Eurasie 2010 : Everest 8850m

Après avoir eu le temps de faire une grasse matinée bien méritée à Shigatsé, nous nous mettons en route doucement vers Shegar (New Tingri), ville far west crée pour servir de seule base nocturne aux touristes avant de se rendre au camp de base de l’Everest.
Nous nous rapprochons irrémédiablement de l’Himalaya (contrairement à ce que je croyais, l’Himalaya n’est que la chaîne des hauts sommets, résultats du passage de la plaque continentale Indienne sous la plaque Asiatique. Le haut plateau Tibétain est le nom pour le reste du pays). Le paysage reste sensiblement identique, très peu de neige ne trahit des sommets plus hauts que 6000m.
Le voyage est splendide au milieu de la vallée Tibétaine, véritable grenier à orge du pays, on sait pourquoi le tsampa est le met national et principal. Les champs se faufilent joliment entre les montagnes alternant entre le vert et le jaune, battus par le vent. Les cols nuageux ne laissent toujours pas apparaître ces géants de la nature, mais où sont-ils?!!!
Nous continuons la route, Yulia essayant toujours de faire la photo du siècle sur le mode de vie Tibétaine, ouvrant la vitre 4 fois par minutes, l’appareil de travers tenu par une main et mode spécial «photo mal cadrée dans voiture rapide et route défoncée» en sortant un gros Ouaahhh ! Quoiqu’il en soit, 5 minutes avant d’arriver à Shegar, nous avons vu au loin un long mur blanc immaculé, c’était sûrement Eux en plein soleil, j’espère avoir le même temps demain!
Arrivé sur Shegar, même cinéma du PSB qu’ à Tsetang, les prix des chambres sont régulés et le moindre taudis coûte entre 120 et 220RMB, une fortune que le groupe d’une seule voix refuse de payer en démontrant la colère et le ras-le-bol du pigeon voyageur. Nous allons essayer un autre hôtel qui s’avérera plus cher que le précèdent (280RMB!) mais obtiendrons, grâce à Tong (l’Hollandais d’origine Chinoise) un dortoir à 40RMB par lit en chambre de 3, largement suffisant. Sur ce coup-là et malgré l’efficacité exemplaire de Khamsang, la guide ne semble pas nous aider et approuver ce genre de logement car sûrement, à l’identique des restaurants, elle et le chauffeur mangent et dorment «à l’oeil» grâce à nous!
Nous faisons quelques emplettes dans ce minuscule village construit sur chaque bord de la route où il semble, au soleil couchant, que l’on se trouve dans une scène d’un film far-West. Nous allons un peu plus loin pour admirer le coucher de soleil et voyons sur notre droite un vieux paysan promenant ses chèvres à environ 200m. On le voit qui nous regarde souvent, il tourne en rond, s’avance par petits pas, l’air de rien, mais finit par emboîter la marche vers nous, par curiosité ou intérêt?! La mauvaise langue a gagné, à peine se trouve-t-il à notre portée qu’il tend la main accompagnée d’un sourire limite focul! Quel dommage que l’on rencontre parfois cette mentalité que nous ne cautionnons pas, il fera demi-tour avec nos trois dernières cacahuètes dans la main !!!!!
Le lendemain, grand jour, nous avons rendez-vous avec la plus haute montagne du globe, je peux vous garantir que ça excite! Nous avons acheté les billets la veille (180Rmb par personne + 180Rmb du guide à se partager + 400Rmb à se partager pour la voiture = 505Rmb (environ 60€) pour deux, c’est très cher mais on s’en tire bien, grâce au nombre de personne du groupe), mais cela n’empêche pas les check points militaires de se multiplier! Nous en compteront 5 sur 4 heures de routes en montagne où ça contrôle passeport, visa, permis, certificats de guide⁄chauffeur, et tout le bazar. Franchement, cela devient pénible et ridicule, les Chinois craignent que l’on tague sur l’Everest «Free Tibet!» ou quoi? Plus sérieusement, nous nous rapprochons du Népal et les contrôles concernent surtout les Tibétains qu’il faut à tout prix retenir et écraser dans ce nouveau Tibet où précarité (santé, éducation, travail), oppression militaire et culturelle les attendent.
Le tracé de la route est récent mais le goudron attendra, les lacets se succèdent inlassablement (je n’ai jamais vu autant de virages!) en croisant un bus de touristes Chinois accidenté; chauffeur, molo stp!
Nous arrivons au col de Pang-La situé à 5200m où on devrait jouir d’une vue magnifique sur 3 des 8 plus hauts sommets du monde, à savoir l’Everest (8850m), le Lhotse (8516m) et le Makalu (8463m). Khamsang se retourne en nous disant «So sorry!», effectivement comme on le craignait, on ne voit absolument rien, c’est trop nuageux…
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Vous ne pouvez imaginer comment c’est frustrant de comparer la photo sur le ticket et celle qui s’offre devant nous, on imagine tant que l’on croit voir un sommet dans un nuage quelconque. Espérons que la poisse ne nous poursuive pas trop.
Après tant d’efforts pour grimper, on redescend dans la vallée où les scènes de vie Tibétaine recommencent à être magnifiques. Nous croisons nombre de villages aux si jolis champs entrecoupés de paysans sur charrette à âne et ruines imposantes. Que de ruines croisées, c’est bizarre, les murs sont épais et hauts, le guide ne dit rien à ce sujet, je mettrais ma main à couper qu’il s’agit d’ancien monastère brûlé à la révolution culturelle. Pour faire une parenthèse rapide sur l’invasion Chinoise qui opposa 8500 Tibétains aux 80 000 soldats Chinois, rappelons que malgré les appels répétés du Dalaï Lama aux Nations Unis, seul le Salvador réagit !! Encore de nos jours, mis à part les militants, le génocide Tibétain (plus d’un million de personnes) n’émeut personne depuis plus de 50 ans. Elle est belle, la politique de nos pays où l’on critique dans nos journaux à demi-mot la Chine d’un côté, et qu’on débarque après, accompagné de 30 chefs d’entreprise de l’autre. La Chine nous tient bien économiquement et nos hommes politiques, toujours aussi faux, ne veulent surtout rien changer contrairement à ce qu’ils disent. Les intérêts économiques passent bien avant les idéaux de la patrie des droits de l’homme, elle est belle, la France! Cela fait mal de se dire que nous soutenons activement cette dictature, hein !!!
On recommence à grimper et on ne voit toujours rien jusqu’au moment où l’on passe le monastère le plus haut du monde (je ne me suis jamais autant désintéressé d’un monastère Tibétain!) et apercevons le monstre! Vu de 5000m d’altitude, il n’est pas plus grand que le Mont Blanc, mais il en jette quand on imagine 9Km de haut, c’est l’altitude de croisière d’un avion de ligne!!!
Honnêtement, du peu que l’on a vu, cette montagne n’est pas la plus esthétiquement jolie (on dirait une patate ramassée!) mais cela fait vraiment quelque chose d’être à son pied! Nous avons eu juste le temps d’apercevoir tantôt sa base, tantôt son sommet, on peine à imaginer le collage!! Un nuage nous a volé la vue le temps que l’on atteigne de camp de tente, lieu de notre hébergement! Nous logerons à l’hôtel de California (!) composé d’une armature de simple tonnelle et recouvert d’une toile transparente par endroit totalement pas isolée! Cela caille dur lorsque le soleil n’est pas au rendez-vous!
A partir de cet instant, nous passerons 24h à attendre en déprimant que le sommet soit visible en patientant tant bien que mal sous ce froid étonnamment intense, réfugiés sous 4 couettes puant le fennec! Chaque soir, une personne du gouvernement passe dans chaque tente pour récupérer la modique taxe de 20Rmb sur chaque lit occupé, sachant que le prix du lit est à 40Rmb, cette taxe s’élève à 50%, c’est honteux de racketter de la sorte ces adorables gens qui vivent honnêtement de ce tourisme. Après ce laps de temps et plusieurs tentatives échouées, nous décidons finalement de prendre le bus pour rejoindre «le camp de base», quelle arnaque !!!!
Tout d’abord, pour arriver au «camp de base», il faut passer le check-point qui vérifie absolument tout et vous donne seulement l’autorisation de grimper sur la butte de terre située juste derrière… D’ici la vue est quasiment identique au camp de tentes et un joli panneau indique le véritable camp de base à 88Km !!!!! Nous attendrons 2 heures sous quelques trous de ciel bleu et un soleil de plomb (ça change!) mais les nuages restent irrémédiablement accrochés au géant. Nous ne verrons que ces pieds, quelle déception!
En attendant, Khamsang nous dit de siffler pour réveiller le vent et donc chasser les nuages, ça marche pas son truc! Khamsang, repliée dans son coin, érige 3 stupas en cailloux en direction du Népal situé juste derrière cette montagne, l’un pour son mari, l’un pour son fils et l’autre pour l’avenir de sa famille. De fil en aiguille, Khamsang m’apprend que les Tibétains n’ont absolument pas le droit de posséder un passeport lui permettant de voyager comme nombre de Chinois, que malgré sa situation privilégiée à Lhassa de guide touristique depuis 7 ans, l’état de son pays l’écoeure. Sans autre solution, elle me dit à demi-mot que la seule solution d’un avenir radieux pour son fils serait de passer en Inde clandestinement à travers les montagnes enneigées hivernales en risquant sa vie, outre les militaires Chinois n’hésitant pas à tirer à vue sans sommation. A cela, elle s’effondre très discrètement en larmes…
Nous repartons, désespérés, direction la frontière Népalaise, l’idée même d’imaginer que nous serons demain à Kathmandou, au bout du monde, nous requinque!
Devant la qualité franchement pourrie et le prix des logements à Old Tingri, nous continuions notre route vers Nyalam à 30Km de la frontière. A ce propos, les propriétaires Tibétains ont tendance à exagérer avec leurs taudis, l’entretien est souvent inexistant pour un ensemble déjà pas terrible qui ne les empêche pas d’être trop gourmands. Cela fiche en rogne, autant de bêtises alors que les Chinois ont tout compris sur ce point!
La route est magnifique, sans nul doute la plus belle de tout le trajet. Nous avons la chance d’apercevoir la chaîne Himalayenne à chaque col traversé. S’en rapprocher est magique, c’est réellement un énorme mur qui s’étend tout au long, rien à voir avec d’autres massifs où les sommets sont disposés en pâté. A Nyalam nous attendent une vraie douche chaude ainsi que les premiers Indiens organisés en immense convois revenant du mont Kailash de l’ouest, considéré comme résidence de Shiva et donc lieu de pèlerinage obligatoire.
Le lendemain, direction la frontière à 8h du matin; il faut y aller le plus rapidement possible pour ne pas trop patienter avec tous ces Hindous! La route est superbe, les sommets dégagés, incroyable de voir avec quelle dextérité la voie traverse l’Himalaya. Nous passons du haut plateau Tibétain à 4000m d’altitude de moyenne au Népal situé à 1300m de moyenne, les paysages changent radicalement, le vert tropical reprend ses droits, les immenses cascades rythment le paysage, le torrent en contrebat est déchaîné. Nous arrivons à la frontière symbolisée par le «pont de l’amitié» enjambant le torrent-frontière. De l’autre côté, il est 2h15 de moins, ça se réveille doucement tandis que nous sommes déjà chauds-bouillants en attendant l’ouverture des portes.
Khamsang doit nous accompagner jusqu’au Népal à travers tous les contrôles, il semble impossible de sortir sans son permis et guide. Tout est vérifié une fois de plus et pour la première fois depuis notre départ, on fouille systématiquement à une sortie de territoire! Bien évidemment, tout le monde a planqué son Lonely Planet au fond de son sac, voire derrière son dos pour éviter de se le faire confisquer (livre interdit en Chine car critiquant le gouvernement et à la préface rédigée par le Dalaï-Lama lui-même.). Je ne crains rien: mon sac est si bien rangé et mon bouquin si profondément enfoui que même si je voulais le sortir moi-même il faudrait tout défaire! On défait tous les cadenas et le jeune officier enfonce son bras dans mon sac jusqu’à l’épaule, merde alors!!! Il attrape un sac et le sort avec une simplicité déconcertante! La couverture du Lonely Planet «Tibet» transparaît du sac plastique, il le voit (ou alors il est aveugle!), le retourne dans tous les sens, lentement, et le refourre au fond du sac avec la même facilitée improbable! Cela passe sans soucis, bon ben ok c’est encore un contrôle d’opérette, sans doute établie pour réguler la file d’attente aux passeports…
Nous disons au revoir à Nadine et Khamsang en lui filant une enveloppe garnie à laquelle elle ne dira pas un mot (?!) et passerons cette fameuse ligne rouge sur le pont symbolisant le passage de la dictature à la liberté! Bienvenue au Népal!
Pour synthétiser notre, ou plutôt ma pensée, il faut admettre que j’ai largement changé ma vision du conflit Sino-Tibétain durant ce voyage. Peut-être que 3 mois en Chine ont pollué mon esprit mais je pense avoir assez largement critiqué chacun d’eux! Soyons honnête, en tant qu’occidental, nous sommes de base pro-cause-Tibétaine de culture. Comme je le disais précédemment, aucun n’est blanc ou noir, les Chinois sont tout bonnement bien plus gris que les Tibétains. En cela, je ne regrette pas vraiment l’ancien fonctionnement du régime Tibétain car il est très similaire à nos monarchies de droit divin que nous avons tous combattues lors de nos révolutions pour une vie meilleure. Dans l’ensemble, chaque pays ayant aboli leur monarchie y ont incontestablement gagné en liberté et qualité de vie. J’ai été franchement choqué par l’écart entre la richesse extrême du «gratin» gouvernemental et l’ensemble du peuple. Il n’est vraiment pas compliqué pour les Chinois d’amplifier ces soucis aux fins de propagande même si ils le font d’une façon assez stupide et brutale. Imaginez un pays complètement replié sur lui-même où les habitants sont totalement illettrés (d’ou certaines croyances stupéfiantes), d’une grande pauvreté et à la ferveur sans faille. Les monastères, où seuls 30% arrivaient au bout de leur étude monastique (la plus grande partie faisait fonctionner cette gigantesque machine via diverses tâches tandis que les moins éduqués étaient guerriers), se livraient à de féroces batailles territoriales pour s’enrichir et gagner en importance sur les différentes routes entre l’Inde et le nord du continent (Chine, Mongolie, Moyen Orient et j’en passe), ce n’est pas par hasard que les principaux lieux saints se trouvent sur cet axe.
J’attends d’arriver à Dharamsala pour finaliser ma vision des choses mais je pense sincèrement que ce système était loin d’être idéal et qu’une nouvelle ère, uniquement spirituelle attend les Tibétains de la même manière que notre séparation entre église et état.
Il n’est pas pur de diriger un état en étant moine, chacun son rôle…
Malgré tout, vive l’indépendance, je reste pro-Tibétain à la vue de ce génocide inavoué et cautionné par le monde entier pour de banales raisons économiques.
Malgré toutes les règles élémentaires, l’humain n’est que secondaire dans cette Chine qui fascine…

Visa Josselin (Français) : Visa CHINOIS de 30 Jours obtenu à l’ambassade de Phnom Penh au Cambodge contre 30USD , un formulaire, une photo, un faux billet d’avion et une fausse invitation!! A ne pas faire car j’ai eu très chaud, les conséquences peuvent etre lourdes (interdiction de territoire à vie) !
Visa Yulia (Russe) : Visa CHINOIS de 30 Jours obtenu à l’ambassade de Phnom Penh au Cambodge contre 30USD, un formulaire et une photo, tout le contraire de moi et de notre première demande!
Extension de 30 nouveaux jours demandés à Kunming contre 160RMB et une photo. ATTENTION, il est impossible de prolonger un visa au Tibet, les petits PSB font cette démarche dans la journée mais impossible de déposer la demande 7 jours avant la date d’expiration, les gros PSB n’ont pas cette limite mais demandent 1 semaine de traitement pendant laquelle vous ne pourrez voyager par avion.
N’espérez pas voyager au Tibet sans passer par une agence de A à Z qui s’occupera de tout pendant toute la durée du séjour, par ailleurs, à la sortie du Tibet, fouille et vérification du passeport⁄visa et surtout du permis vous attendent!
Dates : du 23⁄06⁄2010 au 28⁄07⁄2010 soit 36 jours au total dont 22 jours en Chine et 14 jours au Tibet (les dépenses tu Tibet sont traités comme un pays à part, FREE TIBET !!).
Dépenses :
Retraits : 234,31€ + 234,61€ + 234,61€ + 286,59€ + 115,29€ + 115,29€ = 1220,70€
On ajoute le prix du tour au Tibet afin de l’inclure dans la fiche pays du Tibet : 2 x 2805RMB soit 5610RMB à 8,5RMB⁄€ = 660€
Ainsi 1221€ + 660€ = 1881€
Cela est cher mais il faut penser que nous sommes en voyage organisé de A à Z, que nous avons ensuite changé près de 120€ de surplus au Népal et que nous avons fait quelques emplettes (un peu plus de 100€) chez Decathlon Chengdu avant de partir afin de s’équiper un minimum.
Pour un coût de la vie quasiment identique à Vienne en Autriche et voyager dans un des pays les plus pauvre de la planète, merci la Chine à qui profite ce tourisme extrêmement rentable!
Total au Tibet de 1881€ sur 14 jours soit 134,35€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jour soit un surplus de 761€
Cumul : 16630€ avec un budget à +3042€
Commentaire et note globale objective du pays : 3,5/5
tQue dire du Tibet actuel?! On ne peux à present y aller que controlé par une agence, c’est dire si nos rêves sont faussés par la douloureuse réalitée, celle d’un peuple séverement opressé par son voisin Chinois. Nous adorons la Chine mais voyager au Tibet, c’est comme subir tous les mauvais côtés du régime Chinois qui sont invisibles dans le reste du pays. Il est ainsi trés difficile de noter ce pays, sous occupation il ne mérite que 2 ou 3 sur 5 mais en lui meme il mérite 5 sur 5. Les paysage sont magnifiques bien qu’en dangers car depuis l’arrivée des Chinois, 50% des lacs ont disparus et 70% des patûrages sont devenues des déserts, c’est dire si ce pays taillé dans le roc est fragile et en danger. En ce qui concerne les monuments, rien ne sera plus comme avant, la fameuse impermanence de toute chose bouddhiste à fait ici son oeuvre la plus magistrale. Les Chinois ont sauvagement détruit à l’invasion, transformant les ruines des monastères en porcheries et restaurent timidement à présent car le tourisme est en plein essor et s’avere extrêmement rentable (pour les Chinois!). Pour la culture, je serais tenté d’exagérer par « passez votre chemin, il n’y a rien à voir » en ce qui concerne les monastères surcontrôlés, vidés de leurs derniers moines en 2008, le peu qui restent des véritables sont trop faibles ou vieux pour réagir, les autres sont des fonctionnaires, espions ou commercants. Les Chinois essayent meme d’imposer leur Panchen Lama « Chinois » bien « éduqué » selon les pensés du « parti », le vrai ayant été emprisonné avec sa famille dès sa nomination à l’âge de 5 ans, le plaquant comme plus jeune prisonnier politique du monde, on ne sait si il est encore en vie. Cet exemple résume à lui seul le respect des Chinois vis-à-vis des droits humains les plus élémentaires.
Il serait tout de même réducteur d’accuser tous les Chinois, mis à part leur ignorance et cupidité parfois, seuls quelques centaines de hauts placés seraient à blâmer, ceux qui tirent les ficelles… Les touristes Chinois qui composent l’immense majorité au Tibet adorent la culture Tibetaine, certains même sont de véritables mordus.
La grande star et victime n’est autre que les Tibétains eux memes, un grand nombre étant exilés ou emprisonnés, ceux qui restent subissent devant l’indifference internationale la plus complète depuis 50 ans avec une sérenité relative. Ce peuple est vraiment superbe et fascinant. Nombre de fois nous avions envie de pleurer, de colère ou de joie devant tant de beautée humaine.
Y aller ou pas? Nous ne savons pas, ce voyage restera inoubliable bien que taché par la présence Chinoise, Lhassa ressemble à Bagdad en guerre… Le Dalai Lama encourage le tourisme en son pays car il permet d’y constater assez précisement les dégats, en effet! Heureusement, la culture Tibetaine renaît au Nepal et en Inde auxquels il faut saluer leur accueil.
Pas facile tout ça!…
Comparatif du coût de la vie à ce niveau de parcours :
1 – Laos : 40€ ⁄ Jour
2 – Thaïlande : 54,46€ ⁄ Jour
3 – Cambodge : 56€ ⁄ Jour
4 – Mongolie : 59,20€ ⁄ Jour
5 – Vietnam : 59,6€ ⁄ Jour
6 – Ukraine : 61€ ⁄ Jour
7 – Chine : 61,3€ ⁄ Jour
8 – Pologne : 81,60€ ⁄ Jour
9 – Russie : 86,66€ ⁄ Jour
10 – Hongrie : 105,50€ ⁄ Jour
11 – Tibet : 134,35€ ⁄ Jour
12 – Autriche : 137,50€ ⁄ Jour
13 – République Tchèque : 142,50€ ⁄ Jour
Notes subjectives :
Intérêt des monuments : 4⁄5
Vie culturelle : 2⁄5
Beautée des paysages : 5⁄5
Performance des transports : 2⁄5
Ambiance : 0⁄5
Activités ou sorties diverses : 1⁄5
Rapport qualité-prix : 1⁄5
Facilités touristiques : 1⁄5
Contacts avec la population : 4⁄5
Sentiment de sécurité : 5⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 5⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 5⁄5
Total de 35⁄60

Eurasie 2010 : Shigatse

Si il ne fallait retenir que deux temples sacrés, il y aurait le Potala et sans doute le monastère de Tashilumpo à Shigatse fondé en 1447. Cet énorme monastère ayant connu jusqu’à 5000 moines (quelques centaines à présent) est la résidence des Panchen Lamas depuis 1642, date à laquelle le 5ème Dalaï lama (réincarnation du bouddha de la compassion et fondateur du Potala) accepta à son tuteur-abbé de Tashilumpo Lobsang Chgyi Gyaltsen, le titre de réincarnation du bouddha Amitabha, créant ainsi la lignée des Panchen Lamas (grand maître érudit). Merci trop gentil, on s’attribuait des titres très modestement à l’époque!
Une petite parenthèse pour expliquer les différentes écoles bouddhiques (eh oui, tout ce petit monde était très loin d’être d’accord!). Des rivalités ancestrales ont toujours maintenu l’équilibre dans le pays et accentué sa perte une seule fois. Nous trouvons donc 5 écoles différentes dont 4 principales :
– L’école des anciens (Nyingmapa) a été fondée par des maîtres Indiens au 8ème siècle autour de Samyé, peu bâtisseur mais grand spécialiste en médecine, méditation et surtout dans l’étude et la traduction du sanskrit des livres sacrés.
– L’école Kadampa, fondée en 982 par le grand érudit Indien Atisha. Il établit dans ses monastères d’études comme celui de Reting au nord de Lhassa, le célibat pour contrecarrer la diffusion du tantrisme (art érotique débridé contrecarrant justement les idées les plus restrictives).
– L’école Guélugpa (bonnets jaunes) fonde en 1409 le monastère de Ganden où les règles monastiques sont strictement respectées. Cet ordre eut une expansion fulgurante en créant près de 140 centres religieux dont Séra et Drépung. C’est de cet ordre qu’est issu le Dalaï-Lama et le Panchen-Lama, éclipsant toutes les autres écoles suite aux véritables guerres de religion. Le concept de non-violence semble être tout récent!
L’école Sakyapa fondée au 13éme siècle est considérée comme la plus intellectuelle de toutes. Elle a détenu le pouvoir sur le Tibet durant cent ans au 14ème siècle appuyée par les empereurs Mongols comme Kubilai Khan qu’ils avaient auparavant convertis.
– Les écoles Kagyüpas (bonnets noirs) sont fondées par Marpa vers 1050 qui c’était rendu 3 fois en Inde en rapportant nombre de textes qu’il traduit et enseigne. Son disciple Milarépa met en pratique ces enseignements basés sur la renonciation et la méditation solitaire. La transmission est orale et cet ordre est à l’origine du rite de la réincarnation adopté ensuite par toutes les autres écoles. On les appelle les bonnets noirs car le second Karmapa s’en est allé visiter Kubilai Khan, fondateur de la dynastie Chinoise des Yuan, emportant avec lui une relique inestimable, un bonnet noir, représentation d’une couronne tissée avec les cheveux de 100 000 saintes. Les monastères sont ceux de Tsurphu et Densathil. Cette école n’est pas considérée comme une des 5 traditions du Tibet car divisée en une multitude de sous-écoles aussi différentes les unes que les autres. Le Bhoutan est par contre de tradition Kagyüpas depuis qu’un maître exilé de force y fondère cet ordre dans ce royaume reculé.
– La cinquième tradition est le Bön de type chamaniste et d’influence Perse. Longtemps rejetée, cette croyance se concentre dans le Kham et dans la région du mont Kailash comme centre du monde, ce dernier étant un haut lieu saint pour les bouddhistes le croyant mont Méru et des hindouistes comme résidence de Shiva.
Les Chinois l’ont bien compris dans leur propagande, pour maintenir de tels temples, les monastères possédaient des territoires immenses, cela ressemblait effectivement à la monarchie mais pas le servage! Les soucis sont apparus lorsque les domaines et richesses du Panchen Lama atteignent ceux du Dalaï Lama. Le 9ème Panchen Lama n’a alors pas hésité, pour une banale histoire de taxes et de privilèges, à faire appel aux Chinois et collaborer pour renverser Lhassa!!!!! Cette attitude a au moins sauvé le monastère de Tashilumpo des ravages Chinois. Son successeur jouât un rôle controversé n’empêchant pas les Chinois à l’envoyer en exil pour 18 ans de rééducation politique. Les Chinois voulurent ensuite l’utiliser (déjà à l’époque!) en essayant de le placer dans le trône du Dalaï Lama du Jokhang à Lhassa en 1987, ce qu’il refusa dans un sursaut tardif provoquant la colère des autorités. En 1989, ce dernier critique ouvertement les actions Chinoises, il mourra 6 jours plus tard dans des conditions mystérieuses…
En 1995, la réincarnation du Panchen Lama est reconnue par le Dalaï-Lama en exil, il est aussitôt placé à l’age de 5 ans avec sa famille en prison, on ne sait si il est encore en vie à ce jour et reste le plus jeune prisonnier politique du monde…
Un Panchen Lama «Chinois» a depuis usurpé le titre afin de tenter un contrôle de religion, il est à ce jour, très loin de son but, peu de Tibétains croient en lui malgré sa photo obligatoire d’ethnie Han bien gras affichée dans tous les temples…
Le «Panchen Lama Chinois» actuel est donc le seul «maître» du Tibet à pouvoir résider dans son monastère de tradition, malgré sa surveillance constante et sa condamnation au mutisme depuis son interview surprise à un journal de Hong-Kong en 2004 pour clamer sa neutralité. En cela, le tourisme est démultiplié à Shigatsé, de longues files d’autobus déversent continuellement leurs lots de touristes Chinois visitant brièvement au pas de course. C’est bien pire que le Potala!
L’architecture est superbe et effectivement un peu trop «pompeuse» pour en faire dégager un parfum de spiritualité.
Les «moines» sont aujourd’hui de simples fonctionnaires veillant à ce que l’on paye la somme astronomique de 180Euros (à chaque salle!!!) si on utilise une caméra… Cet aspect mercantile est choquant dans un lieu si important mais ce n’est rien à côté du racket gouvernementale que font les Chinois sur les prix d’entrées et surtout les importantes donations de tous ces pauvres Tibétains qui semblent ne pas se douter ou prêter d’importance à ce détournement ignoble.
Malgré tout ceci, le lieu ne laisse pas indiffèrent, notamment par son extérieur et son immense mur à Tangka, interdit d’usage depuis. Le plus grand Bouddha de cuivre au monde y loge avec ses 26mètres de hauteur, 11m d’une épaule à l’autre, 1,5m de long pour le petit doigt et des narines dans lesquelles un enfant peut se cacher!! Datant de 1914, il fut érigé à l’aide de 115 tonnes de cuivre et 285Kg d’or (rien que cela!) peut-être pour essayer de conjurer l’invasion des Anglais, qui, craignant une invasion Russe (et une expansion communiste), décident de rentrer par la force depuis l’Inde provoquant l’exil du Dalaï Lama en Mongolie jusqu’en 1909. Connaissant les Anglais, même peste mondiale colonisatrice aux intérêts à simple sens que les Français, ils négocièrent le retrait de Lhassa qu’en l’échange d’établissement de comptoirs commerciaux juteux et de missions politiques. Tout ceci ne les empêchèrent pas d’abandonner purement et simplement le Tibet aux mains des Chinois en 1950.
Pour revenir au monastère, beaucoup de ses salles (en tout cas, celles autorisées à être ouvertes au public et rentables) sont occupées par les stupas-mausolées des différents Panchen Lama. Encore plus que les Dalaï Lamas, les valeurs bouddhiques comme le renoncement et la simplicité absolue ne concernent pas le haut de la pyramide lorsque l’on voit l’extrême richesse des tombes. Le stupa du 10ème Panchen Lama est ainsi constitué de 547Kg d’or (importé par les Chinois de l’époque!) et de 1000 pierres précieuses…
Bref, un monastère déjà culturellement mort (c’est Tibet-Disney !) qui ne laisse pas un souvenir impérissable mais dont la visite laisse ouvert le débat.
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Eurasie 2010 : Gyantse

Gyantse constitue sans doute la plus belle étape d’un voyage au Tibet, d’autant plus en ces jours de festivals. La cité se compose de la nouvelle et ancienne ville, cette dernière, restée plus ou moins authentique, est situé entre la forteresse et le monastère. La forteresse ne présente que peu d’intérêt à l’intérieur, Khamsang nous indique que c’est un piège à touriste Chinois, très mercantile donc! De l’extérieur, ca en jette! Cette forteresse est vraiment imposante et bien intégrée dans son environnement avec ses épais murs de la même couleur que la montagne.
Le monastère par contre est magnifique de l’extérieur comme de l’intérieur. L’ensemble est protégé par un grand mur dont l’aspect semble original tant il accuse le temps. Le bâtiment principal, construit en 1418, est une étrange (unique cette tolérance!) fédération de 16 collèges monastiques appartenant à 3 écoles différentes (Guélugpa, Sakyapa et Büton), il abrite de sublime sculptures sur bois qui a elles seules valent largement le détour! Les fresques murales ont besoin de restauration (en cours) mais sont superbes. L’ensemble à échappé aux ravages de la révolution culturelle. Quel bonheur de enfin trouver la sympathie de « vrais » moines qui ne sont pas la que pour surveiller la photo. Le prix d’entrée est raisonnable tout comme l’ensemble des « extras », Dieu sait si ce lieu à besoin de financement pour préserver ses trésors! C’est un plaisir!
Le Kumbum (de Kum « images » et Bum « 100 000 », la tour aux 100 000 images donc)mesure 35m sur 8 niveaux, 77 chapelles et 108 portes (chiffre correspondant au nombre de grains dans un chapelet Tibetain) offre des peintures d’une beautée rare, quant à la vue, elle est tout simplement magnifique. La tour derrière vous et le monastère en contre bas, vous êtes cerné par la muraille, la forteresse guettant sur vous en face, le village sur la gauche et les plaines surplombées par les montagnes sur votre droite. Tout simplement l’un des plus beaux endroits de notre voyage.
L’après midi, nous partons vers le stade municipal pour y voir le festival de danse traditionnel. Eh bien la, heureusement qu’il y avait les Tibétains, de magnifiques personnes baignés dans une propagande monstre à laquelle ils ne sont pas dupes depuis 50ans contrairement aux Chinois, complètement aveugles et d’une naïveté extrême (Je reprend les termes d’un politologue Chinois réfugié en Europe : « Le peuple Chinois à l’équivalent en age de pensé politique et sociale d’un enfant de primaire Européenne. ». Terrifiant! Réveillez vous bon sang!!!!!!!!
Bref nous avons eu une démonstration exemplaire du ridicule de la propagande Chinoise, tellement énorme qu’il n’y a même pas besoin de comprendre la langue pour s’en apercevoir! Tout d’abord la scène, dont la devanture est occupé par un drapeau Chinois, est entouré par une demi douzaine de militaire qui auront pris soin de dégager les spectateurs les plus proches à menace de matraque. Ensuite viennent au micro entre chaque prestation, deux personne lisant bien haut en Chinois puis ensuite en Tibétain un texte officiel auquel Khamsang soupire en regarde ailleurs. Une des phrase serait du type : « Grâce au peuple Chinois qui vous à libéré et amélioré votre condition, le parti communiste à financé ce spectacle pour votre plus grand plaisir! »… Les Chinois « finance » (si on appelle financer une scène faite de bric et de brac ) en priorité les supports permettant une diffusion politique, de la propagande quoi! La ou les gens deviennent attentif et applaudissent, c’est uniquement lors de prestation artisitique, quand on l’aperçoit! En effet, bien que les Tibétain soient un peuple magique et adorable, certaines de leurs pratiques sont curieusement détestables et primitives… Si vous lui cachez la vue, vous n’attendrez pas plus de 10 seconde avant de vous recevoir un projectile, ca passe du caillou au bout de viande mâchouillé, recraché et roulé dans la terre! A l’arrière, la foret de parasol nous empêche de voir quoique ce soit, pour nous qu’importe ce sont les rencontres qui nous manquent en voyage organisé. On m’as tiré une fois la langue (qui signifie ici grand respect!!!!) et des enfants ont été mystifiés par les poils de ma jambe, j’ai cru même entendre en Tibétain « Yeti »!!!!!!! Les gens sont adorables et accueillants, maintes fois nous avons refusés de nous joindre à un « toast » mais lorsque nous l’avons fait, c’était fantastique, vraiment!
Le lendemain était la cérémonie de clôture du festival par la fameuse course de chevaux, en quelques mots, que de monde et quel bordel!!!!!!!!!!!!!!! Auparavant, les moines sonnaient les trompes et bénissaient la course, désormais, par « sécurité » c’est interdit… Les militaires défilent en tenues de combats pour maintenir un ordre que les Tibétain, il faut l’avouer, ont beaucoup de mal à respecter! Les gestes sont durs, menaçants envers ceux qui dépassent la ligne, les regards en disent long… A contrario, tout est plus simple pour les Chinois qui arrivent carrément avec leurs gros pick-up sur la piste!
Nous n’avons vu que deux courses de 3 tours en 2 heures, vous ne pouvez imaginer à quelle point l’organisation Tibétaine est merdique, il semblerait presque, pour moi qui suis une mauvaise langue, que les Chinois prennent le malin plaisir de les laisser patauger!!! Les chevaux sortent du box, à moitié fou et sûrement à moitié drogués ou excités, Jockey de 8ans sur la selle avec sifflet incorporé et raoouuu!!!! Oui ca c’est en théorie d’homme « blancs »! La réalité c’est qu’il ne sont pas foutu de les tenir ces chevaux! Dix fois, quinze fois il y en a un qui s’enfuie devant les « ooooooohhhhhhh » de la foule avant qu’ils ne déclenchent plus ou moins à l’arrache le départ lorsque tout les participants sont à peu prés sur la « ligne » dont la droiture laisse à désirer!
C’est moi ou ils sont petits ces chevaux??? Non ils sont pas assez nombreux, voilà tout!!! En tout cas ca n’as pas franchement quelque chose de spectaculaire!!!!!! Qu’importe les Tibétains semblent ravis vu la poussée qu’il exercent sur nous contre la barrière pour essayer de voir quelque chose!
Une course, ok on rigole, mais la deuxième après 45minutes d’attente le temps qu’il arrivent enfin à tenir les Chevaux, on comprend mieux pourquoi ca dure une journée entière!!!!!!
L’organisation de ces courses reflètent selon moi assez bien le mode de vie des Tibétain, assez délaissé… Comparons avec le peuple mongol extrêmement proche culturellement et socialement des Tibétains, eh ben oui, n’ayons pas peur des mots mais les Tibétains ont tendance à être plus sale et moins disciplinés, l’image doré du peuple fervent en occident à sans doute éclipsé ces autres « défauts » que les Chinois, eux, ont amplifiés dans les confins du racisme et de l’évolution.
Nous rejoignons notre van en supportant les mégaphones des stands commerciaux créant une cacophonie monstre et mettons le cap vers Shigatse, haut lieu saint car résidence du Panchen Lama.
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Eurasie 2010 : Lac Yamdrok et glacier de Karo-La

Nous arrivons en début d’après-midi au lac de Yamdrok, encore un important droit d’entrée à payer, pour quoi???? Les environs mêmes de la guitoune sont jonchés de détritus! On paierait sans soucis si l’on savait le lac sous protection mais ce n’est pas le cas. Comme la plupart des lacs au Tibet, celui-ci est en grave danger à cause d’une station de pompage qui le vide de ses eaux. Les niveaux sur les bords indiquent une forte perte depuis l’origine, une ancienne légende prévient que le Tibet deviendra inhabitable si le lac Yamdrok venait à mourir, à ce rythme, c’est pas pour longtemps… Il est également ahurissant, en pleine saison des pluies, de voir de multiples cours d’eau asséchés!
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Depuis ce col nous apercevons le Norzing Kansar culminant à 7200m au pied duquel passe le col de Karo La où nous pouvons admirer son magnifique glacier. En cet endroit situé à 5000m d’altitude, les très pauvres Tibétains logeant dans des tentes rudimentaires et aux visages meurtris par le froid, vivant du petit commerce et pour certains jeunes, de la quasi-malhonnêteté… Chaque photo est une épreuve de forcing et négociation salée, comment combiner cette attitude avec ses convictions religieuses? Comprennent-ils vraiment tous les enseignements du Bouddha? Néanmoins, malgré ce soucis de donateur ambulant et de mendicité, l’immense majorité des Tibétains sont adorables et ne demandent rien, ils s’agglutinent devant le van par simple curiosité!
En fin d’après-midi, après une journée de voiture bien rythmée, nous voici à Gyantsé pour 2 jours afin de profiter du Horse festival annuel.

Eurasie 2010 : Tsetang & Samye

Nous arrivons à Tsetang vers 16h, posons nos sacs à toute vitesse dans notre hôtel pendant que Khamsang est allée établir le permis et filons vers la forteresse Yumbulakang. Cette petite forteresse à flanc de colline est la plus ancienne du Tibet, elle aurait été bâtie vers le 5ème siècle et était le premier bâtiment «en dur» du pays! C’était en quelque sorte le «palais royal», un peu riquiqui tout de même avec ses 3 minuscules étages!
Le prix d’entrée est comme d’habitude, très exagéré pour payer des moines qui prennent plus de soin à vérifier que les touristes payent la grasse taxe photo qu’à entretenir les quelques bougies au beurre de Yak qui brûlent. Une affiche prétextant le respect des normes incendie exhibe les portraits des quelques moines pas très enthousiastes sont aux côtés des policiers Chinois, on frise le ridicule!
La courte visite est néanmoins intéressante car nous voyons pour la première fois de magnifique peinture murale décrivant l’enterrement céleste Tibétain. Pour ceux qui n’auraient pas vu le film «Kundun», il y a plusieurs sortes d’enterrement au Tibet, grosso modo trois : mise en stûpa, l’enterrement terrestre et céleste. La mise en stupa est réservée aux personnes de grande importance comme les Dalaï Lamas, l’enterrement terrestre est réservé aux «pourris», voleurs, bandits de toutes sortes et enfin le plus pratiqué et le plus surprenant, l’enterrement céleste. L’enterrement céleste consiste à détruire le corps totalement pour bien appliquer l’impermanence de toute chose, ainsi le corps est découpé en public en fins morceaux, jetés aux vautours, les os nettoyés de leur chair sont broyés et dispersés dans la nature.
La campagne environnante est magnifique mais curieusement, les villageois Tibétains semblent forcés d’arborer le drapeau Chinois le plus haut possible sur leur maison, malheureux…
Tsetang c’est peut être le mauvais avenir du tourisme au Tibet, en effet, le PSB (Public Security Bureau) local impose un prix minimal pour une chambre, quelque soit la gamme. Ainsi une chambre double avec salle de bain, même pourrie, ne se trouve pas à moins de 200Yuans (20€), ce qui est une sacrée somme ici. Les Chinois en veulent toujours plus ici, ça frôle le racket organisé… Je ne comprends pas ces agissements, sûrement que les Chinois espèrent décourager le visiteur mais ils ne sont quand même pas assez stupides pour croire que nous accuserons les Tibétains (ce sont toujours eux qui reçoivent mais toujours un Chinois qui possède et⁄ou contrôle).
Nous passerons néanmoins une excellente nuit dans cet hôtel qui vaut son prix puisque moyenne gamme. Nous avons changé le programme en partant dès demain matin vers Gyantsé, en passant par le magnifique monastère de Samyé.
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Un bon petit déjeuner à l’occidental plus tard (ils avaient pensé que les Européens ont horreur du breakfast Chinois!), nous voici sur la route, ou plutôt le chemin défoncé, en traversant nombre de pâturages devenus de dangereux petits déserts, la situation semble, selon moi, dramatique sur ce point. Les petits vendeurs d’encens dans le monastère contribuent sûrement à minima à cette dégradation en ignorant que les racines de ces arbustes que l’on brûle pour Bouddha, retiennent la faible couche d’humus évitant les glissements de terrain, l’appauvrissement des sols et la désertification. Le soucis semble bien trop avancé pour y remédier avec si peu de moyens…
Pour exemple, la Chine a dépensé 3 fois plus pour la liaison de train Golmud-Lhassa qu’elle n’a dépensé en 50ans pour la santé et l’éducation au Tibet… Le sous-sol Tibétain est extrêmement riche et la ligne de chemin de fer a été conçue avant tout pour transporter ces trésors. Imaginez que plus de 50% des réserves mondiales de Lithium se trouvent au Tibet, l’avenir se porte sur l’électrique portable, donc sur les batteries et donc sur le Lithium!! Rien que pour cela, la Chine ne lâchera pas facilement le toit du monde!
Construit au 8ème siècle, le monastère de Samye est le tout premier du pays, l’un des mieux conservés, l’un des plus beaux et l’un des seuls en forme de mandala (forme circulaire). Le temple principal symbolise le mont Méru tandis que à chaque direction, quatre temples symbolisent les 4 continents avec chacun deux sous-continents. N’oublions pas, au milieu des 1032 stupas et 108 temples, les quatre magnifiques stupas de différentes couleurs offerts par les ministres du roi d’alors.
A tout point de vue, cet édifice est spectaculaire, l’extérieur est magnifique mais son vrai trésor est à l’intérieur sur ses fresques murales, malheureusement en danger extrême. Le site a cruellement besoin de financement non détourné par les Chinois! Le prix d’entrée est très raisonnable pour une fois, comme quoi ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui en exige le moins!
A la révolution culturelle, comme près de 5000 temples à travers le pays, Samyé fut rasé, les restes furent transformés en étables, tandis que certains murs sont encore criblés de balles. Moins de 80 moines y résident actuellement, c’est terrifiant lorsque l’on connaît la grandeur du site.
Une curieuse double paroi à l’intérieur est bondée d’enfants, la croyance dit que si l’enfant ne ressort pas, alors ses pêchers n’ont pas été pardonnés. Une autre pratique un peu naïve consiste à ramper en dessous des étagères des livres sacrés, la croyance veut qu’on s’instruise de leur contenu en un éclair! Ici, pas trop de pollution mercantile, cela reste raisonnable, nous avons quand même vu l’entrée d’un monastère où ils avaient carrément la machine de banque à compter automatiquement, le business de la religion va un peu trop loin parfois… Surtout que vu les prix d’entrée, les taxes photos, les donations à gogo de gens très pauvres, ces foutus portraits de Mao sur chaque billet accrochés partout dans les monastères, les machines bancaires, les montres dorées des moines ainsi que leur téléphone portable, on se demande sérieusement si tout ceci n’est pas exagéré et éloigné du principe de renoncement!!!
Le temple a également la particularité d’être construit sur 3 niveaux, chacun dans un style différent. Le premier dans un style Tibétain, le second dans un style Chinois et le troisième Népalais. L’architecture de la charpente du troisième est particulièrement intéressante. Nous finissons cette jolie visite par les quatre stupas aux yeux éloignant les démons sur les quatre points cardinaux et la ferméture de Yulia dans les toilettes publiques par l’inadvertance d’une employée. Les membres de notre groupe ont eu un coup de fou rire ayant trouvé Yulia derrière les portes WC entrouvertes cadenassées. Elle a eu le droit à quelques photos…
Nous reprenons la route assez tôt car nous devons arriver à Gyantsé pour le festival annuel des chevaux en passant par le lac Yamdrok et le glacier Karo La.
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Eurasie 2010 : Lac Namtso

Première véritable fois hors de Lhassa, on y trouve un van un peu petit pour 10 personnes mais ça roule, il y a plus de 4 heures de route pour parcourir les 250Km. Les check points sur la route prétextent un contrôle de vitesse pour savoir exactement qui est où et pourquoi. Un petit arrêt près d »un centre thermale géothermique aménagé à la Chinoise, c’est à dire extrêmement cher et sans aucun intérêt, nous passons notre tour. Le dernier col culmine à 5200m d’altitude et devrait laisser entrevoir une superbe vue sur le lac dans sa vallée, à la place c’est une épaisse purée de pois! Complètement découragés par le temps et le froid, nous n’avons même pas vu qu’en continuant, le lac crée au dessus de lui une sorte de micro-climat dégageant une vue lointaine, quelle surprise et cadeau!!!!
Le lac Namtso, s’étend sur plus de 70Km de long sur 30Km de large et se situe à 4718m d’altitude, ce qui le place comme l’un des plus hauts lacs salés du monde. Ses rives sont dominées par la chaîne des monts Tangula dont coule la source du Mékong pas très loin et culmine le Nyainqentanglha à 7162m.
Nous arrivons au camp d’été temporaire qui ressemble plus à un camp de réfugiés car le lac est inaccessible en hiver. On piétine d’envie de grimper le petit mont de la péninsule sans faire attention au mal d’altitude afin de savourer cette vue exquise du lac! La couleur de l’eau est en effet très spéciale, elle vire, en fonction des conditions, de l’azur des îles de Thaïlande au bleu-noir profond des abysses. Nous avons la chance de profiter d’un coin de ciel bleu tout en admirant les trombes d’eau qui se déversent au loin et se rapprochent pour nous atteindre juste à la fin de notre tournée! Le coucher de soleil fut comme le lever de soleil du lendemain matin à 6h (arg!), nuageux et froid car venteux! Le lac est surprenant car similaire au comportement d’une mer lorsque l’on ferme les yeux, il y a l’écume, le bruit du déferlement des vagues sur le récif mais lorsqu’on goûte l’eau, elle n’est curieusement pas salée, on pourrait la mettre directement dans une bouteille!
Bref, nous avons bien profité de cette perle de la nature avant de rejoindre Lhassa afin de changer pour un van (très légèrement!) plus grand et filer vers Tsetang, très ancienne citée royale.
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Eurasie 2010 : Ganden

Sixième et dernier jour dans les environs de Lhassa, nous espérons être assez acclimatés pour rejoindre sans soucis le monastère de Ganden, perché à 4700m d’altitude, aussi haut que le Mont Blanc! Nous rejoignons notre guide Khamsang à 4h30 du matin afin de prendre le bus de pèlerins, les paysages au soleil levant sont magnifiques, nous longeons le Brahmapoutre! Rob, l’Anglais de notre groupe, se fait caresser les poils de sa jambe sans que la Tibétaine ne lui demande son avis, cocasse que les Tibétains soient si impressionnés par nos poils!
La route grimpe, grimpe, grimpe jusqu’au monastère fraîchement restauré, certaines ruines en arrière-plan témoignent de la vérité, celle d’un temple assiégé par les chars de Mao tirant sur tout ce qui sort et une aviation qui bombarde le sanctuaire avec les moines à l’intérieur durant 3 jours…
En 1996, nouveau drame, une campagne de nationalisation débarque à Ganden pour y retirer de force toute image du Dalaï-Lama, deux lamas s’y opposèrent, ils furent froidement assassinés pendant que ceux qui étaient blessés s’enfuirent, arrêtés et jetés en prison ou soumis aux stages de rééducation patriotiques intensifs. Depuis cette année, l’université est restée fermée, il y avaient 3000moines auparavant contre moins de 200 actuellement.
Nous y découvrons également avec horreur un grand nombre de caméras mais surtout une grande caserne de Police toute neuve directement accolée aux murs du monastère pour ne surveiller…que les moines! En effet, mis à part, le monastère sur le haut de cette montagne, pas de village à l’horizon, ce n’est pas un peu abusé????
Le site est magnifique, la Kora surplombe toute la vallée de la rivière Kyichu, on ne se croirait pas être au dessus du Mont Blanc mais ne sommes pas à la même latitude. Les bâtiments sont jolis bien que un peu trop neufs, le premier moine croisé ne dit même pas bonjour mais vérifie si nous avons bien acheté nos billets…
La Kora est magnifique, nous voyons le village natal de Khamsang au loin, chaque effort nous essouffle mais mis à part un léger mal de tête pour Yulia, tout roule.
Nous repartons vers Lhassa et profitons de notre dernière après-midi avant le Lac céleste Namtso programmé pour demain.
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Eurasie 2010 : Lhassa

Réveil à 4h30 du matin afin de prendre un taxi à 5h00 et ainsi être à l’aéroport à 6h00 pour un décollage à 7h10. Pour atteindre la salle d’embarquement, l’épluchage complet et peu aimable du passeport, visa et surtout de l’original du permis préalablement envoyé de Lhassa.
Le second avion de notre voyage, un Airbus A330 de la compagnie AirChina, s’avère tout aussi neuf que le premier, mais les tartes que nous sommes, nous avons oublié de demander un hublot dans cet avion à configuration 2⁄5⁄2 sièges. L’avion était rempli de Chinois et nous étions placés au milieu. Nous pouvions voir le décollage et l’atterrissage sur les TV de l’intérieur grâce aux caméras situées sur le devant de l’appareil; sympa bien que brumeux, on ne rate finalement pas grand chose du hublot!
Imaginez un seul instant que 11000 personnes se déversent chaque jour à Lhassa rien que par le train sans comptez un avion toutes les demi-heures depuis Chengdu, les départs depuis les autres villes de Chine ainsi que l’international et enfin les transports routiers! Nous sommes TRES loin du pays si inaccessible qui nous a été conté! Par ailleurs, 2h30 pour accéder à Lhassa, c’est vraiment trop court, je ne comprends pas ceux qui font un tour du monde par avion, les transitions de paysages et cultures sont si exquises lorsque l’on prend son temps!
L’arrivée est juste sublime car on a l’impression de voler (j’exagère) dans un canyon, les montagnes sont assez proches de part et d’autres de l’appareil! L’Arrivée dans ce tout petit aéroport se fait sans soucis, aucun contrôle, on peut rejoindre la ville par nos propres moyens, c’est à dire le seul bus navette disponible à 25Y pour 1h30 de transfert.
L’extérieur vu du bus ne diffère pas grandement de n’importe quelle ville Chinoise, le gouvernement ose indiquer qu’il n’y a que 5% de Chinois au Tibet, il n’y a qu’eux pour le croire, le gouvernement Tibétain en exil indique moins de 40% de Tibétains à Lhassa. En tout cas, ce qui est sûr c’est que la majorité sont des militaires. Nous croisons d’immenses casernes ainsi qu’un convoi de prisonniers assez sinistre, j’espère qu’on n’allait pas les exécuter… Il y a tellement de militaires à Lhassa que la ville compte désormais le plus fort taux mondial de prostituées par habitant, soit 3% !!!
L’arrivée du bus se termine magistralement au pied du Potala que nous avons vu au dernier moment. Nous nous sommes ensuite précipités devant lui pour l’admirer en croisant quelques magnifiques sourires des pèlerins et les toilettes à l’odeur Chinoise!
Il est choquant de voir ce drapeau rouge flotter en son sommet ainsi que sur la grande place édifiée «en l’honneur de la libération de Lhassa» sur le modèle de l’horrible TianAnMen où se situait auparavant la vieille ville soigneusement rasée. Il faut dire que le Potala est bien conservé depuis qu’il trône sur les billets de 50Yuans, nous le voyions plus haut et moins aplati, mais sa façade reste somptueuse et massive. Imaginez 13 étages s’étalant sur 118m de facade perchés à 300m au-dessus de la vallée. Construit en 1694 par le 5ème Dalaï Lama, le Potala nécessita 7000 ouvriers et 1500 artistes. Il fallu 300 000 tonnes de bronze dans les fondations pour résister aux séismes, la mort du pontife fut cachée jusqu’à l’achèvement de l’édifice, c’est à dire durant 12 ans !!!!!!
Nous continuons la recherche d’un hostel en voyant «la nouvelle ville», purement Chinoise avec ses fast-food Dico’s tous les 200m, seul le vieux quartier du Barkor autours du temple du Jokang est réhabilité dans le style Tibétain (ça sent le neuf!), sûrement parce qu’il est classé Unesco. Nous trouvons une première auberge convenable fréquentée par les cyclistes Chinois (et oui, pour une fois que ce sont eux qui sont libres ici et pas nous!!!) et qui laisse imaginer le niveau de confort…
Nous n’avions pas fait attention mais notre chambre était en quelque sorte un couloir que les voisins Chinois devaient emprunter avec beaucoup de tact et sans trop fumer (non je rigole, le tact Chinois existe peu, faut pas pousser!). Nous consacrerons l’après midi à chercher des hôtels de moyenne gamme, mais soit c’est vraiment au standard Chinois (comme ce dortoir immense de 50 lits minimum à l’auberge Don Cuo) où alors des 3 étoiles à gros discount mais toujours trop cher. Nous finirons finalement dans la même auberge correcte que tous les autres membres du groupe avait réservée.
Nous trouvons le bureau «boîte à lettres» de notre agence avec beaucoup de difficulté car l’enseigne est partagée. Nous y rencontrons notre charmante guide Tibétaine Khamsang que nous avons héritée de justesse car (nous l’avons su bien après lorsqu’elle est tombée sur eux à Tsetang) pour la première fois en 7 ans de carrière, elle a refusé un groupe de 4 Américains pour qui le Tibet se résumait principalement à picoler, fumer des cigares et débiter des insanités quasi sexuelles… Je ne commente pas!!!
Nous sommes situés quasiment sur la Kora, longue de 8 Km du Jokang, la Kora étant le circuit de pèlerinage autour d’un lieu saint, on ne gagne pas de temps à essayer d’aller à contresens même si c’est plus proche, il faut se résigner à l’accomplir avec les fidèles! Les quelques faux pèlerins mendiants n’atténuent en aucun cas la magie de la procession qui semble ne jamais s’arrêter. Même à 4h du matin, vous en verrez quelques-uns s’allonger de tout leur corps sur leur tablier de cuir à chaque pas en claquant leurs plaques de bois dans les mains afin de décupler le mérite acquis. Ce quartier s’appelle le Barhor et est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.
L’odeur de l’encens (qui est en fait des branches d’arbustes à forte senteur) est prenante et plaisante, quelques fois, il y a tellement de fumée que les caméras ne voient plus rien!
Voici le plus gros soucis du Tibet, cette présence militaire étouffante, sans doute accentuée après les émeutes de 2008, devient insupportable pour un touriste (alors, pour des habitants Tibétains, on n’imagine même pas!). Tous les toits sont interdits d’accès et réservés aux militaires ou policiers en civils surveillant sans relâche la rue, armés de leurs bloc-note, appareils photos et caméras.
Les rues sont infestées de patrouilles, armées jusqu’aux dents, défilant au pas, 6 par 6, prêts à intervenir si un pèlerin attaque un Chinois à coup de moulin à prières! Chaque croisement fait office de possible check point, des militaires en tenue de combat, veillent au grain. Je n’énumère pas le nombre de caméras qui s’agglutinent là où des moines peuvent se trouver au cas où leurs mantras dévoileraient à haute voix une antipathie du partie communiste Chinois, qui, on le sait tous, fait des merveilles pour le bonheur et l’amitié entre tous les peuples…
Il serait tout de même réducteur d’accuser ces jeunes militaires, eux ne sont là que par obligations, même si certains semblent prendre un malin plaisir à vouloir cogner sur les Tibétains. Nous sommes tout de même loin, je l’espère, des terribles gardes rouges de Mao, la pression ne se relâche pas pour autant. Il paraît également que nombre de pauvres colons Chinois sont employés par des Tibétains pour faire les basses besognes. Dans ce conflit, je pense sincèrement que personne n’est blanc ou noir, l’un est tout de même bien plus gris que l’autre.
On ne va pas critiquer la modernisation du pays pour cause d’authenticité touristique, les Tibétains aussi ont le droit à un confort décent dans une vie qui est déjà assez rude.
Lors de notre visite de la ville, nous sommes tombés sur le quartier Musulman, établi vers le 17ème siècle sur autorisation du 5ème Dalaï-Lama (décidément celui-ci!), étrange de voir cette tolérance pour un pays qui a longtemps éjecté toute forme de prosélytisme et même refusé d’ouvrir des ambassades à l’extérieur des frontières. Nous continuons par aller un peu plus loin que le Potala et tombons sur la ville Chinoise, celle que les touristes ne voient pas, celle où les Chinois sont maîtres absolus et l’écriture Tibétaine inexistante. 5% de Chinois au Tibet, bien voyons, il n’y a que les cupides Chinois pour croire une chose pareille! Nous finissons par revenir au Jokhang, le temple le plus ancien (650 ap JC) et le plus sacré du pays car contenant la fameuse statue de Bouddha, le Jowo. Certains pèlerins croyaient qu’elle s’était formée d’elle-même et lui arrivait de parler, cette statue a été ramenée d’Inde par le princesse Chinoise épouse du roi Tibétain d’alors. On dit que ce temple a été construit sur un lac pour piquer au coeur un démon avec une douzaine d’autres sites à travers le pays. Un pilier en devanture explique comment se protéger de la variole (les pèlerins en arrachaient quelques morceaux croyant que cela protégerait leur maison!), tandis que le plus haut exhibe un texte bien caché actuellement concernant un ancien traité de non agression réciproque avec la Chine.
Les chars de Mao ont totalement détruit la façade et transformé le reste en porcherie…
La visite actuelle est assez décevante à mon goût, je n’ai pas réussi à m’imprégner par ce côté sacré. Les turbulences dues à la surveillance accrue, cet excès d’exhibition d’argent donné par ces pauvres gens qui finira tôt ou tard au gouvernement, les touristes Chinois ou autres peu respectueux et la propagande omniprésente ont gâché une visite pourtant bien rythmée et excellemment bien commentée par notre guide. La vue du toit est imprenable sur le Potala, Merveille des merveilles! Sur certains autres toits, des Tibétains finissent un toit en le martelant traditionnellement et en chanson devant les surveillants du toit d’en face protégés par un parasol Pepsi.
Troisième jours, visite du Potala avec des billets achetés la veille, un rendez-vous précis chronométré, une heure pas plus. On rentre dans ce monument vide comme dans un aéroport plein à craquer, vérification des passeports, des permis, des tickets, fouille d’opérette, photos et bouteilles d’eau prohibées! Que de précautions pour protéger qui?? Ce musée est à présent privé de son essence, il est vide d’âme…
La grimpette est assez difficile, compte tenu de l’altitude de Lhassa située à 3650m d’altitude, chaque effort est épuisant! Les hauts parleurs Chinois de la place en contrebat, crachant leur venin de propagande gâchent grandement la quiétude des lieux, je ne parle pas des groupes touristiques!
Nous commençons par le plus haut et descendons doucement en évitant soigneusement les précédents Dalaï-Lama anti-Chinois (eh oui, il fut un temps où c’était le Tibet, au même titre que ses cousins du Nord (Mongols), qui a envahi la Chine et détrôné l’empereur à Xian, car il n’avait pas payé son tribut annuel, ce fut un argument de Mao).
Quelle stupeur de me retrouver exactement au même endroit qu’un documentariste lors de la prise du Potala par la garde rouge. J’ai revu immédiatement ces images d’archives où les moines couraient dans tous les sens pour échapper aux mitraillettes Chinoises, peine perdue…
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La visite, bien que courte, fut contre toute attente, satisfaisante, notre guide y est encore une fois pour beaucoup. Le palais, bien que immense, n’est composé que de salles étriquées et sombres. Il s’y dégage toujours maintenant une certaine présence, quelque chose d’inexplicable, joyeux et douloureux…
Quatrième jour, nous nous rendons au monastère de Sera, aux portes de la ville. De tout temps, ce fut d’ici que commencèrent les contestations car ses moines étaient formés au maniement des armes et n’hésitèrent pas à s’en servir. Sa visite est aujourd’hui comme se recueillir devant une tombe fraîchement close. Ce qui était à l’agonie est depuis 2008 quasiment mort. 6000 moines résidaient auparavant en ce monastère, 200 avant 2008 et moins d’une centaine depuis. Je ne commente même pas les caméras, présentes à l’intérieur même des murs, mais Séra n’est plus qu’un nid d’espions au milieu de faibles moines. Les autres sont soient morts, soient en Inde, soient en prison! Il faut à présent, pour rentrer dans un monastère quelconque, avoir au moins 18 ans et que sa famille n’ait rien fait contre le pouvoir en place…
La visite est quelconque pour moi, les lieux n’étant en vie qu’en présence des moines, désormais obligés de maintenir ce spectacle à heure fixe du débat philosophique. Encore une visite malheureuse dont le prix d’entrée assez élevé ira dans les caisses du parti communiste si bienveillant!
Cinquième jour, visite du palais d’été construit en 1755 et à moitié détruit à la révolution culturelle, lieu si chéri du Dalaï Lama. Lieu reposant, mais quelle tristesse de voir 4 militaires se cachant sur le toit, ça en devient ridicule. Étonnamment, tout est différent du Potala, on sent bien que le jeune Dalaï Lama venait ici pour respirer. La salle de bain est si moderne que l’on a l’impression qu’elle n’a que 10 ans, les salles ont des radios, des canapés, bref une moderne demeure, à l’image de son propriétaire.

Eurasie 2010 : Retour en Chine : Chengdu

De SangriLa, nous prenons le bus «express» pour Kunming, la route est malheureusement en construction sur 20Km et il nous faudra près de 15 Heures au lieu de 12 pour rejoindre la ville via la jolie campagne. Une fois à Kunming, nous nous rendons dès que possible au PSB afin de pleurer pour obtenir une extension de 6 malheureux jours! Le fonctionnaire nous regarde en voyant que nous sommes arrivés il y a une semaine en nous disant «Vous ne trouvez pas que c’est un peu trop tot?!!». Après lui avoir expliqué que nous allons au Tibet et qu’il est impossible d’étendre un visa à Lhassa, celui-ci accepta de recevoir notre demande contre 160RMB et 1 semaine d’attente!
Cool! Nous pouvons nous offrir Shanghai et son exposition! Mais il est impossible de prendre l’avion sans son passeport et le train demande 4 jours A+R de transport. Si on prend également en compte le coté financier, cette petite escapade nous aurait coûté la modique somme de 1100€ pour 1 semaine!!!!!! Tant pis, on verra plus tard pour Shanghai mais dépenser en 1 semaine ce que l’on dépense pour 1 mois n’est pas admissible! On abandonne donc les 300000 visiteurs bridés journaliers et les 3 à 6 heures d’attentes par bâtiments pour économiser le Tibet!
Nous passerons donc une semaine d’attente forcée à Kunming en se reposant et en fignolant les dernières étapes du trip Tibétain en galérant pour trouver un moyen de transport. Nous aimerions prendre le train mais lorsque nous récupérons nos passeports, ils sera trop tard pour effectuer les 4 jours de train afin d’arriver le 15 Juillet à Lhassa. Encore une fois tant pis, nous prendrons l’avion depuis Chengdu car la spéculation des agences de voyage sur ces billets de train fait tripler les prix.
L’achat du billet fut un chemin de croix car il y avait une promotion de 10% sur le billet mais impossible de payer avec notre carte bancaire et encore moins avec celle de la GuestHouse !!! Les types de l’agence AirChina de Kunming étaient sympas de nous avoir réservé nos billets après les avoir un peu secoués!
La date de retrait de nos passeports est fixée à Lundi mais nous tentons de les récupérer ce Vendredi, avec succès! Nous pouvons donc nous rendre tout de suite à Chengdu et ainsi dévaliser le Décathlon et le Auchan! Enfin de l’excellent matériel Français aux tailles Européennes à des prix bas; nous avons passé des heures aux Decath et nous en sortons pour 80€! Quant à Auchan, quel bonheur de trouver du vrai chocolat à l’orange importé à un prix exorbitant!
Demain, nous prenons l’avion pour Lhassa, décollage à 7h10 du matin, direction le Tibet !

Visa Josselin (Français) : Visa de 30 Jours obtenu à l’ambassade de Phnom Penh au Cambodge contre 30USD , un formulaire, une photo, un faux billet d’avion et une fausse invitation!! A ne pas faire car j’ai eu très chaud, les conséquences peuvent être lourdes (interdiction de territoire à vie) !
Visa Yulia (Russe) : Visa de 30 Jours obtenu à l’ambassade de Phnom Penh au Cambodge contre 30USD, un formulaire et une photo, tout le contraire de moi et de notre première demande!
Extension de 30 nouveaux jours demandés à Kunming contre 160RMB et une photo. ATTENTION, il est impossible de prolonger un visa au Tibet, les petits PSB font cette démarche dans la journée mais impossible de déposer la demande 7 jours avant la date d’expiration, les gros PSB n’ont pas cette limite mais demandent 1 semaine de traitement pendant laquelle vous ne pourrez voyager par avion.
Par ailleurs, à la sortie du Tibet, fouille et verification du passeport⁄visa et surtout du permis vous attendent!
Dates : du 23⁄06⁄2010 au 28⁄07⁄2010 soit 36 jours au total dont 22 jours en Chine et 14 jours au Tibet (les depenses tu Tibet sont traités comme un pays à part, FREE TIBET !!).
Dépenses :
Retraits : 120,09€ + 119,78€ + 240,06€ + 240,06€ + 242,46€ + 236,50€ + 236,63€ + 352,89 = 1788,47€
On retire le prix du tour au Tibet afin de l’inclure dans la fiche pays du Tibet : 2 x 2805RMB soit 5610RMB à 8,5RMB⁄€ = 660€
Ainsi 1788,47€ – 660€ = 1128€
Total en Chine de 1128€ sur 22jours soit 51,27€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jour soit une économie de 632€
Cumul : 14749€ avec un budget à +3803€
Comparatif du coût de la vie à ce niveau de parcours :
1 – Laos : 40€ ⁄ Jour
2 – Thaïlande : 54,46€ ⁄ Jour
3 – Cambodge : 56€ ⁄ Jour
4 – Mongolie : 59,20€ ⁄ Jour
5 – Vietnam : 59,6€ ⁄ Jour
6 – Ukraine : 61€ ⁄ Jour
7 – Chine (MIS A JOUR) : 61,3€ ⁄ Jour
8 – Pologne : 81,60€ ⁄ Jour
9 – Russie : 86,66€ ⁄ Jour
10 – Hongrie : 105,50€ ⁄ Jour
11 – Autriche : 137,50€ ⁄ Jour
12 – République Tchèque : 142,50€ ⁄ Jour
Notes :
Intérêt des monuments : 4⁄5
Vie culturelle : 4⁄5
Beautée des paysages : 5⁄5
Performance des transports : 5⁄5
Ambiance : 3⁄5
Activités ou sorties diverses : 3⁄5
Rapport qualité-prix : 3⁄5
Facilités touristiques : 4,5⁄5
Contacts avec la population : 4⁄5
Sentiment de sécurité : 5⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 4⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 3⁄5
Total de 47,5⁄60
Ancien total de 52⁄60 donc moyenne mise à jour à 49,5⁄60

Eurasie 2010 : Retour en Chine : SangriLa

La campagne commence à être Tibétaine avec ses champs mêlant le vert et le jaune, les maisons sont fantastiques avec leurs véritables troncs d’arbres comme piliers porteurs.
Nous arrivons à SangriLa après 3 heures de route, c’est une ville qui paraît conserver au premier abord son originalité Tibétaine. Malgré la beautée de la vieille ville, on se rend vite compte que tout est fait pour créer un environnement Tibetain virtuel pour le folklore touristique à la Chinoise. On ne va critiquer que les nouveaux bâtiments soient respectueux du style Tibetain mais ça ne fait vraiment pas authentique! Nous débarquons un peu trop tôt du bus et avons la chance de tomber pile poil devant le PSB (Public Security Bureau) qui s’occupe des étrangers. Nous avons réservé notre tour au Tibet mais sommes confrontés à un soucis de taille, c’est que notre visa expire 6 jours avant notre sortie programmée du territoire! Il est facile contre environ 18€ de prolonger son visa d’un mois supplémentaire mais le PSB de Lijiang nous a déjà refusé de traiter notre demande car il ne peut l’accepter que 7 jours avant la date d’expiration; 7 jours avant, nous serons à Lhassa et le PSB de Lhassa refuse catégoriquement de traiter la moindre extension, on se demande à quoi ils servent! Nous tombons sur une adorable Tibétaine qui nous explique que l’ordinateur n’accepte pas la demande 1 semaine avant, impossible donc de le faire ici. La seule solution restante étant de faire la demande à un PSB d’une grosse ville comme Kunming mais les délais de traitement passent de 6 heures à 1 semaine !!! Nous verrons bien à Kunming.
Nous arrivons à pied dans la vieille ville toute petite mais très charmante, sans plan, difficile de s’y retrouver! Nous rencontrons une Américaine qui enseigne l’Anglais ici et nous mène vers notre GH qui est d’ailleurs trop neuve pour être ouverte! Nous trouvons finalement sur une bicoque en bois pour y passer la nuit avant de partir à la découverte de la vieille ville dominée par le temple au plus gros moulin à prière du monde. Les caméras sont partout, les seuls moines que nous voyons sont derrière une boutique, tout semble calculé tout comme les danses organisées chaque soirs sur la place centrale (même si la gaieté est de mise); c’est un avant-goût du Tibet sous contrôle des Chinois…
Le lendemain nous nous rendons en bus local au grand monastère Tibétain, étape du pèlerinage vers Lhassa comptant en 2008 prés de 600 moines. Le bus s’arrête, un policier nous ordonne de descendre, nous refusons en demandant pourquoi! Après tois refus, faisant sourire les locaux, qui continueront leur route vers le monastère, il appelle un collègue qui parle Anglais et nous explique que tout a changé: le monastère est totalement encadré et sous surveillance, les tickets ont doublés et devons prendre le bus jaune à touristes, seul autorisé à transporter des étrangers! Cela commence bien! Arrivés sur place la déception est immense, les Chinois détruisent carrément les anciens bâtiments pour en reconstruire des nouveaux! L’âme a disparu laissant place au tourisme de masse Chinois sous haute surveillance. Les seuls moines qui restent sont des commerciaux derrière des boutiques. Nous ne restons pas une seconde de plus, si les Chinois n’ont pas pu éradiquer la culture Tibétaine par la force en 50 ans, alors je pense que SangriLa est un nouveau prototype d’anéantissement par le tourisme qui semble avoir malheureusement réussi ici…
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