Eurasie 2010 : Saïgon (Ho Chi Minh Ville)

Nous repartons de Siem Reap pour Phnom Penh au Cambodge avant d’opter pour un bus plus confortable (l’odeur de la poussière dans la climatisation me donne envie de vomir) afin de rejoindre Ho Chi Minh Ville (ex-Saïgon).
Mais tout d’abord, nous devons essayer de récupérer nos passeports à l’ambassade de Chine! En ce qui me concerne je suis terrifié! Il se sont forcément rendus compte que mon invitation était grossièrement falsifié par ordinateur. Au mieux, le visa m’est (naturellement) refusé, au pire, je suis interdit de territoire à vie avec d’éventuelles poursuites (faut pas pousser!), la honte à l’ambassade!!
Traditionnelle fouille inutile avant de présenter notre coupon au guichet (j’ai le coeur qui palpite et je suis déjà rouge!) lorsque la fonctionnaire, téléphone à la main, nous jette nos passeports sur le présentoir. Ben? Elle est où, mon engueulade?!!!!! Je m’y était tant préparé!
Nous ouvrons nos passeports et deux jolis visas sont collés dedans… Heureux. Mais c’est louche! Soit ils sont complètement à l’ouest car mes documents sentaient si fort l’arnaque, soit ils laissent passer. En tout cas, je me suis juré de ne plus recommencer, c’est trop risqué! C’est étrangement à ce moment que j’ai vraiment compris que j’aimais la Chine et voulait y retourner!
Bref, nous montons dans le bus pour HCMV (Ho Chi Minh Ville) avec Mékong Express, réputée comme offrant le meilleur service. En effet, les bus sont confortables, un petit déjeuner est servi (ou plutôt un succulent en-cas), l’hôtesse est au petits soins et l’eau est offerte. Tout aillait bien avant qu’il nous arrête à leur restaurant commissionné dont les prix sont prohibitifs (4 crevettes sans rien à 6USD !!!!!!!), nous nous contentons de nouilles à l’eau en grognant et se brûlant car ils ne nous laissent que 15minutes de pause! C’est le pire service que nous avons subi!!!
Bon l’essentiel c’est que nous soyons déposés en plein centre-ville de Ho Chi Minh. Notre première impression sera la bonne pour tout le reste du pays, horriblement bruyant et dynamique (excusez- moi du terme mais c’est un bordel monstre, il en a partout!) et extrêmement dangereux pour les piétons. Imaginez un pays de 80 millions de personnes et 45millions de … motos!!!!!!!!!!!!!! Cela se faufile de partout, cela klaxonne tout le temps, il sont partout et fantastiquement énervants! Les trottoirs, lorsqu’ils existent, sont impraticables car ils servent de parking ou de terrasse pour les restaurants de rue. Bref, voici la définition de l’enfer pour nous! Nous nous réfugions dans notre hôtel et les restaurants, seuls endroits agréables! Nous tentons tout de même une rapide excursion dans la ville connue comme étant l’une des plus belles d’Asie (j’aimerais connaître les critères rien que pour rire!), seul l’église et la poste à la structure Eiffel valent le détour. Nous croisons sur le chemin les victimes de l’agent Orange, puissant défoliant utilisé en masse par les Américains (merci Mo Santos) lors de la guerre du Vietnam et étant hautement toxique. Nous avons vu des enfants aux malformations désespérantes aussi…
Ainsi, lors de la guerre du Vietnam, les Américains ont inventés un concept ignoble en créant des «zones de tirs libres» où il était possible de tirer sur tout ce qui bouge, sans raisons… On déversait donc agent orange, bombes, mines, phosphore, Napalm et bien entendu mitraille sur cet ennemi invisible sans distinction d’âge. Oui Oui, il y a eu un «Ouradour sur Glane» local, où les Américains se sont livrés à une tuerie d’un village: toute la population (femmes, enfants, vieillards compris) y a laissé leurs vies, pour le simple plaisir du détachement…
Je passe sur les distractions des GI qui consistaient, entre autres, à exécuter les prisonniers en les traînant derrière leurs chars sur des kilomètres et à ramasser pour la photo, des restes humains VietCong. Qui était l’agresseur? Il y a quasiment eu deux fois plus de bombes tombées au Vietnam que pendant la seconde guerre mondiale en général. Au total, ce n’est même pas le quart des morts Vietnamiens qui étaient vraiment des combattants, le reste n’est que civil!!!
Je fait un peu l’impasse sur la colonisation Française qui n’as pas eu que des bienfaits mais le Routard indique que les Français, au contraire des Anglais qui ne pensaient que commerce, avait un véritable idéal de développement local. En tout état de cause, lorsque l’on lit l’histoire de Bien Den Phu, on se demande vraiment si l’état major Français n’est pas aveugle comme la ligne Maginot. Au début de la seconde guerre mondiale, nous possédions la plus puissante armée mécanisée du monde, bien au-delà de l’Allemagne Nazi. Comprenez la joie de Hitler lorsque ses chars ont pu traverser la forêt des Ardennes jugée impénétrable pour prendre en tenaille et réduire au néant notre armée en quelques jours!
En tout état de cause, il y a beaucoup à apprendre de la stratégie Vietnamienne, sans doute la plus fine de ces dernières guerres car elle avait l’avantage d’être consciente de ses faiblesses! Contre les Américains c’est le combat d’un éléphant contre une fourmi mais l’intelligence, le terrain et l’usure eurent raisons des envahisseurs Français, Américains et Chinois (qui n’ont tenu que 17 jours!).
Honnêtement, il faut vraiment être suicidaire, en prenant en compte la complexité du terrain et le caractère Vietnamien que quiconque pourra vaincre sur ce peuple. Lorsque l’on voit les tunnels de Cu Chi, où les blancs ne peuvent même pas rentrer, creusés avec des moyens dérisoires et invincibles, imaginez la piste Ho Chi Minh ravitaillant en vivres et munitions le Nord et le Sud à dos d’homme, la jungle épaisse, les grottes, et surtout la force de vaincre, oubliez tout de suite votre envie de conquérants, car en plus les Vietnamiens ne sont pas particulièrement accueillants!!! 1 Kg de riz et 1M3 pour dormir suffisent à un combattant VietCong pour tenir des mois sans dépression!
J’en ai assez dit, la conclusion c’est que c’était des guerres meurtrières perdues d’avance (Ho Chi Minh disait qu’il perdrait 10 hommes contre 1 Américains mais qu’il gagnerait quand-même!) et où les Américains n’ont pas brillé pour le respect des lois élémentaires.
Tout cela pour dire que Ho Chi Minh Ville a une atmosphère insoutenable, à notre goût, on part demain respirer pour Dalat!

Eurasie 2010 : Angkor

Nous prenons un bus poussiéreux pour nous rendre aux fabuleux temples d’Angkor, arrivés sur place, nous retrouvons avec grande joie et totalement par hasard (cet entêté de Tuc Tuc nous a quand-même amené à son hôtel où il touche une commission!), Guéno de la Mongolie!!!!!!! C’est incroyable comme le monde est petit!
En outre mesure, Guéno explorait les environs de Siem Reap depuis près de 15 jours en vélo, il préfère les rencontres avec la population que la visite des temples (qu’il fera en un seul jour) peu intéressants à son goût. Il faut dire que j’ai préparé la visite en achetant le livre de Maurice Glaize «Monument du groupe d’Angkor» qui vulgarise pour le commun des mortels l’exploration de ces temples. J’ai appris beaucoup de choses sur l’histoire, passionnant!
Nous nous arrangeons, au même titre que Guéno, avec un Tuc Tuc pour se rendre aux temples pour le lever de soleil demain, ça fait tôt!!!!
A 5 heures du matin, nous partons déjà ( arg!) et prenons la direction d’Angkor Wat après avoir payé le pass de 3 jours à 40USD. Tout est rudement bien organisé et propre (les Français sont derrières tout ca!!!!(C’est la fierté qui parle là!), c’est un véritable complexe touristique qu’il faut tailler aux millions de visiteurs annuels.
Une fois sur place, nous retrouvons, décidément, le couple Suisse Sarah et Bruno rencontrés à Koh Lanta en Thaïlande! Nous admirons vers 6h le lever de soleil derrière les tours d’Angkor Wat alors que je suis déjà en train de dégouliner de sueur!
Une fois de plus et très bizarrement, les temples nous paraissent ridiculement petits par rapport à notre imagination nourrie par l’avalanche médiatique du site, les photos mettent toujours l’accent sur la grandeur. Le temple est malgré tout immense et résulte d’un effort colossal, mais je pense que seules les pyramides d’Egypte restent inimaginables de splendeur comparées à notre imagination!
Pas grand chose à dire sur les temples, il faut le voir pour l’apprécier, la finesse des sculptures est remarquable, l’effort de construction est pharaonique, on comprend vite pourquoi des archéologues y ont consacré leur vie.
Je vous invite à voir les photos pour apprécier, mais sachez que c’est un effort de guerrier que nous avons dû fournir pour les prendre, la chaleur est écrasante, nous tournions de l’oeil à midi et dormions l’après-midi! Je suis d’ailleurs tombé malade, on ne sait pourquoi, durant 2 nuits et 1 jour!Même les temples envahis par les fromagers sont en plein soleil et malheureusement trop restaurés à notre goût. Le charme est réellement présent avec le Beng mealea et le Bayon aux mille visages, fantastiques! Profitez des cartes postales en bas de page, l’effet est impressionnant! Oui, j’en suis fier! Et alors?!!!!
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Visitez les temples de Angkor virtuellement en téléchargeant nos « cartes postales virtuelles ». Le principe est le même que les panoramiques 360° présents sur le site à la différence que vous pouvez, en cliquant sur les boutons jaunes, vous déplacer virtuellement sur le site de panoramique en panoramique, effet garanti!!
Temple de Angkor Wat : 3,31Mo : Cliquez ici pour télécharger l’executable.
Temple du Bayon : 4,41Mo : Cliquez ici pour télécharger l’executable.
Temple de Preah Khan : 17,6Mo : Cliquez ici pour télécharger l’executable.
Temple de Banteay Srei : 4,09Mo : Cliquez ici pour télécharger l’executable.
Temple de Banteay Samre : 8,14Mo : Cliquez ici pour télécharger l’executable.
Et pour finir le meilleur et aussi le panoramique le plus complet et de loin le plus réussi :
Temple de Beng Mealea : 39,1Mo : Cliquez ici pour télécharger l’executable.

Visa Josselin (Français) : Visa de 30 Jours obtenu à l’ambassade de Vientiane au Laos contre 25USD (20USD pour le visa et 5USD pour l’urgence jour même, sans doute atteris dans la poche du focntionnaire…) Possibilité d’obtenir le visa à la frontière contre 20USD.
Visa Yulia (Russe) : Visa de 30 Jours obtenu à l’ambassade de Vientiane au Laos contre 25USD (20USD pour le visa et 5USD pour l’urgence jour même, sans doute atteris dans la poche du focntionnaire…). Impossibilité d’obtenir le visa à la frontière.
A noter que nous avons dépensé près de 5USD (1USD par ci, 1USD par la, c’est toujours bidon et gonflé) pour « frais de service », comprenez une corruption généralisée…
Dates : du 16⁄05⁄2010 au 26⁄05⁄2010 soit 11 jours.
Dépenses :
Retraits : 80,38€ + 162,65€ + 163,11€ + 79,91€ + 80,70€ + 49,06€ = 616€
Total de 616€ soit 56€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jour soit une économie de 264€
Cumul : 11953€ avec un budget à +2599€
Comparatif du coût de la vie à ce niveau de parcours :
1 – Laos : 40€ ⁄ Jour
2 – Thaïlande : 54,46€ ⁄ Jour
3 – Cambodge : 56€ ⁄ Jour
4 – Mongolie : 59,20€ ⁄ Jour
5 – Ukraine : 61€ ⁄ Jour
6 – Chine : 65,10€ ⁄ Jour
7 – Pologne : 81,60€ ⁄ Jour
8 – Russie : 86,66€ ⁄ Jour
9 – Hongrie : 105,50€ ⁄ Jour
10 – Autriche : 137,50€ ⁄ Jour
11 – République Tchèque : 142,50€ ⁄ Jour
Notes :
Intérêt des monuments : 5⁄5
Vie culturelle : 3⁄5
Beautée des paysages :3⁄5
Performance des transports : 3⁄5
Ambiance : 4⁄5
Activités ou sorties diverses : 3⁄5
Rapport qualité-prix : 4,5⁄5
Facilités touristiques : 4,5⁄5
Contact avec la population : 4⁄5
Sentiment de sécurité : 4,5⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 4⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 4⁄5
Total de 46,5⁄60

Eurasie 2010 : Phnom Penh

Lever au petit matin de notre petit paradis tranquille pour rejoindre le Cambodge, le visa de Yulia expire aujourd’hui! Un dernier petit coup de bateau «longue queue» (surnommé ainsi du fait de la longueur de l’arbre de l’hélice) avec un Hollandais travaillant sur place qui me change mes Kips contre des Dollars US à un taux plus avantageux que sur les îles ou à la frontière. Nous rejoignons un troupeau de touristes blancs pour grimper dans un bus qui s’apparente plutôt à une fournaise, la clim, bon sang!!!!! Trop tard, je suis déjà en nage! Nous retrouvons dans ce bus…pourri, l’Hollandaise (décidément!) avec laquelle nous avions fait le tour sur le plateau des Boloven. Une autoroute touristique, on retrouve tout le long les mêmes personnes!
Nous arrivons après moins d’une heure de bus à cette frontière si redoutée pour le porte-feuille! Tout d’abord il faut sortir du Laos, le fonctionnaire ne perd pas le nord et applique ce qui fonctionne du coté Cambodgien. Comme par magie la taxe supplémentaire pour service du week-end passe de 1USD à 2USD, n’attendez évidemment pas de reçu! Cela commence bien!
Après quelques centaines de mètres, nous arrivons coté Cambodgien, nous avons déjà nos visas mais ceux (la plupart) qui le font à la frontière, le prix passe, en fonction de l’humeur, de 22USD à 25USD. Bien évidemment, le prix normal étant de 20USD, l’inflation touche tout le monde!
Mais ce n’est pas fini, ils font toujours les contrôles H1N1 ici, la petite prise de température obligatoire (que le «médecin» ne regarde même pas le résultat) coûte 1USD… Pour finir en beautée, le coup de tampon d’entrée sur ce visa chèrement acquis coûte 1USD.
Au final, si on compte les fameux 5USD d’urgence pour faire le visa dans la journée à l’ambassade (pas de reçu évidemment…) + 1USD au Laos + 1USD de température + 1USD de tampon + pour les autres entre 2 et 5USD pour faire le visa, la corruption revient tout de même à 8USD pour un visa qui en coûte 20!!!!! J’adore la corruption, ces imbéciles de douaniers arrivent à se persuader que c’est normal!!! En tout cas la caisse commune doit être bien remplie pour Noël à pigeonner chaque touriste de 8USD! Bien évidemment, personne ne fait rien malgré que cette pratique s’ffectue très largement et au grand jour…
Bon, on prend un autre bus qui va nous conduire, avec 3 heures de retard à Phnom Penh. Nous nous arrêterons à une «aire» où des gamins essayaient de nous vendre toute sorte de denrées alimentaires avec une technique imparable pour attirer notre attention…L’araignée! Ils décollaient et recollaient sur leur ou nos tee-shirt une grosse araignée noire comme si c’était un sticker! Peu d’entre nous avaient l’envie de se retrouver avec une mygale (?) qui se ballade sur le thorax, si Auchan utilisait cette technique de vente, il n’y aurait plus grand monde dans les hypermarchés!!
Le lendemain, après être arrivés et correctement installés dans notre hôtel, nous faisons la tournée des ambassades. Tout d’abord le Vietnam où Yulia confirme qu’elle n’a pas besoin de visa pour 15Jours et moi qui dépose mon passeport pour un visa d’un mois contre 40USD, prêt cette après-midi. Comme d’habitude, et heureusement pour nous, une pléthore de documents improbables est demandée pour le traitement du visa mais au final seule une photo et un formulaire sont exigés.
Direction ensuite la Chine avec notre sympathique Tuc Tuc qui ressemblait à un Indien avec son teint mat (les Cambodgiens ont une peau très hâlée) et son engin, sans aucun doute le plus beau de la ville! Pour la Chine, on rigole un peu moins avec la sécurité (fouille tout de même assez approximative, plus protocolaire que réellement efficace), nous nous attendons aux mêmes galères que la précédente demande de Yulia en Mongolie. Alors cette fois, c’est moi qui ai besoin d’une myriade de documents inutiles et Yulia qui a simplement besoin d’une photo! C’est le monde à l’envers!!!!
L’après-midi, direction le terrifiant centre de torture de Tuol Sleng dont je vous invite à découvrir l’histoire ici : http:⁄⁄fr.wikipedia.org⁄wiki⁄Musée_Tuol_Sleng .
La visite est épouvantable, bien pire que Auschwitz où les traces de mort ou de tortures sont inexistantes. C’est le concentré de tout ce que l’humain a fait de plus horrible envers son égal. En 1975 , 2 jours après la prise du pouvoir par l’armée de Pol Pot de Phnom Penh, la capitale fut vidée totalement de tout ses habitants. Tout ceci dans le but de dissiper les rassemblements et d’obliger les citadins à se débrouiller par eux-même dans la campagne. Tuol Sleng était un lycée transformé par les Khmers Rouges en centre de détention et de torture. Pour y être incarcéré, il fallait être un ennemi de la nation, en d’autres termes, le simple fait de porter des lunettes était considéré comme un signe d’intelligence et donc «à exterminer». Par ailleurs, une séance de tortures donnait environ 150 noms. PoL Pot disait qu’il ne fallait que 1000 partisans pour reconstruire le pays, à ce rythme d’extermination, il n’serait pas resté grand monde! Les conditions de détentions sont ignobles, identiques aux placement des esclaves noirs dans les galions en route vers l’Amérique, rangés serrés les uns aux autres, têtes-bêches, accrochés à une barre de fer aux pieds. Chaque personne était torturée en fonction de sa «résistance» par des moyens innommables et moyenâgeux. Il y avait 3 groupes de bourreaux, les gentils, les chauds et les brûlants, classés selon leurs violence (les jeunes était les pires). Tout les moyens furent utilisés pour arracher un «aveux » de complicité avec la CIA ou autre : armes blanches, électricité, noyade, fouet, insectes piqueurs et j’en passe…
Tuol Sleng est composé de 4 bâtiments dont un entier était utilisé pour les tortures, les anciennes salles de classe ont le carrelage imprégnées de sang tellement les supplices étaient barbares.
Je recommande chaudement le film «Tuol Sleng, la machine à tuer Khmer Rouge» où sont confrontés anciens bourreaux et rares survivants (7!). Les bourreaux reconstituent les scènes de garde, torture et surtout d’exécution avec un naturel édifiant!
Tous les suppliciés étaient systématiquement exécutés à une vingtaine de kilomètres plus loin, au Killing Field. Au total, tous les intellectuels et 25% de la population cambodgienne ont péri en 4 ans de domination Khmer Rouge…
Le Killing field de Choeng euk par ailleurs constitue la visite suivante qui est encore plus terrible. Le site est composé de 129 fosses communes où les condamnés étaient amenés, sans le savoir, devant la fosse pour y recevoir un coup de barre de fer sur la nuque, couplé d’un égorgement sanglant. Personne n’y échappaient, femmes, hommes, vieillard, enfants, bébés, ces derniers avaient le crâne éclaté contre l’arbre du site devant leur mère…
De nos jours, toutes les fosses n’ont pas été mises à jour et lors de notre passage, on venait d’en découvrir une nouvelle, les os ressortent sous l’effet de la pluie. Ainsi le site est cauchemardesque avec des bris d’os partout ou même des os entiers avec des morceaux de tissus (seul habit des condamnés rarement récupéré car imprégné de sang) qui jonchent le sol et que tout le monde peut ramasser…
Bref, voici un site qui donne vraiment envie de pleurer…
Heureusement, la capitale recèle d’autres sites touristiques et dieu sait si les Cambodgiens ont envie de tourner la page et ne jurent que par la paix.
Maintenant, lorsque l’on dit Cambodge, le principal attrait touristique reste et restera longtemps les temples d’Angkor! Le musée central à la magnifique architecture n’est pas très bien fait à notre goût mais l’on y voit encore des armées d’archéologues essayant de retrouver une frise à partir de ses fragments. Beaucoup de Français traînent dans le coin. On surnomme Phnom Penh la petite Paris d’Asie, c’est franchement exagéré! Mis à part quelques bâtiments coloniaux en mauvais état, rien ne rappelle Paris, selon moi! Néanmoins, nous avons apprécié Phnom Penh, sans trop savoir pourquoi. Les gens sont adorables et honnêtes. Nous dîneront dans une ginguette locale où nous nous ferons des amis Cambodgiens: lui, remercie le ciel que sa famille n’ait pas été touchée par la machine à tuer Khmer Rouge, en était-ce, peut-être, un lui-même!
Le lendemain, nous retournons à l’ambassade du Vietnam pour y retirer mon joli visa et déposer notre demande à l’ambassade de Chine dans la foulée.
Je m’étais renseigné sur Yulia mais pas sur moi, qu’il n’y aurait, comme la dernière fois, aucun problème! Erreur, tout était inversé, c’était désormais moi qui aurait des difficultés à obtenir mon visa. On me dit au guichet qu’il faut un billet d’avion de retour et une invitation. Rien de tout cela pour Yulia alors que nous voyageons ensemble…
Quoiqu’il en soit, on vas rentabiliser le déplacement et le temps, têtu et inconscient comme je suis, je demande au Tuc Tuc ne nous trouver un ordinateur et une imprimante pour « fabriquer » ces documents. Un petit coup de photoshop plus tard, me voici avec un magnifique billet d’avion et une invitation, j’était aveuglé par la contradiction des dates entre chaque documents. Pensez donc, nous déclarons aller à Shanghai avec une invitation à Pekin et un billet d’avion (datant de janvier) en partance de Guangzhou (prsè de Hong Kong) ! J’ai vraiment été naïf de croire que le guichetier le serait!!!!!!
On se repointe à l’ambassade, même fouille inutile avant de présenter les documents fraîchement falsifiés. Le Chinois fronce les sourcils et bloquent un moment sur chaque feuille, j’ai compris à ce moment que j’ai été trop loin et que c’était trop tard, la vitre m’empêchait de lui arracher des mains comme si ne rien n’était!!
On nous demande de patienter le temps qu’il passe un coup de fil à l’hôtel de l’invitation, je suis cuit! Je forçais mes yeux pour observer les mouvements derrière la vitre teintée, on dirait qu’ils font carrément une réunion! Aie Aie Aie, que j’ai été stupide! on me prend mes empreintes digitales pour vérifier si mon passeport n’est pas un faux non plus (j’était effondré!), j’était cramé!
On nous dit «see you friday!» avec un léger sourire presque sournois! Je vais passer la pire semaine du voyage, aux temples d’Angkor pendant que l’on m’inscrit sur liste noire ou je ne sais quoi! On ne rigole pas avec les Chinois!
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Eurasie 2010 : Les 4000 îles

Un petit moment de faiblesse pour décoller de notre confortable hôtel, il est vrai que j’ai eu beaucoup de difficultés à partir dans un bus certainement bondé et troquer la chambre climatisée contre un bungalow en bambou sans ventilateur!!! Fort romantique! Voici comment je m’imaginais les 4000Îles! Le transport fut effectué dans un bus local chargé de multiples paquets (la poste locale?) et d’un réfrigérateur. Nous n’étions que 5, autant dire que c’était le luxe car nous pouvions nous allonger! Une petite halte et plusieurs vendeuse se ruent sur nous en nous proposant de délicieuses brochettes de Scarabée, entre autre!
Arrivés au quai des piroguiers, j’ai perdu ma patience avec les bateliers qui ont triplé leur prix et avec le Laotien du bus qui au départ devait aller sur l’île mais au dernier moment (ça coûte plus cher si nous sommes que 2) se désiste sans fournir d’explications, ils nous prennent vraiment pour des jambons. Autant dire que j’ai hurlé en anglais! Néanmoins, nous sommes obligés de passer via leur service. Par dessus tout, ils nous déposent à 1 km du débarcadère officiel afin d’économiser l’essence!!! J’ai hésité au retour de confectionner un joli cocktail Russe appelé Molotov! J’ai ronchonné pendant un bon moment mais l’extrême sérénité des lieux m’as vite calmé!
L’électricité est arrivée il y a quelques mois et le ventilateur permet de passer une nuit acceptable à l’abri de la chaleur. Le bungalow est sur pilotis directement sur un bras du Mékong, aucun bruit ne trouble les lieux, le fleuve coule tranquillement, la vie s’y passe le plus simplement du monde. Les enfants jouent dans le fleuve, les femmes se lavent, les hommes pêches, quel contraste par rapport aux majestueusex chutes de Li Phi situées à quelques centaines de mètres plus loin! En cet endroit le Mékong se déverse sur 13Km de chutes impressionnantes, seule zone non navigable entre la Chine et la mer. Les Français avait d’ailleurs parié sur ce commerce fluvial en créant pont, chemin de fer et débarcadères afin de permettre le trafic d’amont en aval.
Même chose pour les chutes plus à l’est, les chutes de Pha Pheng sont les plus grandes d’Asie du sud-est, 15mètres de haut dans un grand fracas. Impressionnant surtout lorsque l’on sait que nous sommes en saison sèche!
Encore une fois, le contraste entre l’extrême sérénité des lieux et ces chutes si meurtrières est saisissant. Honnêtement, c’est le lieu le plus agréable que nous ayons trouvé pour se reposer, Koh Lanta étant juste derrière!
Le lendemain, nous prenons un bus direction Phnom Penh au Cambodge et sa frontière si…corrompue!
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Visa Josselin (Français) : Visa de 30 Jours obtenu à l’arrivé directement contre 30US$.
Visa Yulia (Russe) : Visa de 15 Jours obtenu à l’arrivé directement, gratuit.
Dates : du 02⁄05⁄2010 au 16⁄05⁄2010 soit 15 jours.
Dépenses :
Retraits : 65,64€ + 95,32€ + 68,57€ + 68,57€ + 97,68€ + 67,57€ + 68,47€ + 69,13€ = 601€
Total de 601€ soit 40€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jours soit une économie de 600€
Cumul : 11337€ avec un budget à +2335€
Comparatif du coût de la vie à ce niveau de parcours :
1 – Laos : 40€ ⁄ Jour
2 – Thaïlande : 54,46€ ⁄ Jour
3 – Mongolie : 59,20€ ⁄ Jour
4 – Ukraine : 61€ ⁄ Jour
5 – Chine : 65,10€ ⁄ Jour
6 – Pologne : 81,60€ ⁄ Jour
7 – Russie : 86,66€ ⁄ Jour
8 – Hongrie : 105,50€ ⁄ Jour
9 – Autriche : 137,50€ ⁄ Jour
10 – République Tchèque : 142,50€ ⁄ Jour
Notes :
Intérêt des monuments : 3⁄5
Vie culturelle : 3⁄5
Beautée des paysages : 5⁄5
Performance des transports : 3,5⁄5
Ambiance : 4⁄5
Activités ou sorties diverses : 4⁄5
Rapport qualité-prix : 4,5⁄5
Facilités touristiques : 4⁄5
Contacts avec la population : 4⁄5
Sentiment de sécurité : 5⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 5⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 5⁄5
Total de 50⁄60

Eurasie 2010 : Paksé

Premier bus-couchette depuis le Chine, le concept est agréable car nous sommes deux par couchettes, souci certain pour ceux qui voyagent seuls, obligés de passer la nuit serré avec un inconnu! Nous étions ravis car pensions passer une excellente nuit, malheureusement, ce fut tout le contraire! Les chauffeurs ayant un objectif d’horaires précis, ils roulent comme des dingues! Ceux de l’arrière volent comme des crêpes et nous qui étions au milieu ne cessions de nous retourner comme des saucisses à chaque virage! Infernal! Comme d’habitude c’est toujours lorsqu’on dort le mieux que nous arrivons à destination! La tête dans le gaz, nous manquons de nous faire arnaquer à 6 heures du matin par un tuk-tuk qui se proposait de nous emmener à notre hostel situé à quelques centaines de mètres!
La chambre est plaisante, nous y stagnerons d’ailleurs une journée entière! Quel luxe de commander à manger et rester dans notre chambre avec l’air con (l’air conditionné!), on y oublie tous nos principes écologiques! Paksé est une base idéale pour explorer le plateau des Bolovens, région située à environ 700Mètres d’altitude très généreusement arrosée et donc très fertile où les Français y ont implanté la culture du café. Très largement bombardé par les Américains lors d’une opération sécrète (pensez donc, 40000tonnes de bombes, cela passe inaperçu pour eux!) pour y repousser les communistes, la zone est encore dangereuse de nos jours. La région compte néanmoins une multitude de villages des différentes ethnies reconnaissables à l’architecture des maisons. Nous aurons la chance de tomber sur des tisserands qui font leur travail sur de vieux métiers manuels qui doivent dater de Mathusalem! Nous rencontreront également une femme fumant (du tabac?) dans une pipe en bambou et deux autres en tenues traditionnelles, sortie à l’occasion de notre passage…touristique! Dans les quelques villages que nous croiserons, les enfants ne savaient dire que «Pi!» signifiant «pièce!». Nous sommes loin des explorateurs! Le plateau des Bolovens doit son succès touristique surtout grâce aux magnifiques cascades d’eau douce qui dévalent vers la vallée. La plus grande étant Tad Fan avec ses 120mètres de haut! Durant la journée, nous avons subi deux averses d’une quarantaine de minutes dignes de la mousson : incroyable! Nous visiterons également un petit marché local qui vend rats, oiseaux, grenouilles, serpents, anguilles, lézard, et autres petites bébêtes que les Laotiens mangent sans soucis! Nous ferons la connaissance d’Eoin, charmant Irlandais souriant tout le temps, il fait de gros efforts pour me comprendre parler Franglais mais nous arrivons à avoir de longues conversations, c’est un vrai bonheur! Nous le retrouverons, lui et son amie Sud-Africaine, au Wat Phou à Champassak et à Angkor. Nous ferons d’ailleurs une dégustation de café qui nous aura tous rendus malades! Il ont pas dû laisser bouillir l’eau assez longtemps, encore une chance que nous n’ayons pas attrapé d’amibes…
Nous ferons une excursions vers le Wat Phou Champasak, les ruines du temple pré-Angkorien dont les vieilles pierres rendent quelque peu indifférente Yulia mais qui constitue un excellent préambule à la visite d’Angkor. Ce temple fut construit bien avant Angkor, une route de 100Km le reliait d’ailleurs à la nouvelle cité. La restauration commence à se faire et il était temps car ça s’écroule de partout! L’argent manque et pourtant il en faut un sacré paquet! 1 million de Dollars rien que pour les bassins sont estimés nécessaires, mais chaque année les archéologues trouvent de nouvelles pièces, le potentiel est prometteur.
Au retour, nous cherchons une connection Wifi et portons notre dévolu au Paksé Hotel, chic et très bien tenu par un Français, nous y rencontrons tout notamment Da, adorable Laotien revenu au pays depuis peu après près de 30 ans en France. Nous partons le lendemain en tuk tuk vers la station du bus afin de rejoindre les 4000 îles à l’extrême sud du pays.
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Eurasie 2010 : Ventiane

Nous embarquons de bonne heure dans notre bus « VIP » à la thaïlandaise, souvent vieux mais « retouchés » avec des peintures très originales, une sonorisation interne surdéveloppé, des néons aux couleurs vives à l’extérieur, bref la notion de « tuning » prend ici tout son sens!
Nous pensions avancer sur le site Web pendant les 9 heures de voyage, mais nous n’imaginions pas à quel point le Laos est un pays au relief tourmenté! Nous étions si mal dans le bus que j’énonçais l’orientation de chaque virage à Yulia afin d’anticiper et éviter de vomir! Les paysages sont magnifiques, notamment dans la région de Viang Vieng, dommage encore une fois que l’essartage détruit tout la végétation, il serait temps que les autorités fassent cesser ce genre de pratique, dans peu de temps il ne resteras plus grand chose… Les populations vivent néanmoins de la même façon qu’il y a des milliers d’années, mais sans doute bien plus pauvre… J’ai également entendu dire de Da de Paksé que le tourisme à Viang Vieng vire vers le désastre pour les populations locale, l’apport d’alcool et de drogue est craint pour les enfants.
Durant notre voyage, nous avons crevé 2 fois. Le bruit fur assourdissant et le pneu avait littéralement explosé sur la tranche, un trou de minimum 20cm de diamètre était visible, je n’aurait jamais cru à cela! Les conducteurs ont été obligé de vider une bouteille d’eau sur la roue, l’eau bouillait et se transformait en vapeur par simple contact avec les écrous! Ca chauffe dur!
Arrivée à Vientiane, même topo, recherche d’un hôtel. Le réceptionniste est très sympa, il fait des études de médecine le jour et assure ce poste la nuit, éreintant! Nous ne resteront que peu de temps à Vientiane, juste le temps de faire nos visas pour le Cambodge et de visiter quelques temples, par ailleurs dans un état lamentable, il serait temps de trouver l’argent nécessaire à la restauration sinon ca ne vas pas tarder à s’effondrer! Vientiane est à notre goût une ville peu plaisante, bruyante et polluée. Seules visites intéressantes, le stupa d’or, symbole du pays et le parc du bouddha crée il y a une trentaine d’année par un original. Les créations en brique et béton commencent déjà à tomber en ruine mais l’association entre hindouisme et bouddhisme raconté de façon plutôt originale est saisissante. Éloigné mais cela vaut la visite. Nous tomberons sur des moines de Vancouver en « tourisme » à Vientiane! On se demandait qui était le plus curieux mais nous avons fait quelques photos ensemble! Remarquez à quel point les moines sont éloignés de Yulia, par peur de perdre leur mérites!!!!!!!!! Pour finir, j’aurait bien voulu taper quelques boules avec les locaux, les Laotien sont extrêmement friand de la pétanque, héritage colonial, je pense qu’il joue tellement qu’il pourrait battre la plupart des Marseillais!
Du fait des 15 jours de Yulia, nous nous empressons de rejoindre le sud du pays en prenant un bus direct Vientiane-Paksé.
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Eurasie 2010 : Luang Prabang

Arrivé à Luang Prabang, nous choisissons une ruelle au hasard afin d’y trouver un Guest-House qui n’est surtout pas dans le LonelyPanet! Tout le monde possède ce bouquin et tout le monde veut faire une bonne affaire en allant dans les hôtels recommandés! D’après notre expérience, dés qu’un hébergement est recommandé dans le Lonely Planet, sa fréquentation explose, la négociation reste difficile, l’accueil et la qualité générale se dégradent dangereusement! Contentez-vous de repérer la zone où les Guest Houses sont les plus nombreuses et visitez en quelques-uns en choisissant celui qui vous satisfait le plus.
Nous sommes donc tombés sur une très belle chambre (Luang Prabang semble dotée de bons hébergements de toute façon), entièrement décorée de bois, avec salle de bain, climatisation (nécessaire, car c’est le sauna 24H⁄24!) et télévision avec TV5!! Tout cela pour 90000Kips soit environ 9€.
Juste à côté et chaque soir un très joli marché artisanale envahi la rue principale traversant de part en part la petite ville. Le pays ne compte que 6,5 millions d’habitants! Il est amusant de voir flotter le drapeau communiste rouge avec le marteau et la faucille à côté de la description du bâtiment en Français! Nous sommes en ancienne Indochine. Certains vestiges subsistent dont de superbes maisons coloniales, des Citroens, des plantations de Café et certaines infrastructures.
Nous mangeons le soir-même avec Rieno et Annick de Bruges en Belgique. Nous avons fait la croisière ensemble et à peine débarqués, ils se sont tout de suite jetés sur le premier restaurant belge du coin afin d’y déguster les «Belgium fries» avec une bière Duvel! Nous passerons une formidable soirée en leur compagnie, tous deux sont gardiens de prisons et espérons honorer leur invitation au pays dès notre retour!
Luang Prabang était l’ancienne capitale royale avant d’être démise et sévèrement cadrée militairement après la révolution communiste. Après l’ouverture du tourisme, Luang Prabang retrouve sa splendeur mais un gros travail de restauration est encore à accomplir. Une débauche de temples avec les bonzes couleur safran associés ponctuent les petits quartiers résidentiels. Cette cité est très agréable du fait que ses bâtiments ne dépassent pas 3 voire 4 étages, l’illusion villageoise est saisissante! Les temples ne sont pas aussi tape à l’oeil que l’art Thaï mais l’oeil averti y trouvera son bonheur, notamment dans le temple central, heureusement protégé par une coopération Française.
Devant les tables des vendeurs de billets de loterie, nous rencontrons un curieux personnage Lao parlant un peu Français, ayant fait ses études en Union Soviétique (à Odessa, en Ukraine actuelle) après avoir vécu l’Indochine Française. A ma question «Comment était-ce sous le protectorat Français?», la réponse semble formaté à «parfait!», mais pour ce qui est de critiquer d’autres pays comme les USA, pas de soucis! Je pense (et j’ai eu le même genre d’impression avec Da de Paksé) que faire des critiques directes n’est pas correcte dans la culture Laotienne, lorsque c’est moi qui titille, la tête se baisse, le regard se détourne et on change vite de conversation! Bon, il est dommage que l’on ne puisse pas parler librement de cette époque, surtout que cela me passionne et que je pense supporter les critiques! Tant pis!
Après avoir visité les temples majeurs de la petite ville, nous nous fendons pour une petite excursion vers les grottes de Pak Ou. J’ai absolument voulu venir en cet endroit car j’avait vu un passionnant reportage il y a de cela quelques années. Tout cela a bien changé, les milliers de statues du bouddha semblent bien avoir disparues en tant que souvenirs pour nombre de touristes indélicats. Il est bien plus décevant de voir que rien n’est fait pour enrayer cette tendance malgré le prix élevé du billet d’entrée pour payer les 5 employés qui ne font rien à l’entrée… Par ailleurs, l’entretien est inexistant! Bref par rapport au prix du transport, l’excursion présente un intérêt plus que limité, c’est dommage d’autant qu’il y a du potentiel.
Le gros bouddha à l’entrée de la seconde grotte est rattaché à une légende assez…spéciale! Il y aurait bien longtemps ce moine fut terriblement beau, à tel point qu’il ne pouvait s’isoler pour méditer sans que de jeunes femmes l’harcèlent. Il priât donc le bouddha pour que cette situation cesse; son voeu fut exaucé car il a hérité d’un gros ventre le rendant laid et le libérant ainsi pour se concentrer correctement!
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En rentrant, nous admirons les jeunes et belles Laotiennes magnant avec grâce leur scooter tout en tenant leurs ombrelles afin de se protéger du soleil! Nous avons également la grande chance d’assister à une cérémonie du tambour par les moines. Chaque monastère à heure fixe, rivalise en émettant le plus gros son de tambour!
Pour finir, nous nous sommes levés à l’aube pour assister à la cérémonie de l’aumône aux bonzes. Depuis la nuit des temps les bonzes sortent des monastères vers 5heures du matin afin de sillonner la ville et recueillir à l’aide de leur «panier», les offrandes (riz, rasoir, etc…) des habitants pour leur permettre de vivre. Les hommes peuvent rester debout mais les femmes s’agenouilles, tous mettent directement dans le «panier». A savoir qu’il est totalement défendu à une femme de toucher un moine, celui-ci perdrait ainsi tous ses mérites bouddhiques accumulés depuis son engagement. Malheureusement, cette cérémonie est en danger du fait que certains touristes se montrent quelques peu indélicats comme si il s’agissait d’un spectacle. Nous ne sommes pas bouddhistes, pourquoi essayer de prendre part à une philosophie qui nous échappe complètement?! Comme le dit si bien le routard, c’est comme si un musulman se mettait debout sur l’autel d’une église en faisant une homélie à se façon! Inimaginable! Contentons-nous de rester discret et à l’écart, notre présence n’est que tolérée!
Nous rejoignons notre bus pour Vientiane en passant par le sympathique marché du matin.

Eurasie 2010 : Le Mékong

Nous partons encore endormis de notre auberge à 5H du matin et rejoignons à pied la station régionale de bus, Yulia manque de se faire croquer par un chien de garde, décidément ces bébêtes ne l’apprécient que pour son côté gustatif! Nous prenons sans encombres notre bus à 6 heures du matin, celui-là correspond parfaitement au cliché du transport collectif bondé, vieux, bruyant, et ouvert à tous les vents (fenêtres ne fermant plus et portes tenues ouvertes par des tendeurs), bonjour la poussière! Nous étions frigorifiés en ce beau matin, cela n’était pas arrivé depuis un sacré moment! Nous traversons l’arrière pays en desservant les villages alentours, les paysages alternent entre jungle Vietnamienne et paysage quasi-lunaire avec les essartages (destruction de forêts par brûlis pour laisser place à des terres arables) récents qui déplument des collines, voire des vallées entières.
Nous arrivons au petit poste-frontière Thaïlandais avant d’embarquer sur une petite pirogue afin de traverser le Mékong qui marque la frontière de ces deux pays. Nous arrivons au petit poste frontière Lao, je dois payer un visa de 30 jours tandis que Yulia a une autorisation gratuite de 15 Jours, les copains communistes! Un petit tour au distributeur et direction l’embarcadère afin de rejoindre Luang Prabang en 2 jours de croisière sur le Mékong couleur «boue». La population à bord du bateau nous confirme que nous ne sommes plus sur des sentiers touristiques mais bien des rails à grande vitesse! Sur environ 70 passagers, il ne doit avoir que 2 ou 3 locaux mis à part l’équipage qui vit sur le bateau! Nous n’osons imaginer les conditions de navigation en haute saison lorsque certains capitaines acceptent, paraît-il, plus de 120 passagers!!! Les bancs sont en bois et l’assise est terriblement courte, la place pour les genoux est ridicule, prévoyez un coussin en vente une bouchée de pain à la frontière! Encore un avantage de partir en basse saison, le temps reste magnifique, la chaleur difficile mais les prix sont au plus bas et la fréquentation permet un confort optimal.
Les bateaux sont typiques ressemblant aux jonques sans le mat, la famille vit à l’arrière, la cabine semblant quelque peu confortable! Les paysages défilent paisiblement entre chaque rapide, les villages alternent et l’observation des pécheurs, orpailleurs, enfants jouant dans l’eau (Les Laotiens adooooorent l’eau, ils sont toujours en train de barboter!), buffles traînant dans la vase, piroguiers constituent notre principale occupation! Malgré 7 heures et 140Km d’effectué dans un confort limite, nous n’avons pas vraiment envie de descendre pour passer la nuit dans un village perdu dans la jungle. Le bungalow donne sur le Mékong où l’expression «la vie est un long fleuve tranquille» prend tout son sens ici! Le Mékong est un fleuve très puissant mais extrêmement calme, le silence règne et s’impose, à tel point que l’on peu entendre le léger clapotis sur les berges. On ne s’ennuie pas de regarder le fleuve couler, heureusement que nous prenons le bateau demain sinon on resterait scotché ici!!
Second jour de navigation et 9heures à parcourir sur 160Km afin d’atteindre en soirée Luang Prabang. Les paysages sont somptueux, on ne s’en lasse pas. Seule espèce perturbatrice en dangereuse voie d’expansion, les Anglophones! Le Laos est un pays très discret et pudique, mais franchement lorsqu’un groupe d’Américains ou d’Anglais picole sans modération des bières qu’ils renversent (sans nettoyer bien évidemment) régulièrement sur le plancher du bateau et se mettent à hurler en jouant à des jeux stupides… Je ne pense pas être franchement anti-Anglophones, surtout qu’il ne faut pas faire de généralités, mais il y a un minimum de savoir-vivre et d’adaptation lorsqu’on est dans les pays aux cultures différentes. Si vous voulez picoler, gueuler, vous habiller légèrement et vous prendre pour le roi du monde, allez rejoindre vos égaux à Londres voire Phuket plutôt qu’au Laos… Désolé pour ce coup de gueule mais c’est plus fort que moi, lorsque vous voyez deux Anglais bourrés, déambulant dans leurs marcels et les poils des aisselles qui débordent, en parlant fort (et en déblatérant d’innombrables stupidités) et urinant sur le mur d’un magnifique temple bouddhiste, il y a de quoi se mettre en colère…
Une petite heure avant d’arriver à Luang Prabang, nous voyons à bâbord les grottes bouddhiques de Pak Ou. Nous accostons l’ancienne capitale royale au coucher du soleil!
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Eurasie 2010 : Chiang Rai

De nouveau un bus pour nous rendre au Nord du pays. Nous choisissons Chiang Rai plutôt que Chiang Mai car il semble y avoir davantage de visites à proximité et bénéficie d’un accès rapide au Laos, chose importante lorsque le visa expire bientôt! Nous taillons la route avec un jeune couple de Français vivant en Australie, Audrey et Antoine.
Chiang Rai n’est pas spécialement une ville plaisante et les activités demeurent limitées lorsque l’on opte pas pour un trek d’immersion ethnique sur les hauteurs de la jungle. Nous louons de nouveau un scooter pour atteindre (difficilement car 150KM A+R!) le lieu-dit «Triangle d’or» et surtout pour visiter le musée «Hall of Opium». Le triangle d’or désigne en réalité une vaste région englobant la Birmanie, la Thaïlande et le Laos pour la culture illégale d’Opium. Pourquoi Or? Tout simplement parce que déjà à l’antiquité, l’Opium s’échangeait contre son poids en Or! Le musée retrace merveilleusement bien l’histoire de l’Opium, depuis les égyptiens jusqu’aux différentes guerres d’Opium opposants notamment les Britanniques avec les Chinois. Nous avons tous ce cliché du Chinois allongé fumant sa pipe d’Opium, ils peuvent haïr les Britanniques! En effet, les Britanniques étant dans une situation économique délicate mais ayant acquis la suprématie maritime dans le monde après la défaite de Napoléon, ont agressivement développé leur réseau commercial. L’opium produit en Inde servait à payer le Thé produit en Chine qui sera consommé en Grande Bretagne (premier triangle d’échanges), de l’autre côté un commerce de textile et d’escale alimentait le second triangle entre la Grande Bretagne, l’Afrique et le nouveau monde.
Les Chinois, ayant assez de voir leur population dépérir affreusement, ont décidé de s’opposer à la force Britannique en détruisant plusieurs dépôts d’Opium. La Grande Bretagne tardât pas à réagir en écrasant la résistance qui sera la première guerre d’Opium. Pour pénalités, la Grande Bretagne exigeât plusieurs possessions en territoire Chinois, dont le port aux parfums, Hong Kong! Les concessions étrangères ont de nouveau augmentés après la seconde guerre d’Opium, où les Français ont notamment récupéré Shanghai…
L’Opium n’est rien d’autre que la sève récoltée au lendemain d’une légère entaille sur la hauteur d’une fleur non éclose de pavot. La résine est bouillie et filtrée pour la débarrasser de ses impuretés. Il suffit ensuite de la raffiner pour obtenir de l’Opium, la raffiner de nouveau pour obtenir de l’héroïne et la raffiner une nouvelle fois pour obtenir de la Morphine. Ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de risque de dépendance avec de la Morphine me font bien marrer! Le musée est donc admirablement bien fait et retrace l’histoire complète de cette drogue ainsi que ses méfaits (nombreux!) et bienfaits (médecine). Une visite à ne pas manquer quoique prohibitif et difficile d’accès.
En ce qui concerne le lieu-dit «Triangle d’Or», aucun intérêt mis à part le fait de voir les 3 pays, peu intéressants!
Le lendemain nous allons vers le Sud pour visiter le temple blanc, encore en construction. L’extérieur est magnifique et bondé de symboles, telle la passerelle au dessus de l’enfer avant d’entrer. L’intérieur est stupéfiant, l’artiste décore les murs de ce temple purement bouddhique avec des fresques mettant en scène Léo de Matrix, les vaisseaux de la guerre des étoiles, la montre laser de James Bond, la station spatiale Mir, et les twins towers de New York au 11 Septembre, curieuse façon de symboliser le bien et le mal! J’aime particulièrement les représentations de Bush avec Ben Laden!!!!!!!!!!
Demain, nous nous levons à 5H pour prendre le bus de 6H au centre de la ville, puis après 2H30 de trajet, nous atteindrons la ville frontière de Chiang Khong afin de pénétrer au Laos en traversant le Mékong.
Visa Josselin (Français) : Visa de 30 Jours obtenu à l’arrivé directement à l’aéroport, gratuit.
Visa Yulia (Russe) : Visa de 30 Jours obtenu à l’arrivé directement à l’aéroport, gratuit.
Dates : du 07⁄04⁄2010 au 02⁄05⁄2010 soit 26 jours.
Dépenses :
Retraits : 116,09€ + 372,54€ + 228,02€ + 230,77€ + 233,74€ + 234,67€ = 1416€
Total de 1416€ soit 54,46€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jours soit une économie de 664€
Cumul : 10736€ avec un budget à +1735€
Notes :
Intérêt des monuments : 5⁄5
Vie culturelle : 4⁄5
Beautée des paysages : 4⁄5
Performance des transports : 4,5⁄5
Ambiance : 5⁄5
Activités ou sorties diverses : 5⁄5
Rapport qualité-prix : 4⁄5
Facilités touristiques : 5⁄5
Contacts avec la population : 3⁄5
Sentiment de sécurité : 5⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 4⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 4⁄5
Total de 52,5⁄60