Eurasie 2010 : Datong

Allez!! 2 semaines à Beijing ça commence à bien faire, non seulement c’est cher mais il n’y a plus rien à voir et nous avons assez stagné dans ce lit comme cela! Tout comme Oulan Bator en Mongolie, la Chine ne se résume pas à Pékin, c’est le moins que l’on puisse dire! Après avoir acheté un Atlas + une grande carte dépliable Sino-Anglaise à la librairie de Qianmen, nous suivons l’itinéraire du Lonely Planet Chine en Anglais (Ben oui, il faut bien que je m’y mette un jour!), préalablement acheté à notre hostel (comprenez auberge de jeunesse). Les cartes sont sombres, les pages ainsi que la photo de la couverture sont de travers! Normal c’est une copie Chinoise!!!! Ils copient tout ces Chinois et concernant ce livre, c’est un bon business car ce bouquin est censuré en Chine; de légers propos critiquant le parti communiste en place sont inclus! Faisons une parenthèse pour parler de la fameuse censure Chinoise, chose qui nous ne simplifie pas la vie depuis le début car notre site internet fait partie des liens inaccessibles en Chine, je vous raconte pas la difficulté pour mettre à jour le site et visualiser les commentaires! Commençons par Internet ou environ 10% des sites mondiaux sont inaccessibles, cela inclut entre autre la pornographie et la violence avérée (ce qui n’est pas forcement une mauvaise chose). Là où ça devient plus sensible, c’est la politique! Vous devez sûrement entendre parler en ce moment de Google qui prévoit de casser son contrat avec la Chine et d’arrêter l’auto censure voire même de se retirer de ce pays en prônant les droits de l’homme et de violentes attaques informatiques visant à visualiser les boites e-mails de dissidents Chinois. Chaque société informatique s’implantant en Chine doit donc s’auto-censurer; au détour merci à la patrie des droits de l’homme qu’est la France qui d’un côté (quand ça arrange) prône vivement à grand renfort médiatique la liberté d’expression et les droits de l’homme tandis que de l’autre côté, bien plus discrètement, le président débarque à chaque voyage mercantile sur la terre du milieu avec une armée de chefs d’entreprise tel que Thales (pour ne citer qu’eux), leader dans la censure et l’espionnage informatique des réseaux informatiques!!! Notre site est donc censuré et inaccessible (idem pour Facebook ou Youtube et j’en passe!) car ce dernier est hébergé en « mutualisé » et qu’ un type a écrit de méchantes choses sur le parti communiste qui, nous le savons tous, est d’une bonté légendaire avec ces 10 000 exécutions par ans dont on facture la balle tirée dans la nuque à la famille du condamné! Telle l’union soviétique d’autant (la Russie actuelle n’as pas les équipements adéquats pour appliquer une censure informatique qui existe déjà sur les médias classiques (journaux, TV, etc…), précisons que la Russie évolue dans le bon sens où des manifestations commencent à naître, il faut du temps…), si on ne cherche pas à en savoir trop et que l’on reste dans le rang, tout va bien… En Chine si vous faites des recherches d’images sur la place Tian an men, par exemple, vous ne trouverez que de belles photos touristiques fleuries; tandis qu’à l’extérieur du pays, vous ne verrez quasiment que la fameuse image de l’étudiant se dressant devant le char lors de la manifestation étudiante sévèrement réprimée, ne parlons même pas du Tibet et du Dalai Lama, prix nobel de la paix quasiment considéré par Pékin comme un terroriste! La censure touche absolument tous les médias étrangers, le cinéma par exemple ne propose que des films de production Chinoise, à peine 10 films étrangers par ans passent les mailles de la censure Chinoise! Imaginez que même « Ben Hur » est censuré en Chine depuis 1967 tandis que le réalisateur et les acteurs (Brad Pitt entre autres) du film « 7 ans au Tibet » sont tout bonnement interdit de séjour en Chine à vie!!!! Bref, certains pensent que c’est une bonne chose de filtrer les divers contenus extérieurs, moi je pense que c’est une atteinte réelle et sérieuse à la liberté individuelle au profit de quelques vieillards séniles au pouvoirs et qui comptent bien y rester coûte que coûte! La télévision en est même ridicule en ces temps d’élection (??!!) en présentant des débats entre personnes du même parti communiste! Les journaux télévisés que des occidentaux collabos présentent sont tronqués ou différés lorsqu’un direct est indispensable (Les Chinois n’ont vu que du feu du passage houleux de la flamme olympique à Paris car le direct était différé de 5 minutes pour placer des publicités aux moments où des manifestants se jetaient pour éteindre la flamme!).
D’un autre côté, il est juste de saluer l’extraordinaire progression économique du pays dont les Chinois sont les premiers à en profiter, le niveau et les conditions de vie augment considérablement, pourquoi grogner???? Nombre d’étrangers peuvent entrer facilement en Chine et en toute liberté, pour de longues durées, le visa n’est pas restrictif quand on prend l’exemple de la Russie, restée sur ce point, à l’ère soviétique si stupide et emplie de contradictions…
Ainsi donc nous prenons notre premier train pour Datong, situé à l’Ouest de Pékin. Les différentes classes sont au nombre de 4. La quatrième classe appelée « Hard Seat » se compose d’un wagon non compartimenté empli de sièges, peu confortable pour un long trajet surtout de nuit mais les prix sont les plus compétitifs. La troisième classe appelée « Soft Seat » se compose d’un wagon compartimenté de 8 sièges, toujours peu confortable pour un long trajet. La seconde classe appelée « Hard Sleep » se compose d’un wagon non compartimenté empli de lits (3 l’un au dessus de l’autres face à 3 autres sur 11 zones soit un total de 66 lits), confortable pour un long trajet, les prix sont les plus raisonnables. Cette classe est la plus utilisée car c’est le meilleur rapport qualité⁄prix, les billets partent très vite! La première classe appelée « Soft Sleep » se compose d’un wagon compartimenté de 4 lits identique à un « Kuppé » Russe, peu intéressant car peu de contacts avec les gens et un gain de confort ne valant selon moi par la différence de prix.
Le train arrive donc de bonne heure à Datong où nous nous mettons immédiatement en marche vers l’hôtel qui se trouve… en face de la gare! Précisons au passage que nous avons été comme par hasard démarchés par une personne de l’hôtel au nom indien alors que j’avais essayé la veille de faire du couchsurfing (réseau social d’échange international où l’on peut dormir gratuitement chez les gens.) avec une nana au pseudo également indien et qui m’avait répondu par un copier⁄collé qu’elle ne pouvait pas nous recevoir mais qu’elle nous conseillait cet hôtel. Premier essai de couchsurfing désastreux! Bref l’hôtel était malheureusement fermé (nous apprendrons plus tard qu’il ne font tout simplement pas de réception 24⁄24 en hiver!) et le « gentil » gardien nous a orienté vers un autre hôtel juste derrière (très bien) que nous avons négocié à 100Rmb (en comptant les probables 10 ou 20% de commissions du gardien attentionné (on sait maintenant pourquoi il est venu avec nous!!!!)). Nous prenons ensuite le premier bus vers les grottes bouddhiques de Longmen situées face à une des innombrables mines de charbon de la région reconnaissable à son boucan et son fier drapeau rouge sur le puit principal cachant probablement des conditions de travail misérables comparables au 19eme siècle en France. L’entrée est difficile à trouver pour un site Unesco mais un groupe de balayeurs retirant la couche de neige tombée la veille d’une façon TRÈS efficace, nous indique la voie à suivre. Les grottes sont taillées à même la roche de la montagne et la finesse des détails ainsi que les couleurs sont exceptionnelles. Les bouddhas extérieurs sont colossaux (15, 16 et 17 mètres de haut) et l’interne de 17 mètres est carrément somptueux! Le site est vide, seul les balayeurs se discernent des oiseaux qui chantent! Nous retournons à Datong où nous admirerons un joli temple (tout aussi vide, nous avons été obligé de courir partout pour qu’on nous ouvre les différents pavillons!) et vivrons un moment très « gênant » au milieu des habitants réunis pour jouer ou chanter sur la place. En effet, à Pékin nous passons totalement inaperçus tandis qu’ici vous êtes une véritable star! Imaginez une place bondée où TOUT le monde vous regarde fixement comme si vous étiez vert! Les Chinois sont extrêmement curieux et s’honorent qu’on s’intéresse à leurs chants par exemple! Ainsi le groupe chantant nous a invités à les rejoindre plusieurs fois (Chanter en Chinois, je ne suis pas sûr de relever le défi, là!) et le coeur était décuplé par notre présence! Yulia avait réellement envie de fuir tous ces regards, il est vrai que c’est une expérience incroyable d’être une star d’un jour, on ne regarde que vous, on s’agglutine autours de vous et à chaque coin de rue on vous interpelle par un hello amical et quelques autres phrases toutes faites du genre (Nice to meet you!)! Notons qu’à la frontière Mongole à Erlian, Yulia a expérimenté le dialogue à la Chinoise! Nous rentrons dans la banque pour expliquer tant bien que mal que son fichu distributeur ne fonctionne pas et qu’il nous faut de l’argent pour payer le bus et patientons notre tour derrière un jeune couple dont la femme ne fait que fixer du regard Yulia. Après de longues secondes, la curiosité de la femme ne se contient plus et elle sort un timide « Nice to meet you » suivi d’un joli sourire. Yulia répond naturellement « Nice to meet you too! », à ce moment précis, la jeune femme se retourne vers son mari en sautillant de joie d’avoir vécu un fragment de communication avec un univers qui doit tant aiguiser sa curiosité! L’histoire s’arrête là, comme nombre de fois à cause de la barrière linguistique! Nous continuons notre route vers le Sud et la petite ville de Humyuan et son joli monastère suspendu. Le bus ne faisant pas le détour pour si peu de personnes, un taxi effectue gratuitement les derniers kilomètres vers ce site encore une fois totalement à nous grâce à la saison. Nous montons avec les sacs ( c’était chaud par endroits!) car ils demandent 1€ pour les garder 5 minutes, faut pas pousser mémé dans les orties!! Notre étape suivante sont les montagnes sacrées du Wutai Shan mais aucun bus ne part cet après-midi, nous bifurquons donc vers Muta et sa jolie pagode en bois de 67 mètres de haut, plus vieil et plus haut édifice en bois du monde avant d’être détrôné par la tour de Pise et la tour Eiffel! Le village ne semble pas habitué au tourisme étranger et tout les regards se tournent encore vers nous! Nous y négocions à 150Rmb un très bon hôtel 3 étoiles en face de la pagode où nous serons l’espace d’une nuit les chouchous voire même la mascotte! Le lendemain, nous ne pourrons accéder au Wutai Shan pour cause de neige et nous rendrons directement à Taiyuan. Là encore nous étions les rois au restaurant du midi (tout les enfants essayait de regarder mon écran d’ordinateur derrière la vitrine) et nous avions même les meilleures places du bus préalablement jalousement réservées par le gérant de la gare routière!
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