Eurasie 2010 : Le Mékong

Nous partons encore endormis de notre auberge à 5H du matin et rejoignons à pied la station régionale de bus, Yulia manque de se faire croquer par un chien de garde, décidément ces bébêtes ne l’apprécient que pour son côté gustatif! Nous prenons sans encombres notre bus à 6 heures du matin, celui-là correspond parfaitement au cliché du transport collectif bondé, vieux, bruyant, et ouvert à tous les vents (fenêtres ne fermant plus et portes tenues ouvertes par des tendeurs), bonjour la poussière! Nous étions frigorifiés en ce beau matin, cela n’était pas arrivé depuis un sacré moment! Nous traversons l’arrière pays en desservant les villages alentours, les paysages alternent entre jungle Vietnamienne et paysage quasi-lunaire avec les essartages (destruction de forêts par brûlis pour laisser place à des terres arables) récents qui déplument des collines, voire des vallées entières.
Nous arrivons au petit poste-frontière Thaïlandais avant d’embarquer sur une petite pirogue afin de traverser le Mékong qui marque la frontière de ces deux pays. Nous arrivons au petit poste frontière Lao, je dois payer un visa de 30 jours tandis que Yulia a une autorisation gratuite de 15 Jours, les copains communistes! Un petit tour au distributeur et direction l’embarcadère afin de rejoindre Luang Prabang en 2 jours de croisière sur le Mékong couleur «boue». La population à bord du bateau nous confirme que nous ne sommes plus sur des sentiers touristiques mais bien des rails à grande vitesse! Sur environ 70 passagers, il ne doit avoir que 2 ou 3 locaux mis à part l’équipage qui vit sur le bateau! Nous n’osons imaginer les conditions de navigation en haute saison lorsque certains capitaines acceptent, paraît-il, plus de 120 passagers!!! Les bancs sont en bois et l’assise est terriblement courte, la place pour les genoux est ridicule, prévoyez un coussin en vente une bouchée de pain à la frontière! Encore un avantage de partir en basse saison, le temps reste magnifique, la chaleur difficile mais les prix sont au plus bas et la fréquentation permet un confort optimal.
Les bateaux sont typiques ressemblant aux jonques sans le mat, la famille vit à l’arrière, la cabine semblant quelque peu confortable! Les paysages défilent paisiblement entre chaque rapide, les villages alternent et l’observation des pécheurs, orpailleurs, enfants jouant dans l’eau (Les Laotiens adooooorent l’eau, ils sont toujours en train de barboter!), buffles traînant dans la vase, piroguiers constituent notre principale occupation! Malgré 7 heures et 140Km d’effectué dans un confort limite, nous n’avons pas vraiment envie de descendre pour passer la nuit dans un village perdu dans la jungle. Le bungalow donne sur le Mékong où l’expression «la vie est un long fleuve tranquille» prend tout son sens ici! Le Mékong est un fleuve très puissant mais extrêmement calme, le silence règne et s’impose, à tel point que l’on peu entendre le léger clapotis sur les berges. On ne s’ennuie pas de regarder le fleuve couler, heureusement que nous prenons le bateau demain sinon on resterait scotché ici!!
Second jour de navigation et 9heures à parcourir sur 160Km afin d’atteindre en soirée Luang Prabang. Les paysages sont somptueux, on ne s’en lasse pas. Seule espèce perturbatrice en dangereuse voie d’expansion, les Anglophones! Le Laos est un pays très discret et pudique, mais franchement lorsqu’un groupe d’Américains ou d’Anglais picole sans modération des bières qu’ils renversent (sans nettoyer bien évidemment) régulièrement sur le plancher du bateau et se mettent à hurler en jouant à des jeux stupides… Je ne pense pas être franchement anti-Anglophones, surtout qu’il ne faut pas faire de généralités, mais il y a un minimum de savoir-vivre et d’adaptation lorsqu’on est dans les pays aux cultures différentes. Si vous voulez picoler, gueuler, vous habiller légèrement et vous prendre pour le roi du monde, allez rejoindre vos égaux à Londres voire Phuket plutôt qu’au Laos… Désolé pour ce coup de gueule mais c’est plus fort que moi, lorsque vous voyez deux Anglais bourrés, déambulant dans leurs marcels et les poils des aisselles qui débordent, en parlant fort (et en déblatérant d’innombrables stupidités) et urinant sur le mur d’un magnifique temple bouddhiste, il y a de quoi se mettre en colère…
Une petite heure avant d’arriver à Luang Prabang, nous voyons à bâbord les grottes bouddhiques de Pak Ou. Nous accostons l’ancienne capitale royale au coucher du soleil!
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