Eurasie 2010 : Guillin

Encore deux pagodes à Guillin, décidément ils aiment ça! Nous sommes à l’entrée du parc des pics karstiques, entendez plutôt de méga pains de sucre! Enfin nous allons retrouver des décors que l’on a tous vu dans les films! Tout d’abord nous profiterons de la ville-même, sorte de Venise de l’Asie (Ils aiment tous comparer leurs villes aux références mondiales, Venise, Rome, Paris, etc) qui ressemble plus à Amsterdam avec ses jolies lac et canaux (et les rats qui vont avec, on les entend tous galoper dans les buissons le soir venu!) et du marché temporaire qui se tient chaque soir sur l’avenue principale. Guillin se vante honteusement (protectionnisme patriotique!) de posséder un équivalent de notre Etretat, nous ne pourrons correctement vérifier, les sites «naturels» sont le plus prohibitifs à visiter! En tout état de cause, la ville est sympathique avec ses restaurants présentant le menu dans des bassines (poissons, anguilles, tortues, crevettes, crabes, langoustes, escargots, rats de rizières, poules, canards, etc…) et on vous le tue quelques fois directement sur le trottoir.
Le lendemain, après une correspondance et 3heures de bus, nous voici aux rizières de la colonne vertébrale du dragon au nord de Guillin. Ces rizières, paraît-il, impressionnantes chapeautent à plus de 1000 mètres d’altitude la montagne, donc temps nuageux souvent de mise. Évidemment avec le bol que l’on a, on est encore en train de grimper avec le bus que nous sommes déjà dans une véritable purée de pois! On ne perd pas espoir, on grimpe à pied sans voir à 10metres jusqu’au point d’observation, cool on ne voit absolument rien!!
Le temps de ranger nos imperméables et comme par magie, le nuage se retire pour offrir à notre vue les premières rizières! Parlons à ce propos que les plus jolies rizières et donc les plus touristiques, sont menacées de disparition pour la simple et bonne raison qu’il est plus facile et bien plus lucratif de vendre des babioles aux touristes que d’entretenir une rizière! Ici on essaye même de récupérer de l’argent lorsque l’on demande simplement son chemin. L’apport touristique est une manne au niveau financier mais bien souvent un désastre écologique et bouleverse les modes de vies des locaux en les incitant à délaisser leur travail original (bien souvent hérité de ses ancêtres) et surtout leur nature pour un caractère quelques fois malhonnête et bien plus mercantile.
Nous passons un merveilleux moment à explorer les chemins (vides de tout touriste encore une fois lorsque l’on s’éloigne un peu des panneaux!) au milieu des rizières, les points de vues sont inoubliables et j’ai encore rechuté dans ma boulimie de panoramiques, désolé!
Sur le chemin du retour (infernal les 2 correspondances et les 6heures de bus aller+retour!) nous rencontrerons Claudia, une Autrichienne vivant à Singapour depuis 8ans avec laquelle nous causerons de tout et de rien, un peu en Russe (évidemment j’étais largué!) et surtout en Anglais!
Demain, direction le paysage des billets de 20 Yuans, Yangshuo situé à seulement 1h30 de bus plus à l’est.
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Eurasie 2010 : Kunming

Le Yunnan, région mythique où, paraît-il, dans les années qui ont suivi l’ouverture du pays au tourisme, des tonnes de voyageurs s’y sont précipités pour y découvrir les multiples ethnies locales. Il est vrai que toute l’Asie s’est curieusement retranchée ici un jour ou l’autre de son histoire. Vous trouverez donc des descendants de Thaïs, cambodgiens, laotiens et vietnamiens dans des paysages de rizières et de jungle accrochée à la montagne. On comprend mieux pourquoi tant d’anthropologues s’y sont jetés!
En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas fascinés par l’anthropologie et resteront sur les sentiers battus du tourisme! Après encore une nuit passée dans le train, nous arrivons à Kunming où la température ne cesse d’augmenter, nous apprenons que cela fait plus de 9 mois qu’il n’est pas tombé une goutte de pluie, on comprend mieux pourquoi le paysage est passé sensiblement du vert au jaune. Des voyageurs croisés là-bas et revenant du Laos via les rizières du sud nous ont indiqué que les fosses des rizières sont sèches, espéreront qu’il pleuve! Nous arrivons à notre auberge de jeunesse fort bien placée au centre et constatons que nous sommes descendus encore plus au sud en observant les locaux. Nous sommes passés de l’excité au type «2 de tension»! (Dans notre auberge en tout cas) ils planent complètement, il leur arrive même à vous oublier 5 minutes après avoir parlé avec vous!
Les activités autours de Kunming sont limitées si on ne tente pas une incursion ethnique vers le sud, mais des rizières sèches, bof bof! Le temple sur les hauteurs de la ville est très mignon mais ne présente que finalement peu d’intérêt. Nous nous baladons plutôt dans la ville aux deux pagodes se faisant face. Oui! Une idée, cela fait près d’1,5 mois que l’on se tue à répondre toujours à la même première question, d’où venez-vous? Pour Yulia, elle dit Moscow, pas de soucis, ils comprennent tout de suite en évoquant une amitié (communiste) très forte entre les deux pays. Pour mois c’est une autre histoire, France (qui se dit d’ailleurs «Fagoda») et Paris ne fonctionne pas malgré les innombrables références à notre patrie dans ce pays si friand de notre culture. Seule référence mondiale infaillible, Chirac, Sarkozy mais surtout surtout Zidane! Nous décidons donc, au lieu de toujours griffonner à l’arrière d’un ticket ou sur un bout de papier déchiré d’un coin de brochure touristique, de faire des cartes de visites (Vous trouverez la copie dans la partie du site «Contacts» puis «Nous contacter par téléphone ou courrier postal» puis tout en bas de la page.). L’avantage avec la Chine, c’est que les commerçants se regroupent par activité! Difficile de trouver un imprimeur de carte de visite sauf si vous tombez sur le bon quartier, où vous n’aurez que l’embarras du choix!
La seule sortie réellement intéressante concerne l’ultra-touristique forêt de pierres située à 1h30 au sud-est de Kunming. Ne me demandez surtout pas le pourquoi du comment de ses curieuses formations, je sais simplement que c’est le résultat d’une forte érosion due à la pluie et le vent sur des roches de différente résistance. Les explications sur le site et sur le Lonely Planet sont bien évidemment dans un Anglais TRES scientifique!! En tout état de cause ne vous faites pas décourager par les hordes de touristes Chinois qui sont TRES pénibles, il se contentent de peu et on les emmène au pas de course que dans l’essentiel. Le reste du parc qui n’est qu’un impressionnant labyrinthe de dédales entre les fosses, et le plus souvent vide de toute personne! Réellement joli et impressionnant travail de mère nature. Sur le chemin du retour, nous croiserons des voyageurs revenant du Laos et un policier type Robocop!
Déjà le moment de reprendre le train pour rallier (encore une nuit!) Kunming à Guillin, plus à l’est qui sera notre avant dernière étape avant notre sortie de la Chine et Hong Kong!
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Eurasie 2010 : Chengdu

Nous redescendons progressivement du plateau Tibétain via le col à 4824 Mètres d’altitude et embarquons de Xining dans le train (où nous verrons devant la gare des Chinois s’adonnant à l’un de leur passe-temps favori, la calligraphie avec de l’eau sur le sol!) nous menant plein sud direction Chengdu. Le Sichuan a par ailleurs beaucoup souffert du tremblement de terre de 2008 avec le chiffre hallucinant de 87000 morts et nombre d’édifices ont été détruits ou gravement endommagés. Les paysages vues du train sont alléchants, nous semblons passer directement de l’hiver à l’été via le printemps en seulement 25 Heures! Le vert reprend ses droits et les vives couleurs des fleurs tapissent la terre jadis gelée! Il est vrai qu’après 3 mois plus ou moins dans la neige, il est incroyablement agréable de retrouver ces choses élémentaires!
Une fois arrivés en la grande gare de Chengdu, la chaleur nous saisit et l’excitation des conducteurs nous confirme que nous sommes bien dans le Sud! Nous rejoignons notre excellente GuestHouse en bordure du quartier Tibétain (décidément!) avant de nous taper une bonne fondue Chinoise (le fameux Hot pot) qui pour moi s’avère dégueulasse (je n’aime pas le mode de cuisson bouilli)!
La nourriture Tibétaine est encore une fois très proche des habitudes alimentaires des Mongols (peuples décidément très très proches!), ce sont des éleveurs et non pas des agriculteurs, leur aliment principal reste la viande même si nous n’avons malheureusement pas eu le temps de goûter une once des spécialités Tibétaines comme le tsampa. Lorsque vous commander un plat de viande au Tibet, il vous amène de quoi nourrir une famille, pour un prix modique mais ce n’est pas très goûteux (bouilli!).
Le lendemain nous embarquons dans un taxi furieux tôt le matin pour rejoindre au plus vite l’attraction principale de la ville, la réserve des pandas géants, la plus fameuse zone de reproduction au monde depuis la destruction partielle des autres réserves du coin à cause du tremblement de terre. Il faut mieux venir à l’ouverture du parc car les pandas mangent le matin et s’adonnent ensuite à leur passe-temps favori, la sieste!
La visite est très conseillée, nous étions quasiment seuls (merci encore une fois la basse saison qui n’as finalement que des avantages!) et avons vu les pandas géants et rouges manger et dormir! Ils sont vraiment vraiment vraiment trop mignons, on comprend mieux pourquoi ils sont la mascotte des Chinois!
L’espèce est classée en sérieux danger surtout lorsque l’on sait que son problème principal est de ne pouvoir tenir une relation sexuelle plus de 20 Secondes! La reproduction captive se fait donc in-vitro et son manque d’appétit sexuel pourrait être compensé par le Viagra!
En ce qui concerne son appétit alimentaire alors là, pas de soucis, il engloutit 20Kg de bambou en moyenne car la teneur en vitamines et éléments essentiels est dérisoire par rapport à la teneur en fibre. Sauf que voilà, la nature est bien faite et ce cousin des ours a été confronté à un moment de son évolution par un dilemme décisif, soit continuer à manger de la viande de plus en plus rare et s’éteindre, soit muter et manger du bambou, certes non calorifique mais disponible en énorme quantité! Un panda géant n’est ni plus ni moins qu’un ours ayant muté par nécessité il y a de cela bien longtemps!
Sur le chemin du retour vers le temple principal de la ville, une dame nous offre spontanément un CD-Rom qui s’avérera une sorte de publicité pour une secte locale! Heureusement que nous n’avons pas écouté le bonhomme de Xining afin d’apprendre le Chinois, nous serions peut-être en ce moment même rasés, vêtus de jaune à réciter des prières stupides et flamber notre budget de tour du monde pour payer la Porshe du Gourou!
Nous quittons Chengdu qui est par ailleurs très agréable pour Leshan car la plupart des sites Unesco aux alentours sont endommagés par le tremblement de terre de 2008.
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Leshan? Tout le monde connaît plus ou moins. La petite cité jouit d’un fabuleux trésor économique, le grand bouddha! Et quel bouddha! Simplement le plus grand du monde avec ses 71 mètres de haut sur 28 de large! Autant dire qu’il impose! Cela fait près de 1300 ans qu’il résiste à l’érosion grâce a un ingénieux système d’évacuation des eaux, la pollution actuelle par contre, favorise l’imprégnation de la roche et forme ces taches noirâtres, notamment sur son nez.
Le jardin à l’arrière avec sa grande pagode est terriblement agréable, faisant penser à une jungle semi-tropicale aux multiples senteurs. Nous retournons au centre ville où nous avons laissé avec culot nos sacs à un Dico’s, sorte de KFC local. Nous reprenons un bus vers Emei Shan (2 heures de trajet), encore une montagne sacrée pour attraper le train nous emmenant à Kunming dans le mythique Yunnan.

Eurasie 2010 : Yushu

Nous quittons la gare flambant neuve de Dunhuang, direction Lanzhou afin de rejoindre Xining puis Yushu aux confins du plateau Tibétain. Il nous faudra près de 3jours de transport pour rallier ces deux villes, nous espérons que cela va en valoir le coup! Nous retrouvons donc dans ce premier train de nuit entre Dunhuang et Lanzhou ce fameux Chinois des éoliennes, encore plus ravi que nous de nous revoir malgré l’importante barrière linguistique. Nous y rencontrons également un charmant professeur d’université en architecture (on en profite pour l’utiliser un peu comme interprète avec ce brave bonhomme du vent!) très éclairé à ma grande stupéfaction. Je pensais la totalité des Chinois mal informés sur les visions des pays étrangers envers les mauvais côtés de la Chine (Je vous rassure, la plupart le sont tout de même, ou la plupart ne veulent surtout pas savoir!), eh bien cet homme était parfaitement conscient des conditions au sein de son propre pays et avons enfin pu parler librement de sujets sensibles comme la censure, la politique de l’enfant unique, Cigarettes, crachats, et mille autres sujets aiguisant notre indéniable qualité (ou défaut?) de critiquer! Nos visions demeurent différentes mais voyons à présent d’un autre angle cette Chine que nous comprenons finalement TRES mal! Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, la culture ancestrales (essayez de trouver un autre pays avec 5000ans d’histoire connue!), les qualités des Chinois pour la seconde approche (la colère est ici une grande faiblesse, tout est bien pondéré), l’immense fierté patriotique (on nous souhaite le bienvenue partout et la première question demeure toujours «La Chine vous plaît-elle?») et la multitude des contradictions de ce peuple correspondant sûrement à une certaine modération de toute chose. En tout état de cause, je pense qu’une vie entière n’est pas de trop pour vraiment tirer une synthèse correcte du caractère Chinois!
Après nous avoir, bien sur (!), invité à visiter sa ville, nous quittons ce fabuleux professeur (qui par ailleurs conçoit de véritables buildings; On entrevoie la Chine de demain qui avance encore à toute vapeur! On a du soucis à ce faire, croyez moi!) afin de rejoindre immédiatement la gare routière de Lanzhou pour rejoindre Xining, ville départ de la fameuse ligne de chemin de fer reliant Lhassa au reste du pays. Nous arrivons dans l’après midi et essayons malheureusement en vain (trop tard!) d’admirer le musée régional avec ses véritables mandalas de sable. Sur la route, un Chinois ne comprend pas pourquoi je ne parle toujours pas le Chinois, c’est vrai il faudrait que je m’y mette, en deux mois ça sera réglé non?!! Je ne parle déjà pas l’Anglais, alors le Chinois…!!!!
On se faufile au milieu des taxistes (premiers taxistes moto, premier endroit de Chine où on cesse de nous harceler pour le taxi, on passe sur ce point parfaitement inaperçu!) afin d’acheter nos billets pour Yushu en la gare routière toujours aussi chaotique! Nos billets de bus en poche, nous flânons au marche Tibétain en face de la gare et y rencontrons les premiers vrais Tibétains et moines avec les innombrables sourires associés. Nous n’avons pas vu un étranger depuis bien longtemps, on se croirait premier aventurier avec les regards et la curiosité des Chinois mais pour les Tibétains qui ne semblent pas farouches, cela va directement au contact sans besoin de raisons avec un bonjour, un immense sourire général et plus parfois! Cela promet, je suis (égoïstement!) tout excité de voir les premiers vrais Tibétains de ma vie, j’en ai rêvé une multitude de fois. Le projet initial de voyage (lorsqu’il mûrissait dans ma tête comme un rêve improbable) était de rallier le Tibet via le chemin le plus difficile afin que le Tibet apparaisse comme ce qu’il a toujours été avant ce chemin de fer, le pays des neiges interdit et inaccessible. Lhassa était donc le but ultime à rallier, je m’apercevrais plus tard que ma véritable passion n’était pas Lhassa mais bien les Tibétains eux mêmes, originaux, à peu près vierges de toute influence ou culture extérieure, en bref, le pays que l’on voit tous dans les films comme «7 ans au Tibet» qui s’avère, au détour, être une magnifique histoire vraie!
Yushu, dont la région n’est plus considérée à proprement parler comme le Tibet actuel, est à présent une région Chinoise qui fait quasiment intégralement partie du Tibet historique. Sachez que le Tibet historique, avant l’invasion Chinoise de 1959 représentait près du tiers du territoire de la Chine d’aujourd’hui! Nous nous rendons donc dans l’une des régions les plus isoléés du plateau Tibétain, peuplé à 97% de Tibétains et à la frontière du Tibet actuel.
Un Chinois passionné par le Tibet, nous a offert spontanément avant notre départ de la GuestHouse deux VCD avec les plus belles musiques Tibétaines qui cartonnent sur le plateau en ce moment, effectivement nous les entendons en boucle et cela restera attaché à notre séjour à Yushu!
Nous venons malheureusement, à l’écriture tardive de ce récit, qu’une terrible tremblement de terre a frappé l’exacte région de Yushu et fait au moins 1200 morts, certainement des gens que nous avons croisés et connus plus ou moins. Nous sommes effondrés de cette triste nouvelle et espérons que la bourgade et surtout les gens qui nous ont laissés tant de bonheur et de souvenirs restent intacts. Nous pensons à eux très fort en ce moment si douloureux.
Nous sommes donc devant le bus, impatients de rejoindre ce pays si loin, 14 heures de trajet sont nécessaires pour couvrir à peine 800Km de route, cela s’annonce rude. Le problème principal n’est pas la durée, ni la route, ni le bus, ni l’altitude mais ces satanés fumeurs qui jouissent sans contrainte de leur plaisir principal…dans le bus évidemment! Nous sommes les seuls étrangers à bords et vous ne pouvez imaginer ma joie et excitation lorsque nous avons vu les passagers de devant qui étaient de véritables Tibétains, habillés traditionnellement (comme dans les films) et aux multiples parures (beaucoup de jade bleue (?!), ils en raffolent!) ornant une longue chevelure. A notre grande surprise les Tibétains et Tibétaines sont splendides, autant au niveau de leurs ornements que de leur physique. Ce sont vraiment des tops models, de très loin les plus belles personnes rencontrées jusqu’à présent. Yulia a encore les yeux qui pétillent et franchement il y avait largement de quoi!!
Nous partons de Xining pour rejoindre le plateau Tibétain et franchir en bus un col a 4824 mètres d’altitude, autant dire qu’on en a avalé des bouboules de Coca homéopathique afin de résister à ce mal d’altitude tant redouté! Au final, nous ne semblons pas si facilement sujet au mal d’altitude et c’est totalement inaperçu que nous passons au dessus du Mont Blanc! La route est magnifique, nous grimpons tout d’abord interminablement sur le plateau Tibétain en voyant une triste désertification faisant son œuvre aux abords (La Chine est confrontée sérieusement à ce problème qui ronge rapidement des terres fertiles du Nord) du plateau, puis une région de lacs glacés. Ne vous attendez pas à des pics enneigés comme au Népal, nous ne sommes que sur le gigantesque plateau Himalayen! Les paysages ressemblent donc fort à ce que nous avons connu en Mongolie, à la seule différence près que nous sommes en moyenne à 4000 Mètres d’altitude minimum et que la neige est inexistante à moins de 5000 voire 6000 Mètres! Les drapeaux à prières commencent à ponctuer le voyage de leurs couleurs éclatantes. Après un voyage interminable à cause de ces fumeurs, nous arrivons à environ 1 heure du matin à Yushu sous un froid perçant! Nous nous rendons immédiatement à une GuestHouse, connaissance de l’auberge de Xining. Les lits sont chauffés tellement il fait froid, ça fait tout drôle!
Nous nous réveillons le lendemain matin sous un superbe soleil et une température ayant au moins doublée par rapport à la nuit, il fait vraiment chaud maintenant à 4000Mètres!!!! Nous nous mettons immédiatement en marche vers un autre hôtel car cette auberge étant en finition, l’eau est littéralement inexistante! Nous ne sommes pas confort-confort mais un minimum d’eau est indispensable pour se laver les dents et faire une toilette de chat! Nous faisons donc le tour du centre ville sous un soleil éclatant et une chaleur dingue, nous sommes en tee-shirt à 4000 Mètres (et les coups de soleil que nous avons hérité là-haut prouvent que nous sommes plus proche du soleil!). Sur notre chemin nous croisons que de superbes Tibétains et Tibétaines, beaucoup nous offrent de grands sourires agrémentés d’un «Tachi Délé», bonjour en Tibétain. L’un d’eux ose même sans aucun complexe ou peur, en passant devant le bâtiment du gouvernement de la région, froncer les sourcils en pointant le bâtiment Chinois d’un doigt et en imitant un pistolet de l’autre main, style de dire «Méchants envahisseurs Chinois qui sont armés et n’hésitent pas à utiliser leurs armes contre les Tibétains, peuple pacifique». Dans cette région, en tant que voyageur, nous sommes sûrement plus attentif à un cadrage politique, qui honnêtement, semblait sincèrement cool ici malgré la période si sensible d’aujourd’hui. Peu le savent mais traditionnellement, le Tibet est toujours fermé aux étrangers et journalistes par les autorités lors du mois de mars, date du coup d’état Tibétain manque et sévèrement réprimé dans le sang. Le gouvernement régional et les postes policiers à responsabilités sont tenus par des Chinois par la partie visible de l’iceberg. Les policiers du terrain et la plupart des fonctionnaires ayant contact avec la population largement Tibétaine semblent n’être tenus que par des Tibétains. C’est sans doute pour cela que nous déambulons comme des rois dans la cité avec les multiples sourires des policiers et que le climat est détendu dans la ville, nous n’avons pas ressenti une forte animosité contre les Han, ethnie Chinoise.
Pendant que j’y suis, une chose EXTREMEMENT surprenante nous a déroutés lors de ce passage, tous les véhicules et commerces arborent fièrement un large portrait du Dalaï-lama, acte pourtant puni jusqu’à 20 ans d’emprisonnement dans le Tibet actuel. Nombre de boutiques dans le département store vendent, sous l’œil des policiers, d’immenses posters de ce sage homme, pourtant quasiment considéré en Chine comme un terrorisme indépendantiste ayant irrémédiablement franchi la ligne rouge. La Chine ne manque d’ailleurs pas une occasion de discréditer le prix Nobel de la paix et impose une importante pression politique et économique aux pays qui reçoivent ce leader spirituel du peuple Tibétain. Notons que le Dalaï-lama ne demande plus l’indépendance de son pays en disant à juste titre : «Le Tibet est en retard au niveau économique et a besoin de la Chine pour son développement, mais le Tibet est en avance au niveau spirituel et nous ne demandons que la liberté religieuse». De ce que nous avons vu à Yushu est très déstabilisant, il ne semble pas possible de tirer une seule et même conclusion du sort des Tibétains au sain de la Chine. Il semble que le Tibet actuel souffre d’une pression policière importante avec les innombrables restrictions, d’un envahissement Chinois rendant les Tibétains minoritaires avec le lot de soucis qui suit (racisme, chômage, violence, etc…), et d’un statut «autonome» (à la soviétique!). Munis de sa frontière avec le reste du pays, les Tibétains sont confortés dans leur sentiment patriotique (Lhassa était la capitale, et celles-ci ont toujours été plus résistantes!), tout en les excluant d’office du fameux idéal Chinois, placardé sur la porte de la place Tian An Men « Vive la paix et la fraternité entre tous les peuples du monde».
Il est vrai que le Tibet a toujours été le fameux pays interdit à tout étranger et inaccessible (ce n’était pas un modèle d’ouverture non plus!). Il est également vrai que le pays était un vaste état féodal resté au moyen âge (pays sous protectorat Anglais, resté sans «défense» à la seconde guerre mondiale où l’Europe fut affaiblie et la plupart de nos colonies libérées de nos griffes), mais les Tibétains d’aujourd’hui résistent farouchement au développement économique de leurs région et préfèrent rester à cette si belle époque reculée et d’un autre temps. Par conséquent, la zone est pauvre (on le voit bien avec le tremblement de terre où les gens déblaient les gravas avec leurs mains).On serait tenter d’accuser la Chine de délaisser la région. Il en découle que les Tibétains (très semblables aux Mongols sauf que ces derniers ne sont pas opposés au développement et évoluent en harmonie avec leurs traditions et croyances) sont souvent associés à un sentiment de saleté dans la vision Chinoise, accentuant de fait le fossé idéologique entre les deux peuples, encourageant le racisme et l’auto défense de chacun envers l’autre. Pour ma, je ne pense pas que les Chinois délaissent particulièrement la zone, il est fait un effort pour désenclaver progressivement les villes et villages avec, entre autre, les routes et la plus incroyable voie de chemin de fer au monde. Les villes et villages semblent correctement développés mais avec une population qui ne désire pas ce changement et surtout le ressent à chaque fois comme une agression. Je doute que cela soit facile pour les intérêts de chacun. En tout état de cause, il va falloir s’y faire, la Chine ne lâchera jamais le Tibet, trop d’intérêts sont en jeux, notamment la position stratégique et les innombrables ressources telles que le contrôle de l’eau qui alimentera dans un futur proche, j’en suis sûr, les prochains conflits mondiaux.
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Tout cela pour dire qu’en Chine si on se tient à carreau comme en la région de Yushu, la liberté de culte semble illimitée et les conflits sociaux paraissent moindres (même si on ne peut comparer Yushu avec 97% de Tibétains et Lhassa devenue quasiment une ville Chinoise). Les Tibétains de l’actuel Tibet, en revanche, protestent régulièrement sous toute forme et se radicalisent de plus en plus pour exiger une autonomie dans le vrai sens du terme, ce qui n’arrange rien pour adoucir leur situation. Aucune pitié pour les Chinois, qui sont toujours dans l’idéologie communiste du «Nous sommes tous frères et égaux». Bien évidemment, un fossé gigantesque séparent les deux ethnies depuis 1959 qui restent strictement séparées et ne se comprennent pas. Comme le dit si bien le gérant de l’hôtel, si vous dites le mot magique «Dalaï-lama» à un Tibétain, vous obtiendrez toute son assistance et amitié. Autant dire que ce conflit dure depuis plus de 50ans et qu’avec une si forte identité culturelle, les Chinois ne sont pas sortis de l’auberge, on peut parler d’Israël!
Oui oui, je change d’avis légèrement sur la situation au Tibet et modère quelque peu mes a prioris.
Pour en revenir à notre recherche d’hôtel, nous les parcourons tous, l’un plus miteux et cher que le précèdent (la culture de la négociation n’existe pas au Tibet, on nous regarde à chaque fois comme des extraterrestres lorsque nous essayons!) et souvent sans possibilité de se doucher (!). Enfin, nous finirons dans un charmant petit hôtel aux chambres relativement confortables, la douche (le luxe!) et surtout le plafond et le mur dont les peintures se décollent à cause de l’humidité et bien entendu le gros rat associé à tout cela qui grattouille sous votre lit à 5 heures de matin et qui ne déguerpit que si vraiment vous êtes insistant. A voir la tête de Yulia, on se demande vraiment qui a plus peur de l’autre, le rat de son côté semblait tout cool car il est bel et bien chez lui!
Veuillez accepter nos plus plates excuses si les descriptions ne sont pas approfondies et que les photos (notamment les portraits) sont largement insuffisantes, mais la vie qui règne la- bas ne sera jamais assez satisfaisante à décrire, il faut le vivre. Quant aux photos, déjà que nous étions fascinés par ces personnages (on ne pense pas et on n’a même presque pas envie à prendre un portrait, on croirait presque que ça abîmerait nos souvenirs!). Il faut garder une part de magie personnelle!) mais essayez de faire des photos lorsque vous êtes la star partout: tout le monde vous regarde, c’est un peu gênant de prendre des photos et quasiment impossible de faire des scènes naturelles sachant que dès que vous prenez votre appareil photo, plusieurs Tibétains viennent derrière votre épaule pour regarder ce que vous faites! Encore plus impressionnant que la Chine!
Commençons tout d’abord par le (très) mauvais côté des choses, comme toute religion et site sacré associés, cela attire tous les mendiants plus ou moins véritables de la région. C’est la première fois que nous sommes confrontés à ce soucis mais si c’est semblable en Inde, c’est sincèrement insupportable! Beaucoup de parents Tibétains, qui restent, d’ailleurs, assis à longueur de journée au centre ville à tailler une bavette, envoient leurs enfants mendier (plus c’est jeune, plus ça doit rapporter…). Partout (je dis bien «partout», même à toutes les tables et étages d’un restaurant ou commerce quelconque), maquillés pour faire croire à une grande pauvreté (sans aucun doute réelle pour certains). Quand je dis insistant et pénibles, je mesure mes mots! J’ai failli perdre ma patience et raccompagner par le col une jeune mendiante à la sortie du restaurant (c’est la patronne qui l’avait fait à ma place, pas plus délicatement!). Oui, c’est malheureux mais je suis de ceux qui n’encouragent pas cette pratique, surtout avec des enfants qui devraient être à l’école et qui travaillent pour leurs fainéants de parents pour ne ramener que de la monnaie sonnante et trébuchante. Tous disent que c’est pour manger mais proposez un bol de riz à la place du billet et vous observerez leurs têtes!
Bref, nous sommes constamment sollicités: ils n’arrêtent pas de nous tapoter, vraiment agaçant et impossible de passer sa colère sur un enfant!
Mis à part cela, aucun soucis, la magie du lieu fait son œuvre et nous laissera de nombreux souvenirs impérissables malgré seulement 2 jours sur place!
Dans la rue, c’est un bouillonnement de vie qui s’offre à notre vue: des artisans fabriquent les éléments dorés constituants des temples Tibétains, nombre de commerces sont spécialisés dans les objets de cultes et les bijouteries vendent beaucoup de jade bleu dont les Tibétains raffolent pour orner leurs chevelure ou monter en pendentif ⁄ bague et bracelets. Les moines (qui semblent adoooorer le shopping!!!!) croisent les pèlerins en habits traditionnels tournant inlassablement leurs moulins à prières portables. Le climat est sec, la poussière vole, il fait chaud et le soleil est éclatant. Nous montons au monastère sur la colline, sans doute pas le plus joli mais c’est le plus proche! Nous montons un dédale de quartiers d’habitations typiques haut en couleur, nous atteignons le monastère aux couleurs vives flamboyantes, magnifique, nous ne trouvons pas l’entrée!!! Disons-le, par moment ça sent franchement mauvais, les toilettes doivent se limiter à un trou près du mur!
Nous rencontrons deux moines qui spontanément viennent vers nous et nous offrent des bonbons en nous demandant (en Tibétain, enfin on imagine qu’ils demandaient ça!) d’où nous venions. Ce premier contact est magique, les sourires sont au rendez-vous même si la barrière de la langue introduit une certaine distance. Partout où nous croiserons des Tibétains nous aurons droit aux mêmes sourires et «Tachi Délé», certains rameutant mêmes ses amis ou familles pour nous voir!
Nous continuons vers les drapeaux à prières surplombant le monastère et décidons enfin de grimper en haut du «mont» juste derrière. Plus nous montions et plus c’était difficile, plus les pauses étaient rapprochées; non pas à cause du dénivelé ou de la difficulté du terrain (rien de plus facile) mais simplement que nous avions (naïvement) oublié (nous étions en tee shirt à transpirer) que nous étions au dessus de 4500 Mètres et que le «mont» en question devait culminer à 5000 Mètres! Nos corps nous ont rappelé à l’ordre et avons fait demi-tour après avoir entrevu à notre immense bonheur les premiers pics enneigés du Tibet fermé.
Nous redescendons (tiens, c’est bien plus facile!) vers la rue principale pour y attraper un minibus en direction du sanctuaire tout proche. Là, encore nous sommes les stars dans le bus même si personne ne comprend où nous allons!!
C’est ici que nous vivrons le plus fort moment de cette escapade. Un grand nombre de pèlerins tournent autours du sanctuaire où plus d’ 1,5 milliard de pierres gravées recouvrent les tombes de vénérables moines. Cet endroit possède la plus longue série de moulin à prière au monde, autant vous dire tout de suite que c’est marrant un moment mais après ça commence à faire mal à la main d’essayer de choper la poignée du moulin qui tourne sans qu’elle même ne vous arrache la peau si vous n’êtes plus assez vif!! Certaines poignées sont si usées que l’on y voit l’empreinte creusée dans le bois, voire même certaines fois les doigts! Gare également aux poignées pièges trop usées et taillées comme des rasoirs! Nous verrons ici les plus beaux personnages et auront la plus belle rencontre. Nous serons le plus naturellement du monde invités à suivre un moine avec deux enfants pour effectuer deux tours du sanctuaire, 7 tours de chaque stûpa et des prières dans les minis temples sombres, illuminés seulement de bougies autours des moulins à prières géants. Quel bonheur d’être conduit par un moine qui récite imperturbablement des matras en nous indiquant les portraits des moines les plus saints et bien entendu du Dalaï-lama (mot magique?!). Expérience si simple mais inexplicable. Encore une fois désolé mais il faut le vivre pour ressentir le bonheur d’avoir enfin trouvé le Tibet que j’imaginais (bon d’accord nous n’avons pas beaucoup cherché!)!
Nous repartons du site après avoir essayé de faire quelques misérables portraits (les plus beaux sont dans nos têtes de toutes façons!) et rejoignons notre hôtel où nous nous délectons (un peu moins à 2 heures du matin il est vrai!) des chants Tibétains chantés à tue-tête par les employées! Nous sommes plongés dans un univers totalement diffèrent qui correspond, malgré la modernité environnante à mes rêves les plus fous!
Le second jour nous décidons de faire une incursion vers le fameux monastère dont nous ne nous souvenons plus du nom (!) et trouvons (ou c’est plutôt lui qui nous a trouvé!) un chauffeur de micro-bus taxi sincèrement adorable! Le petit monastère est enbriqué dans des sortes de gorges où une myriade de drapeaux à prières flottent dans le vent. Nous débarquons en ce lieu extrêmement sain avec un groupe de pèlerins. L’intérieur est magnifique avec ses statues, mais le plus inoubliable est la cérémonie de prière avec les pèlerins. Nous y laissons même un billet, radin comme je suis!
Nous négocions honnêtement (sous l’œil du Dalaï-lama en photo sur le pare soleil!) de continuer la course vers les gorges pas toutes proches (ll faut passer un col à près de 5000 Mètres) dont nous ne nous souvenons plus du nom (décidément ça nous a marqué!). La sortie fut magnifique, nous avons pris un moine en stop (pas tous le jours que l’on a l’occase de tomber sur un moine Tibétain auto-stoppeur non?!), notre chauffeur ultra gentil nous a fait le guide touristique en s’arrêtant souvent aux différents sanctuaires (on avait sorti le mot magique «Dalaï-lama»! ) établis dans les zones naturelles. Le plus joli fut sans conteste la rivière avec les pierres gravées de prières Tibétaines, leurs écritures est vraiment magnifiques. Nous finissons notre trip en passant au pied d’un grand pic-glacier et en longeant le fleuve d’un bleu-vert parsemé de petits icebergs.
En rentrant nous décidons d’acheter le billet de bus vers Garzé afin de redescendre vers Chengdu par l’une des plus belles routes d’accès au Tibet. Ce périple devait durer près d’une semaine. Arrivé à la station de bus préfectorale (on se disait aussi que c’était bizarre que les bus en direction du Tibet et passant proche partent de cette station «spéciale»), on nous informe que les étrangers ne sont pas admis à passer via cette route, officiellement cela fait deux ans et demi mais cela semble applicable que lorsque le Tibet lui-même est fermé, ils ferment également les abords immédiats! Le trous à rat! Nous allons voir la police centrale pour essayer de décrocher un quelconque laisser-passer, rien n’y fait. Le fonctionnaire s’excuse même platement devant nous sans vraiment (ou il ne veut pas!) savoir pourquoi c’est interdit «Ça vient du gouvernement!».
Nous tentons tout de même notre chance le lendemain auprès du chauffeur mais apprenons grâce à la patience mimique du taxiste que le bus ne part qu’un jour sur deux et qu’évidemment le bus ne part pas aujourd’hui! Nous voilà obligés de faire le trajet en sens inverse via Xining et donc faire un détour de 1800Km! Notre escapade à Yushu? Deux jours sur place et environ 6 jours de transport (aller: 3jours et retour :3jours!), autant dire qu’il faillait vraiment avoir envie!
Pour le retour, même bus infernal terriblement enfumé mais aux paysages somptueux (l’avantage étant que les paysages non vues à l’aller de nuit sont admirables au retour!), une nuit à Xining avant de prendre un train heureusement direct vers Chengdu, au total 14heures de bus + 25 heures de train!

Eurasie 2010 : Dunhuang

Et c’est reparti pour près de 14 heures de train où nous rencontrerons un homme d’affaires Chinois travaillant dans les éoliennes (parle pas un mot d’Anglais même si il le fait croire en disant tout le temps Yes!) que nous retrouverons dans notre wagon de retour! De toute façon le Chinois est très curieux par sa nature mais dès que vous essayez de bosser sur le site en fonction des photos, 5 Chinois s’agglutinent plus ou moins discrètement derrière vous pour regarder! Ça fait plaisir d’avoir du public mais du coup j’ai pas avancé d’un brin pour le site! Nous arrivons le matin à Dunhuang où nous sommes évidemment les seuls touristes du train à débarquer, je vous laisse imaginer la réaction des dizaines de taxistes affamés à notre vue, surtout sachant que la gare est à une quinzaine de kilomètre de la ville!! Le temps d’acheter notre billet de retour du lendemain et nous embarquons avec le plus insistant qui s’avérera le plus gentil, j’ai dû insister pour qu’il mette le compteur et payer le prix final, il faut dire qu’il essayait de nous vendre ses prestations touristiques à la journée malheureusement trop chères pour nous malgré ses excellents prix.
Nous arrivons dans l’un des seuls endroits de la Chine où le tourisme, pourtant premier revenu de la région, n’est pas développé hors saison. Nos vraies-fausses cartes étudiantes sont inconnues et refusées alors que les prix sont littéralement prohibitifs (Aller, c’est pour la bonne cause, ça fait vivre des gens derrière…). L’exemple le plus marquant sont les dunes géantes, aux portes de la ville, une entrée à 240Yuan (24euros!!!!!) et…que des dunes! Quel entretien magistral demande un tel ticket mis à part le grillage???!!!! Bref le jeu en vaut la chandelle car après la frustration du désert de Gobi où les dunes étaient inaccessibles pour cause de neige, voici les dunes parmi les plus hautes du monde. Selon mes calculs (Altitude du point le plus haut – Altitude moyenne de la ville située à 1Km) la plus grande dune culmine à 1700 mètres au dessus du niveau de la mer et atteint quasiment 600mètres de hauteur, ce qui les placerait pour les plus grandes du monde!!!!! Les temps est couvert et doux, ce qui permet une exploration très agréable et efficace. Par dessus tout, le sable est gelé, nous ne nous enfonçons donc quasiment pas dans le sable, conditions optimum nous permettant de faire 6 dunes différentes dont la plus haute (enfin on espère que celle-ci était raide, car c’était fatiguant et haut!!!!!). J’ose à peine imaginer l’été, la chaleur étouffante et les pieds s’enfonçant dans le sable brûlant, cauchemar! Première rencontre avec les dunes de sable pour Yulia et pas des moindre! L’endroit est magique et nous sommes réellement seuls dans cet univers si proche de la ville! Un vrai bon moment très sportif, les montées sont éreintantes mais les descentes sont éclatantes, impossible de tomber dans une dune: le sable amorti, stabilise et freine! Yulia adoooore!!!
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Le lendemain direction les grottes de Mogao, l’un des exemples le plus impressionnant de grottes bouddhiques au monde paraît-il. Le site est ultra sensible et donc ultra protégé, si la moindre pluie ou tempête de sable éclate, le site est clos, interdiction totale de prendre des photos, et ils sont attentifs! Toutes les photos présentées sur le site sont donc issues d’Internet, pour tout les détails, je vous conseille de vous rendre sur ce lien pour comprendre la perle culturelle que ce site représente : CLIQUEZ ICI
Le prix d’entrée comprend obligatoirement un guide dans la langue souhaitée. Le site est touristique mais la saison est ultra courte. Nous sommes donc quasiment seuls sur le site avec notre guide venue de chez elle spécialement pour nous (Nous sommes ses premiers Français depuis 6 mois!!!!!!!) La visite de 2heures est magique, le site est d’une beautés et dans un état de conservation rare. Les peintures sont fantastiques et semblent réellement récentes. Les salles se succèdent plus belles les unes que les autres, ouvertes spécialement pour nous! Si vous voulez jouer les VIP, venez en hors saison, il paraît qu’en haute saison ce sont des groupes de 20 voir 30 personnes par guide et des queues se forment à l’entrée des grottes! La visite se termine toujours par les deux grands bouddhas taillés à même la montagne, l’un de 17mètres, l’autre de 36mètres, vertigineux!!!!!!!! N’oublions pas le magnifique bouddha couché représentant le Nirvana. Visite qui valait le déplacement et qui restera dans nos mémoires, à conseiller TRES fortement.
Nous reprenons le train vers Xining, ville départ de la fameuse voie de chemin de fer reliant Lhassa au reste du pays, où nous prendrons un bus vers le Tibet historique…
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Eurasie 2010 : Xian

Nous arrivons donc vers 10heures en la mythique ville de Xi’an, ancienne capitale de la Chine ceinturée par une imposante muraille de 14Km de circonférence! Même corvée, les SDF que nous sommes (Sud De France voyons!) se mettent à la recherche d’un hostel, nous atterrissons au Shuyuan dont l’accueil est déplorable (On se fiche de moi lorsque je dis que sur Internet c’est 80Yuan alors qu’elle m’imposent 160! Obligé de prouver mes dires avec l’ordinateur mais cet hostel applique strictement des prix avantageux sur Internet alors qu’ils se mangent des commissions, stupide!). Nous changeons pour l’hostel juste derrière nommée Xangzhimmen qui est une usine mais les prix sont raisonnables et les décors vraiment sympathiques. Cela n’empêche que nous y sommes restés qu’une seule nuit pour revenir (pour économiser à fond, têtu d’âne batté que je suis!) à ce fichu Hostel Shuyuan qui nous a pourri les 3nuits qui ont suivis (eau chaude limitée, chambre froides (5couettes!) car ils ne veulent pas faire fonctionner la climatisation par économie et staff déplorable pour un hostel à la décoration plus que basique, merci Lonely qui quelque fois semble privilégier le copinage…) pour revenir a Xangzhimen!!!!! Première fois que je réservais un hostel via Hostelworld (qui se gave de 2$US à chaque transaction) car Pierre et Louise ont de très bons prix de cette façon, mais nous avons la liberté de changer quand nous souhaitons, ce qui aurait été le bienvenue cette fois-ci, au lieu d’être bloqué par une réservation de 3jours!
Bref nous nous empressons, une fois nos sacs posés, de nous rendre à la fameuse armée de terre cuite veillant depuis plus de 2000ans sur le tombeau de l’empereur Qin situe apparemment à quelques centaines de mètres plus loin. Tout d’abord, commençons par l’histoire qui deplaît :
Armée en terre cuite de l’empereur Qin de Xian : Merveille du monde ou gigantesque supercherie?
Synthèse d’un article:
Le doute existe depuis la découverte du site en 1974. Guy Debord par exemple considérait déjà l’Armée d’outre-tombe comme une imposture manifeste. Les arguments avancés par les spécialistes n’ont pas varié et ont encore récemment été résumés par le sinologue Terence Billeter. Selon lui, les faits qui ont contribué à alimenter le doute sont de plusieurs ordres :
– « Premièrement, le fait que cette découverte archéologique concernant l’armée de Qin Shihuang ait eu lieu précisément au moment où Mao Zedong se comparait à ce despote est une coïncidence bien extraordinaire.
– Deuxièmement, on ne trouve pas mention de cette armée dans la description pourtant détaillée que Sima Qian fait de la tombe de Qin Shihuang. Or la réalisation de cette armée a dû nécessiter des moyens tels qu’elle n’a pas pu passer inaperçue à son époque.
– Troisièmement, la taille des statues est étonnement grande (1,75 à 1,96 m.) et ne correspond pas à ce que l’on sait de la taille des hommes à cette époque. Il n’y a aucun précédent qui permettrait d’expliquer pourquoi on aurait fait des statues plus grandes que nature.
– Quatrièmement, le style artistique de ces statues ne correspond guère au style de cette époque de l’histoire chinoise. Pour s’en convaincre, on peut observer l’armée d’outre-tombe d’époque Han, plus modeste (3000 guerriers) et aux soldats miniaturisés, exposée au musée de la ville de Xianyang.
– Cinquièmement, il est pour le moins étonnant que tant de moyens soient consacrés aux excavations sur ce site alors que rien n’est entrepris pour fouiller la tombe de Qin Shihuang, distante de quelques centaines de mètres, qui devrait receler des merveilles plus considérables encore. C’est à se demander si le régime ne craint pas qu’une telle fouille ne mette à jour des éléments révélant une éventuelle supercherie.
– Finalement, on notera que les autorités chinoises n’ont jamais autorisé la moindre expertise étrangère indépendante de ces statues. Tous ces faits pourraient laisser penser que cette armée d’outre-tombe spectaculaire a été fabriquée de toutes pièces au début des années 1970 à des fins de propagande et de promotion du tourisme. »
Je rajouterais :
– En novembre 2007, le Musée populaire de Hambourg a dû annuler en urgence, sous l’oeil très attentif d’un visiteur averti, son exposition des quatre soldats de terre cuites qui se sont avérés être de fabrication récente. La Chine admet depuis qu’uniquement des doubles sont expédiés à l’étranger et qu’aucun soldat original n’est jamais sorti du pays.
– Aucun soldat n’est entier, ils sont tous complétés en plus ou moins grande proportion de pièces fabriquées.
– Cela fait plus de 34 ans que le site est découvert et les fouilles sont extrêmement lentes contrairement à la multitudes des autres sites UNESCO du pays, largement développés. Sur les 7000 statues estimés, seules environ 1000 ont été mises à jour en 34 années de fouilles! On vient récemment d’autoriser une nouvelle série de fouille (chinoise bien évidement) de … 200m²!!! Il suffit de se rendre sur le site pour se rendre compte qu’à peine 10% a été creusé en 34 ans, le reste ne laisse voir qu’un terrain vague sans grand intérêt. La pancarte d’entrée laisse entendre que c’est une chance de voir des fouilles en action, mis à part quelques sceaux et des moyens dérisoires présents, quelqu’un peut il me dire si il y a effectivement des ouvriers qui travaillent??? Nous n’avons vu personne!
– L’entrée du site porte très largement l’inscription « UNESCO » alors que la validation s’est faite très rapidement et sans contrôle directe de l’organisation. Il suffit de se rendre sur le site internet de l’organisation pour voir que l’Unesco demande aux autorités Chinoises de l’informer des diverses fouilles entreprises sur le site! Rappelons que jamais une expertise étrangère ou même un étranger n’as été admis sur le site!
– Nous trouvons que le site est assez « pauvre » pour le nombre de visiteurs qu’il accueille (le cinéma date de 30 ans) et les vues sont très éloignées.
– L’argument de la réticence des fouilles à cause de la lumière et⁄ou air libre faisant disparaître les peintures ne tiennent pas selon nous. La voûte de protection est vieille et les vitres laisse entrer sans soucis les rayons directs du soleil sur les soldats. Par ailleurs prenons l’exemple de Dunhuang ou les pigments ont tendances à s’oxyder et changer de couleur plutôt que de disparaître!
– Jamais une analyse de datation par thermoluminescence n’as été entreprise alors que la datation au carbone 14 est jugée assez imprécise utilisée seule.
– Parlons maintenant du tombeau, tout d’abord la position des soldats est non seulement étrangement éloignés du site présumé mais surtout totalement excentré! Tout les sites suivent une logique de positionnement mais celui-ci non. Même les fosses entre elles ont des formes et positions très étranges.
– La seule chose à voir à l’heure actuelle n’est qu’un tumulus, le site est présumé et n’as jamais été fouillé, ce qui n’empêche pas que ce site soit inscrit à l’Unesco et rappelé en grande pompe au portique d’entrée. Vous connaissez un autre site Unesco qui n’as jamais été fouillé et donc jamais découvert, vous?
– Les écrits indiquent un tombeau qui serait la plus belle découverte de tous les temps, le royaume de l’empereur y serait reconstitué, les fleuves seraient emplis de mercure et animés par des machines pour l’éternité, ses femmes et tous les ouvriers y auraient été enfermés vivants, etc… Depuis 34 ans, on estime que le site est à cet emplacement, depuis 34ans aucune fouille n’as été entreprise officiellement! Récemment seule une analyse radar du sol et analyse du taux de mercure lassait penser que le site était bien ici. L’argument évoqué est la dangerosité des vapeurs de mercure, personne n’as pensé à y envoyer une camera robotisée miniature????
Allons! Ne soyons pas naïfs, le manque criant de transparence des autorités Chinoises et en vous rendant vous même sur place, vous constaterez qu’au mieux cette armée n’est qu’un bouillon de vrai et surtout de faux avec une large propagande d’époque que les autorités actuelles ne peuvent révéler sous peine de discréditation nationale et internationale. Quant au tombeau, il est au mieux déjà pillé depuis des siècles et n’offre pour le régime qu’une honte inacceptable.
Rendez-vous à la chute du communisme Chinois pour y apprendre rapidement toute la vérité sur ce sujet et voir enfin l’ouverture du tombeau!
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Beaucoup diront que je critique souvent et suis à la limite du camouflet mais je ne demande qu’à avoir tord sur ce site Unesco et n’attends qu’une chose, l’ouverture du tombeau!
Nous revenons tout de même contents du site, moi beaucoup plus septique que Yulia qui trouve, à juste titre, ma version un peu trop incroyable!
La situation de notre hostel n’est pas mal du tout, nous sommes juste à la porte Sud de l’mposante muraille ceinturant la vieille ville. Rien à voir avec Pingyao, il s’agit d’une muraille de 10 mètres de haut sur autant de large et s’étandant sur 14Km! C’est l’une des plus vieilles de Chine et sans doute l’une des plus belles! Nous en faisons le tour en vélo, 1H40 et il faut bien ça!! Nous continuons avec la grande pagode des oies sauvages, grande et belle mais rien de vraiment impressionnant. Le temple en revanche dont la visite est payante et obligatoire pour atteindre la billetterie de la pagode, est vraiment très agréable pour échapper à la ville (tout de même très agréable à vivre, sans doute notre préférée de Chine!!) en ce début de printemps déjà bien avancé ici! Il est d’ailleurs impressionnant de voir que nous venons de quitter l’hiver intense pour atterrir au beau milieu du printemps, pour ne pas dire l’été! Le climat est plus doux, les habits plus légers, les filles bien plus jolies (je comprends pourquoi les empereurs allaient chercher leurs épouses quasiment que dans le sud!)??!!
A la sortie du temple et au détour d’un parc aussi joli, nous tombons sur un Chinois âgé jouant de l’instrument traditionnel, il est fantastique de voir avec quel naturel certaines passantes chantent avec cœur un bout de chanson puis continuent leurs chemins!
Dernier jour à Xian avant notre départ pour la lointaine Dunhuang, nous nous rendons à Hua Shan, l’une des 4 montagnes sacrées pour les Taoïstes. Comme souvent, on essaye de nous détourner du bus le moins cher pour nous diriger vers un bus touristique qui, au mieux, coûte le même prix mais qui s’arrête à plusieurs échoppes touristiques, rallongeant d’autant la durée du parcours qui prend près de 3heures déjà (130Km)!! La bonne chose avec ces rabatteurs, c’est que plus ils deviennent pressants et plus le bus recherché est proche, on vous le dit, impossible de se perdre en Chine!!!
Cette montagne donc est considérée comme la plus dangereuse (plus du tout le cas de nos jours, rassurez-vous!) en raison de ses passages à même la falaise, ce n’est pas pour rien que la légende promet l’éternité à celui qui atteint son sommet! Désormais une sacrée paire de gens doivent avoir l’éternité devant eux avec le téléphérique Autrichien! Certains passages sont en effet assez impressionnants entre les échelles de chaînes à même la falaise, les planches branlantes servant de passerelles et les trous dans la roche servant à y placer ses pieds avec seulement 700mètres de vide en dessous de soi, tout cela sans protection avant 2006! L’erreur était forcément fatale,pas cool pour les maisons plus bas!
Les tarifs de montée et d’entrée sont prohibitifs mais la vue en vaut la peine, ce n’est pas tout les jours que l’on voit des montagnes réellement verticales!!! L’ensemble se compose de 5 sommets dont le Nord est incontestablement le plus joli, j’en ai fait une boulimie de panoramiques! Nous rencontrons deux amis Chinois de Shanghai parlant parfaitement bien Anglais, ça change et c’est même surprenant! Nous ferons la suite du voyage ensemble et commencerons une correspondance. Il fait chaud et les montées taillées à même la roche sont éreintantes, nous y découvrons des milliers de cadenas et rubans rouges correspondants à des vœux d’autant de personnes.
Nous loupons ensemble le dernier bus de retour vers Xian mais rejoindrons la ville via une correspondance après un bon repas en compagnie de nos amis Chinois. 6 à 7 heures de transport dans la journée + un trek, ça fatigue! Le lendemain nous prenons notre train vers la lointaine Dunhuang, son désert et sa fameuse grotte bouddhique…

Eurasie 2010 : Pingyao

Nous arrivons tard le soir à la gare routière de Pingyao, bien évidemment dès la sortie du bus, l’inscription « Touriste friqué » clignote sur nos fronts lorsqu’une armée de cyclo-pousse nous harcèle pour effectuer le dernier kilomètre qui nous sépare de la vieille ville interdite aux véhicules à moteurs. Précisons sur ce point que la Chine est réellement en avance sur la France (qui pourtant donne des leçons d’écologie à la Chine qui bien évidemment pollue davantage que l’hexagone puisque quasiment tous les produits que nous consommons frénétiquement sont fabriqués en Chine! Essayez par exemple de tracer le voyage d’un fruit exotique que nos caprices exigent une présence annuelle sur nos étals, le prix qui amortit le transport (et donc le pétrole) est bien supérieur au prix du fruit lui-même, ne parlons même pas du retour au producteur! La Chine donc ne n’éclaire quasiment qu’avec les ampoules à économie d’énergie et surtout n’essayez pas de trouver un scooter à moteur thermique dans les villes, ils n’existent tout simplement plus! Le scooter (ou vélo) électrique est omni-présent, écologique, silencieux, économique, quelqu’un peut-il me dire pourquoi la France traîne tant lors d’innovations?
Bref, revenons à Pingyao, nous arrivons donc de nuit et l’atmosphère qui règne est réellement magique une fois la magnifique porte nord passée. Les lumières sont tamisées, les couleurs sombres des pierres des maisons sont uniquement éclairées par les lanternes d’un rouge vif. La petite cité, autrefois capitale de la Chine au niveau économique (les premières banques sont apparues ici même avant que Pékin ne reprenne la main et sauve donc la petite cité des différents ravages de l’histoire) est désormais classée patrimoine mondial de l’Unesco s’en découlant donc un développement ultra-touristique!
Nous trouvons un charmant hostel ‘Harmonie Guesthouse’ dont la cour et la chambre sont typiquement d’époque. Le lit est fait en brique dont on ne sait en quel sens se coucher, la petite table basse avec le service de thé posée à même le lit finalise le charme environnant. Nous y rencontrons un couple de caribous, non excusez moi, de Canadiens, NON malheureux, Québécois purs et durs! Pierre et Louise sont donc en voyage en Chine depuis quelques semaines dont le but ultime est l’exposition universelle de Shanghai organisée en mai. Nous passons nos soirées ensemble où ils nous expliquent la difficulté à conserver leur chère langue Française face à l’Anglais prédominant en Amérique du nord (NON monsieur, le Québec n’est pas en Amérique pour autant!! L’Amérique c’est les U.S.A, point! Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes SVP!!!!!).
Première ‘excursion’ à Pingyao sur la muraille de 6Km de circonférence (dont n’en ferons que 3Km entre la porte Sud et la Porte Nord) qui nous fait penser à la cité d’Aigues-Mortes dans le Gard (30). Les vues s’alternent entre belles bâtisses d’époques (généralement des banques) et quelques hideux logements d’une époque plus…récente! Les différents temples sont encensés en permanence comme il faut et leurs décors sont somptueux. Nous restons en revanche déçus des autres bâtiments telles que les anciennes banques, assez semblables entre elles et dont il faut avoir la culture cinématographique ou la rêverie purement Chinoise pour en apprécier pleinement les lieux.
Nous passons notre dernière soirée à Pingyao en compagnie de Pierre et Louise dans un restaurant tout proche (Où nous nous sommes fait d’adorables amis Chinois de boissons!) avant de prendre notre train pour Xi’an préalablement acheté et commissionné par la gérante aux milles trucs et astuces de notre hostel (En effet, difficile d’acheter des billet de Hard Sleep à Pingyao qui ne semble qu’être une gare annexe.). Nos tickets se limitent à un bout de papier griffonné car c’est la chef de Wagon qui les détient déjà depuis Taiyuan, gare de départ de ce train. Un petit coup de Cyclo-pousse et en une dizaine de minutes, nous voici en la petite gare de Pingyao où il faut réagir vite compte tenu des 3 minutes d’arrêt!
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Eurasie 2010 : Taiyuan

Nous sommes déposés au milieu de nul part à Taiyuan par le bus (comme beaucoup de fois, nous ne sommes jamais déposés à la gare routière!) et nous nous mettons en marche vers un logement, nous commençons par celui recommandé dans le lonely planet mais nous n’avions jamais vu une chambre aussi minable, même les chaises étaient noires d’humidité! Nous continuons donc à prospecter par nous-même mais il ne subsiste dans le coin que des hôtels à 200Rmb minimum (20€). Nous rencontrons sur la route une Française (première blanche vu depuis un petit moment!) qui revenait justement du Wutai Shan mais en voiture individuelle, effectivement ce matin -13°C et les chaînes indispensables pour redescendre! Nous commençons à désespérer après avoir prospecter dans une bonne dizaine d’hôtels différents et finissons par nous fixer un dernier hôtel avant de revenir au moins cher rencontré jusqu’à présent. Le dernier hôtel justement s’avère être un 4etoiles pour un building de 15étages avec piscine et un hall de réception qui ferait fuir tout bon routard! Nous tentons notre chance en souriant devant le panneau des tarifs qui indique une chambre double standard à 866Rmb (87€!) alors que notre budget maximal admissible est de 150Rmb! Nous sommes accueillis comme des rois, ils n’avaient sans doute jamais reçu d’étrangers et commencent à descendre spontanément la chambre à plus de 300Rmb! Nous les remercions en commençant à partir en montrant nos poches vides (c’est un signe universel!) mais le gérant nous rattrape au comptoir en nous demandant de proposer un prix qui est de 150Rmb, ridicule! A notre très grande surprise, ils disent OK!!! Ola, ca sent l’embrouille, une chambre dont le prix est divisé par 6 en moins de 2 minutes, nous demandons à voir la chambre qui sera sans doute celle du personnel à ce prix?!! Nous montons au 9 eme étage (!) et la chambre nous laisse effectivement sans mots, digne d’un 4 étoiles! Encore une bonne affaire grâce à la saison qui fait plaisir!
Le lendemain matin, nous nous rendons au joli temple de Jinci en périphérie de la ville, érigé par un prince en l’honneur de sa mère. L’une des particularités de ce temple est qu’il possède un cèdre dénommé de « la longévité » penché à 70°! Nous y passons de très bon moments avant de retourner à l’hôtel de Taiyuan pour y récupérer nos sacs et sauter dans un bus pour la mythique cité de Pingyao. Les adorables employés de cet hôtel (Taiyuan Railway building) nous amèneront jusqu’à la station de bus et s’assureront que nous ne nous perdions pas en précisant au chauffeur notre destination (Elle a même voulu nous payer le bus pour nous mener à la gare routière!)! Nous sommes toujours comblés par ces moments si naturels de bonté, un des signes caractéristique de l’Asie semble t’il!!
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