressons de rejoindre le sud du pays en prenant un bus direct Vientiane-Paksé.
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Eurasie 2010 : Luang Prabang

Arrivé à Luang Prabang, nous choisissons une ruelle au hasard afin d’y trouver un Guest-House qui n’est surtout pas dans le LonelyPanet! Tout le monde possède ce bouquin et tout le monde veut faire une bonne affaire en allant dans les hôtels recommandés! D’après notre expérience, dés qu’un hébergement est recommandé dans le Lonely Planet, sa fréquentation explose, la négociation reste difficile, l’accueil et la qualité générale se dégradent dangereusement! Contentez-vous de repérer la zone où les Guest Houses sont les plus nombreuses et visitez en quelques-uns en choisissant celui qui vous satisfait le plus.
Nous sommes donc tombés sur une très belle chambre (Luang Prabang semble dotée de bons hébergements de toute façon), entièrement décorée de bois, avec salle de bain, climatisation (nécessaire, car c’est le sauna 24H⁄24!) et télévision avec TV5!! Tout cela pour 90000Kips soit environ 9€.
Juste à côté et chaque soir un très joli marché artisanale envahi la rue principale traversant de part en part la petite ville. Le pays ne compte que 6,5 millions d’habitants! Il est amusant de voir flotter le drapeau communiste rouge avec le marteau et la faucille à côté de la description du bâtiment en Français! Nous sommes en ancienne Indochine. Certains vestiges subsistent dont de superbes maisons coloniales, des Citroens, des plantations de Café et certaines infrastructures.
Nous mangeons le soir-même avec Rieno et Annick de Bruges en Belgique. Nous avons fait la croisière ensemble et à peine débarqués, ils se sont tout de suite jetés sur le premier restaurant belge du coin afin d’y déguster les «Belgium fries» avec une bière Duvel! Nous passerons une formidable soirée en leur compagnie, tous deux sont gardiens de prisons et espérons honorer leur invitation au pays dès notre retour!
Luang Prabang était l’ancienne capitale royale avant d’être démise et sévèrement cadrée militairement après la révolution communiste. Après l’ouverture du tourisme, Luang Prabang retrouve sa splendeur mais un gros travail de restauration est encore à accomplir. Une débauche de temples avec les bonzes couleur safran associés ponctuent les petits quartiers résidentiels. Cette cité est très agréable du fait que ses bâtiments ne dépassent pas 3 voire 4 étages, l’illusion villageoise est saisissante! Les temples ne sont pas aussi tape à l’oeil que l’art Thaï mais l’oeil averti y trouvera son bonheur, notamment dans le temple central, heureusement protégé par une coopération Française.
Devant les tables des vendeurs de billets de loterie, nous rencontrons un curieux personnage Lao parlant un peu Français, ayant fait ses études en Union Soviétique (à Odessa, en Ukraine actuelle) après avoir vécu l’Indochine Française. A ma question «Comment était-ce sous le protectorat Français?», la réponse semble formaté à «parfait!», mais pour ce qui est de critiquer d’autres pays comme les USA, pas de soucis! Je pense (et j’ai eu le même genre d’impression avec Da de Paksé) que faire des critiques directes n’est pas correcte dans la culture Laotienne, lorsque c’est moi qui titille, la tête se baisse, le regard se détourne et on change vite de conversation! Bon, il est dommage que l’on ne puisse pas parler librement de cette époque, surtout que cela me passionne et que je pense supporter les critiques! Tant pis!
Après avoir visité les temples majeurs de la petite ville, nous nous fendons pour une petite excursion vers les grottes de Pak Ou. J’ai absolument voulu venir en cet endroit car j’avait vu un passionnant reportage il y a de cela quelques années. Tout cela a bien changé, les milliers de statues du bouddha semblent bien avoir disparues en tant que souvenirs pour nombre de touristes indélicats. Il est bien plus décevant de voir que rien n’est fait pour enrayer cette tendance malgré le prix élevé du billet d’entrée pour payer les 5 employés qui ne font rien à l’entrée… Par ailleurs, l’entretien est inexistant! Bref par rapport au prix du transport, l’excursion présente un intérêt plus que limité, c’est dommage d’autant qu’il y a du potentiel.
Le gros bouddha à l’entrée de la seconde grotte est rattaché à une légende assez…spéciale! Il y aurait bien longtemps ce moine fut terriblement beau, à tel point qu’il ne pouvait s’isoler pour méditer sans que de jeunes femmes l’harcèlent. Il priât donc le bouddha pour que cette situation cesse; son voeu fut exaucé car il a hérité d’un gros ventre le rendant laid et le libérant ainsi pour se concentrer correctement!
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En rentrant, nous admirons les jeunes et belles Laotiennes magnant avec grâce leur scooter tout en tenant leurs ombrelles afin de se protéger du soleil! Nous avons également la grande chance d’assister à une cérémonie du tambour par les moines. Chaque monastère à heure fixe, rivalise en émettant le plus gros son de tambour!
Pour finir, nous nous sommes levés à l’aube pour assister à la cérémonie de l’aumône aux bonzes. Depuis la nuit des temps les bonzes sortent des monastères vers 5heures du matin afin de sillonner la ville et recueillir à l’aide de leur «panier», les offrandes (riz, rasoir, etc…) des habitants pour leur permettre de vivre. Les hommes peuvent rester debout mais les femmes s’agenouilles, tous mettent directement dans le «panier». A savoir qu’il est totalement défendu à une femme de toucher un moine, celui-ci perdrait ainsi tous ses mérites bouddhiques accumulés depuis son engagement. Malheureusement, cette cérémonie est en danger du fait que certains touristes se montrent quelques peu indélicats comme si il s’agissait d’un spectacle. Nous ne sommes pas bouddhistes, pourquoi essayer de prendre part à une philosophie qui nous échappe complètement?! Comme le dit si bien le routard, c’est comme si un musulman se mettait debout sur l’autel d’une église en faisant une homélie à se façon! Inimaginable! Contentons-nous de rester discret et à l’écart, notre présence n’est que tolérée!
Nous rejoignons notre bus pour Vientiane en passant par le sympathique marché du matin.

Eurasie 2010 : Le Mékong

Nous partons encore endormis de notre auberge à 5H du matin et rejoignons à pied la station régionale de bus, Yulia manque de se faire croquer par un chien de garde, décidément ces bébêtes ne l’apprécient que pour son côté gustatif! Nous prenons sans encombres notre bus à 6 heures du matin, celui-là correspond parfaitement au cliché du transport collectif bondé, vieux, bruyant, et ouvert à tous les vents (fenêtres ne fermant plus et portes tenues ouvertes par des tendeurs), bonjour la poussière! Nous étions frigorifiés en ce beau matin, cela n’était pas arrivé depuis un sacré moment! Nous traversons l’arrière pays en desservant les villages alentours, les paysages alternent entre jungle Vietnamienne et paysage quasi-lunaire avec les essartages (destruction de forêts par brûlis pour laisser place à des terres arables) récents qui déplument des collines, voire des vallées entières.
Nous arrivons au petit poste-frontière Thaïlandais avant d’embarquer sur une petite pirogue afin de traverser le Mékong qui marque la frontière de ces deux pays. Nous arrivons au petit poste frontière Lao, je dois payer un visa de 30 jours tandis que Yulia a une autorisation gratuite de 15 Jours, les copains communistes! Un petit tour au distributeur et direction l’embarcadère afin de rejoindre Luang Prabang en 2 jours de croisière sur le Mékong couleur «boue». La population à bord du bateau nous confirme que nous ne sommes plus sur des sentiers touristiques mais bien des rails à grande vitesse! Sur environ 70 passagers, il ne doit avoir que 2 ou 3 locaux mis à part l’équipage qui vit sur le bateau! Nous n’osons imaginer les conditions de navigation en haute saison lorsque certains capitaines acceptent, paraît-il, plus de 120 passagers!!! Les bancs sont en bois et l’assise est terriblement courte, la place pour les genoux est ridicule, prévoyez un coussin en vente une bouchée de pain à la frontière! Encore un avantage de partir en basse saison, le temps reste magnifique, la chaleur difficile mais les prix sont au plus bas et la fréquentation permet un confort optimal.
Les bateaux sont typiques ressemblant aux jonques sans le mat, la famille vit à l’arrière, la cabine semblant quelque peu confortable! Les paysages défilent paisiblement entre chaque rapide, les villages alternent et l’observation des pécheurs, orpailleurs, enfants jouant dans l’eau (Les Laotiens adooooorent l’eau, ils sont toujours en train de barboter!), buffles traînant dans la vase, piroguiers constituent notre principale occupation! Malgré 7 heures et 140Km d’effectué dans un confort limite, nous n’avons pas vraiment envie de descendre pour passer la nuit dans un village perdu dans la jungle. Le bungalow donne sur le Mékong où l’expression «la vie est un long fleuve tranquille» prend tout son sens ici! Le Mékong est un fleuve très puissant mais extrêmement calme, le silence règne et s’impose, à tel point que l’on peu entendre le léger clapotis sur les berges. On ne s’ennuie pas de regarder le fleuve couler, heureusement que nous prenons le bateau demain sinon on resterait scotché ici!!
Second jour de navigation et 9heures à parcourir sur 160Km afin d’atteindre en soirée Luang Prabang. Les paysages sont somptueux, on ne s’en lasse pas. Seule espèce perturbatrice en dangereuse voie d’expansion, les Anglophones! Le Laos est un pays très discret et pudique, mais franchement lorsqu’un groupe d’Américains ou d’Anglais picole sans modération des bières qu’ils renversent (sans nettoyer bien évidemment) régulièrement sur le plancher du bateau et se mettent à hurler en jouant à des jeux stupides… Je ne pense pas être franchement anti-Anglophones, surtout qu’il ne faut pas faire de généralités, mais il y a un minimum de savoir-vivre et d’adaptation lorsqu’on est dans les pays aux cultures différentes. Si vous voulez picoler, gueuler, vous habiller légèrement et vous prendre pour le roi du monde, allez rejoindre vos égaux à Londres voire Phuket plutôt qu’au Laos… Désolé pour ce coup de gueule mais c’est plus fort que moi, lorsque vous voyez deux Anglais bourrés, déambulant dans leurs marcels et les poils des aisselles qui débordent, en parlant fort (et en déblatérant d’innombrables stupidités) et urinant sur le mur d’un magnifique temple bouddhiste, il y a de quoi se mettre en colère…
Une petite heure avant d’arriver à Luang Prabang, nous voyons à bâbord les grottes bouddhiques de Pak Ou. Nous accostons l’ancienne capitale royale au coucher du soleil!
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