Eurasie 2010 : Les steppes

Bon, c’est bien joli tout ça, mais nous avons donc devant nous une semaine et la Mongolie ne se résume pas à Oulan Bator, loin de là! Nous décidons donc de casser le cochon en prenant un tour organisé en 4×4 durant 9 jours et 2200 Km en boucle de l’Arkanguai au désert de Gobi, 90€ par jour tout compris avec le chauffeur et la guide⁄cuisinière. Nous avons décidé de partir du jour au lendemain lorsque nous avons tenté d’aller à pied au palais d’hiver et que nous n’avons jamais respiré autant de gasoil de toute notre vie! La pollution est omni-présente à Oulan Bator, qu’elle soit atmosphérique ou sonore! Nous allons donc au distributeur automatique pour retirer la somme de 800€, équivalent colossal DE 2 000 000 de tougriks! Première tentative limitée à 250 000 tougriks, ça commence bien! Heureusement, nous n’avons aucune commission, nous recommençons donc mais le total des retraits est limité à 400 000 tougriks! Croyez moi, nous avons passé 2 heures à ratisser 5 banques différentes! Au final, nous arrivons à l’agence comme des Américains avec une liasse bien épaisse et comptons les billets de 1000 comme si c’était des dollars!
Un 4×4 nous attendait le lendemain matin à 8h00 comme prévu, nous rencontrons à notre grande surprise une charmante guide francophone dénommée Sachka (une guide anglophone était initialement prévue) et notre chauffeur Otro. C’est le grand luxe, le 4×4 est moderne et très confortable, mais pas question de s’endormir, les steppes glacées nous attendent! La ville est bruyante, polluée et la visibilité n’est que d’une centaine de mètres, mauvaise journée pour commencer nous dit-on lorsque par miracle à la sortie, les montagnes apparaissent et un soleil magnifique perce la brume! Le dernier panneau du séjour indique l’étape suivante à 630 Km et laisse présager la fin proche du goudron au profil des seules et multiples traces dans la neige avec pour seul GPS, le pifomètre du chauffeur. Otro justement a conduit dans les steppes toute sa vie car il était chauffeur de bus entre deux villes « notions toute relative en Mongolie dont le terme le plus juste serait plutôt village fait de bric et de brac! » éloignés. Notre guide Sashka, quant à elle, était musicienne professionnelle d’instrument traditionnel « chants » (plusieurs tournées en Europe tout de même) avant d’aller étudier en Suisse plusieurs années avant de revenir en Mongolie afin de s’y établir définitivement.
Nous roulons depuis quelques heures et les vallées ne cessent de s’agrandir ponctuées de montagnes si érodées qu’aucune arête ne casse la douce harmonie de leurs contours, comme si elles fondaient! Les premiers chevaux, yacks et mêmes chameaux apparaissent dans ce désert glacial, le soleil arrose la neige finement déposée et donne un effet argent lumineux au paysage. Nous croisons également un nombre conséquent de jeunes cadavres congelés en quelques heures, laissant croire qu’ils se reposent paisiblement. Cet hiver est exceptionnellement froid à tel point que l’aide internationale commence à arriver, certains éleveurs ont perdu en une seule nuit la totalité de leur troupeau s’élevant à plusieurs centaines de têtes. Nous arrivons en fin d’après midi de ce premier jour à un petit monastère, lieu de pèlerinage bouddhiste avant que les communistes ne brûlent tout lors de la révolution dan les années 30.
Nous passerons notre première nuit chez une famille ‘touristique’, éleveurs de chevaux. Nous essayerons par ailleurs, au grand malheur de notre dos, fesses et appareil génital pour moi, la traditionnelle selle mongole, fabriquée uniquement en bois et qui ferait renoncer n’importe quel cowboy à l’équitation! Le temps est également un peu frisquet (environ -20°C) pour faire du cheval mais j’ai eu le courage d’aller au galop jusqu’à la dune de sable totalement gelée et donc figée dont il était absolument impossible d’en escalader la face, tellement la paroi était dure et glissante! Nous dégusterons en récompense de succulents Buzz (sortes de gros raviolis fourrés cuits à la vapeur) à la viande de cheval. Un régal! Nous nous endormons dans la yourte au coin du poêle, emmitouflés dans 5 sacs de couchages!
Nous ne sortons pas de nos lits le matin du second jour, avant que le poêle n’est totalement réchauffé la yourte. Otro réchauffe le moteur du 4×4 au chalumeau (!!!!!) et nous nous mettons en route vers Karakorum, ancienne splendide capitale de l’empire Mongol sous Gengis Khan. L’intérêt actuel réside uniquement en son monastère et sa grande enceinte ponctuée de Stûpas. Le bouddhisme est tibétain en Mongolie et les étudiants jonglent entre l’écriture Tibétaine des textes sacrés et l’écriture cyrillique de tout les jours prononçant la langue Mongole. Nous continuons la route dans l’Overkangai vers l’Arkangai. Nous y choisissons notre première ‘véritable’ famille d’accueil parmi les quelques yourtes en vue sur notre chemin. L’accueil dans les familles des steppes est immanquablement accepté, contrairement aux villes où l’on y ressent un certain rejet, héritage de la sédentarisation. Cette famille s’avère particulièrement pauvre et les 15% de pertes du bétail subi en ce début d’hiver n’arrange rien à leur situation. Les mongols semblent un peuple digne notamment dans la misère où l’on y a aucunement rencontre de mendiant. Nous grimpons au sommet de la colline pour admirer un fantastique panorama et le coucher de soleil sous un vent puissant au climat particulièrement doux. Nous profitons pleinement de cette famille avant l’arrivée fortuite du maire du village environnant accompagne de quelques autres administrés et docteur. La scène qui suivra est stupéfiante, ces personnes arborent des signes de richesse ostentatoires (bijoux et textiles) et se permettent de s’asseoir où bon leur semblent en tout premier lieu et de se faire offrir à manger. Le but initial est d’aider les plus touchés par la vague de froid meurtrière et de vérifier l’état de santé, la politique fait ensuite son œuvre, l’aide se limite à un tableau excel établissant les pertes de bétail et le docteur ne touche même pas les enfants!
Nous continuons notre route vers un petit monastère isolé et perché sur une montagne marquant la frontière entre la région de l’Ovorkanguai et de l’Arkanguai, où une quinzaine de moines passent l’hiver en autarcie. La route est si enneigée qu’il nous faudra continuer à pied dans la neige durant près d’une heure, la récompense est au rendez-vous par l’accueil du maître lama qui nous offre à manger tout en étant étonné de notre venue, nous sommes les premiers visiteurs depuis plusieurs mois! Nous bavardons durant une bonne heure avant de sortir de la yourte pour visiter le monastère perché. Nous restons hilares de la scène du lama qui se prépare en vérifiant son téléphone portable et mettant ses lunettes de soleil RayBan genre police Américaine!! La modernité n’est jamais bien loin! Par ailleurs, quasiment toutes les yourtes sont équipées de panneaux solaires ou éoliennes bricolés rechargeant des batteries de voiture pour alimenter téléviseurs, téléphones portables et ampoules a économie d’énergie! Je prie le lama de grimper tout en haut de la colline (interdit aux femmes, enfin un lieu de tranquillité!!!!) pour admirer le panorama à 360 degrés. Lama Rayban grimpe la paroi comme un écureuil malgré sa cinquantaine, je suis avec bien moins d’assurance avec Yulia qui m’encourage par des ‘Tu est fou, tu vas te tuer!’. J’en profite pour aider lama RayBan à virer le yack qui squatte en haut du sanctuaire et qui fait tourner en bourrique lama RayBan depuis ce matin autours du Ovo (amas de pierre sacré)! Nous reprenons la route après avoir fait bien peur à Otro avec nos deux bonnes heures de retard et croisons un magnifique troupeau de chevaux qui semblent sauvage. Nous nous enneigeons deux fois avant d’atteindre la rivière qui en une seule nuit avait fondu ne laissant comme seule passerelle qu’une fine couche de glace saupoudrée de gigantesques cristaux de glaces posées comme des mines! Otro est inquiet, je propose d’alléger le véhicule de nos corps (200Kg) pour tenter une traversée qui échouera au 2⁄3 après avoir traversé la glace. Nous reposons nos 200Kg sur la banquette afin d’appuyer les roues arrières sur le fond du guêt et arrivons à nos fins après avoir bien fait fumer le pot d’échappement et retirée au maximum l’eau avant qu’elle ne gèle sur des parties mécaniques sensibles. La nuit tombe et aucune yourte à l’horizon, il fait quasiment nuit noire et la piste ne se distingue que difficilement.
Tout à coup, Otro, œil de lynx, discerne un brun de lumière au pied de la montagne et nous précipitons dessus, la famille accepte!! Ce jeune couple d’une beauté flamboyante (Yulia a encore les yeux qui pétillent du bonhomme aux bottes et ceinture magnifiques!) reçoit pour la première fois des étrangers sous leurs toits et restent très sauvages envers nous. A notre grande gêne, ce couple insiste pour que nous dormions dans leur lit alors qu’ils passeront la nuit sur le sol, nous sommes honorés!
Matin du 4eme jour, nous repartons après plusieurs tranches de pain au nutella (local!) et du thé au lait pour nous diriger vers le sud pour rencontrer le désert de Gobi. Nous embarquons la jolie femme du top model avec son bidon de Kumiss (lait de jumeau fermenté à 3 degrés d’alcool au goût terriblement special voire degueu pour certains!!) sur le toit pendant que ce dernier nous suit on Moto. Le vent souffle et emporte la neige fine sur son chemin rendant la piste invisible. Nous nous enneigeons deux fois à cause de cela avant que le sauveur à moto nous indique acrobatiquement le chemin à suivre.
Nous arrivons ‘malheureusement’ dans un village pour passer la nuit; Otro et Sahka peinent à trouver notre 4-ème famille d’accueil en enchaînant les refus. Ortro réussit à revenir par hasard chez une famille de mécanicien qu’il avait auparavant déjà fréquentée. Encore une fois, nous avons la chance de tomber sur un jeune couple fraichement marie. En début de soirée, toute la famille se réunit dans la petite yourte du fils afin de fabriquer 1000 Buzz pour préparer la fête du nouvel an lunaire, quelle chance dans les deux sens du terme! Tout d’abord c’est un moment inoubliable que nous vivons ici, quasi unique, mais INTERMINABLE! 100Buzz, ça va, c’est cool! 300 on rigole déjà moins, mais 1000, bon sang c’est long!!!!!!!
Chaque membre a une fonction, entre celui qui pétrit la pâte, celui qui l’aplanit et découpe les rondelles et le reste qui fourrent la pâte par un mélange de viande finement hachée et d’un mélange d’épices et d’oignons. Une fois une planche terminée, il suffit de la déposer dans la cabane au fond du jardin (non pas les toilettes!) et de laisser la température extérieure congeler le tout!
Nous repartons le 5-ème jour pour effleurer enfin le désert de Gobi, le temps d’un petit roupillon à l’avant au son de musique folklorique telles que ‘Ma baker’ et les paysages c’étaient aplanis, la végétation s’assèche et le sable se mêle à la neige. Une petite halte chez une famille nombreuse pour déjeuner et nous atteignons l’immensité du désert. Malheureusement, nous avons dû faire un grand détour et sacrifier le plus beau du désert de Gobi à savoir les grandes dunes car la fournaise Gobi est inaccessible pour cause de … neige!!!!!!!!!! Il est d’ailleurs simple de savoir d’où souffle le vent dominant, la neige mélangée au sable se réfugie derrière chaque obstacle, petit ou grand! Otro réussit un grand exploit en parcourant une distance énorme sans aucun point de repère ni traces fiables, et dieu sait à quel point il était inquiet de ne pas trouver le village avant la tombée de la nuit!
Heureusement, la bonne grosse et grasse fumée noire du charbon de l’usine thermique du village nous a guidés comme un phare! Pour une fois que je suis content que l’on pollue tant! La 5-ème famille dépasse toutes nos espérances bien quelle soit un exemple trop moderne pour être authentique avec l’électricité dans la yourte, la machine à laver, la bouilloire, la télé et l’ordinateur!! Cette famille est magnifique, notamment la petite qui imite Yulia sur chaque photos!
Nous nous rendons à l’aube (lever à 9h!) à la pointe la plus au sud de notre périple: Yolin Am. Encore une fois le parking d’été est inaccessible en hiver et faisons une difficile randonnée dans la neige pour atteindre une curiosité qui n’a rien d’exceptionnel en hiver, un petit lac gelé!!!!! Le cadre est néanmoins exceptionnel par ce temps magnifique, la cascade de glace et les formations de glaces sur le petit lac sont saisissants. De petits rongeurs aux cris ressemblants à une marmottes ayant chopé une angine ponctuent notre progression. Bien que la glace soit ‘craquante’ pour trop s’y aventurer dessus, cette excursion restera une des plus belles!
6-ème yourte touristique avant de prendre la route vers notre point de départ au nord, Oulan Bator. Nous passons par le Bayan Zag aux dunes peu impressionnantes (comme si elles avaient été déposées par la main de l’homme tellement il y en a peu et sont au milieu de nulle part) mais aux formations rocheuses extraordinaires. C’est en cet endroit que la plupart des célèbres squelettes de dinosaures du Gobi ont été découverts.
Nous passerons la nuit dans un famille ULTRA touristique qui essayait de nous vendre des chameaux en peluche made in china et nous épater avec des os de dinosaures aussi véritables que mon slip fabriqué a la main en France! En parlant de chameau, ils venaient d’en tuer un, juste avant qu’on arrive, je vous passe l’odeur du sang chaud et le nettoyage des intestins!
La différence majeure avec ce genre de famille et une authentique est que cette première se sent très voire un peu trop à l’aise avec nous! Rebelote, nous fabriquons les Buzz que nous engloutirons immédiatement après en quelques minutes. Nous rencontrons le deuxième panneau de notre périple sur la route qui nous mène vers notre dernière famille touristique: la fille qui apprend le Français depuis peu et dont sa raison principale est…qu’elle trouve jolie la tour Eiffel, raison un peu limite qui semble malheureusement convenir a beaucoup de jeunes trompés par les étincelles de la petite capitale.
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Eurasie 2010 : Oulan Bator

Le bus qui nous conduit à Ulan Bator est piloté par un Mongol très impressionnant à l’imposante chapka mais c’est un vrai petit ourson adorable! Les paysages commencent à changer radicalement, les montagnes s’adoucissent, la neige est moins abondante, les steppes apparaissent et les premiers yacks montrent leurs museaux! Nous arrivons à la frontière qui est à notre grande stupéfaction une réplique du mur de Berlin avec son lot de barbelés protégeant un no-man’s-land ponctué de tours de guet équipées de leurs gros projecteurs, c’est la guerre ou quoi?????!!!
Tout le monde descend du bus pour un contrôle de passeport qui résume à lui seul l’efficacité de l’administration Russe, c’est à dire incohérent voir même stupide! Ainsi, on scanne les bagages sans regarder l’écran, on ne prête aucune attention au portique de sécurité qui ne cesse d’hurler et la fouille est inexistante avec son lot de questions à l’américaine du genre « Transportez-vous de la drogue?» , mais on ne va quand-même pas se plaindre de passer tranquille! Le plus rigolo étant les 3 marchands mongols du fond du bus qui avait fêté leur retour d’une façon assez alcoolisée et qui ont passés la frontière en titubant sans soucis, impensable! Le contrôle étant sans embûches, nous retournons dans le bus pour traverser le no-man’s-land et deux nouveaux contrôles de passeport (l’un Russe, l’autre Mongol) surviennent avant d’arriver à la frontière Mongol (d’ici qu’on soit inacceptable en Mongolie et sortie de Russie, nous serions bloqués dans une zone internationale dans le genre du film « The Terminal »!). Nous sortons donc de nouveau du bus pour un contrôle assez folklorique côté Mongol, tout le monde se rue dans un couloir étroit où un portique met en garde en gros et en rouge de ne surtout pas rester entre, peu importe le danger éventuel, 24 personnes sont serrées au m²! Un douanier fait de l’ordre en criant et bloque tout à coup sur moi! Il me dit de le suivre, mince, j’ai fait quoi??! Je passe devant tout le monde et présente mon passeport à son supérieur qu’il a fait sortir de son bureau. Ce dernier vérifie mon visa et éclate de rire en me remettant dans la file! Je me plais à ‘imaginer que le jeune douanier devait me prendre pour un riche ou important occidental (avec mon gros sac à dos et mes habits quechua?!) et que l’examen de mon passeport se devait d’être d’une classe supérieure alors que je ne suis qu’un banal touriste!! Bref, encore une fois tout se déroule sans encombres, nous continuons notre chemin en se réjouissant de fouler pour la première fois l’Asie!
Je pensais néanmoins l’Asie plus chaude que -30° et re-découvrons avec bonheur les toilettes de nos ancêtres qui sont d’un entretien imbattable : Un trou, 3 voire 4 planches si c’est luxe, un toit à 1m60 et un historique d’une population sur plusieurs semaines rien qu’à l’odeur, je vous passe la vue inoubliable si votre curiosité est dévorante au point de baisser les yeux! Nous arrivons de nuit à Ulaan Bator, capitale de la Mongolie, pays grand comme 3 fois la France et peuplé de seulement 2,5 millions de personnes, un des pays les moins peuplés de la planète. Ces chiffres expliquent à eux seuls que l’hospitalité légendaire des Mongols n’est pas seulement une seconde nature, c’est une nécessité à la survie! Nous sortons du bus alors qu’un bonhomme me faisant penser au petit moine qui a fait le songe de la maison dans le film « Little Bouddha », nous propose de partager un taxi. Ceux-ci se mettent en quatre pour trouver notre GuestHouse avant de nous remercier à la façon bouddhique, les mains jointes en s’inclinant et ne tournant jamais le dos. A 7€ la double (à -30° c’est compréhensible!), nous allons peut-être enfin rattraper notre budget qui commence sérieusement à se faire la malle lui aussi!
Yulia est fascinée par l’écriture qu’elle peut lire mais ne pas comprendre, en effet depuis la révolution communiste (plaçant la Mongolie dans l’orbite de Moscou avec son indépendance toute relative!) l’écriture est passée du Tibétain au cyrillique bien que la prononciation reste inchangée! Oulan Bator s’avère être une ville bruyante et polluée, on risque sa vie à chaque traversée de la route! Les buildings poussent sans considération mais la crise récente semble tout avoir stopper, l’un des pays les plus pauvres d’Asie veut se faire une vitrine moderne. Les pays frontaliers semblent généreux en offrant par exemple pour la Corée du Sud, des camions poubelles à la ville au son d’avertissement horriblement fort et à la mélodie de 5 notes terriblement répétitive (j’ai toujours cette musique dans la tête!), est-ce par pure sympathie ou pour obtenir des passes droits sur les formidables ressources minières du pays? Quoiqu’il en soit, la majorité des publicités concernent des sociétés d’équipements miniers et des banques aux distributeurs automatiques limitées à (seulement dirait un européen!) 200 000 tougriks soit 100€ soit environ ¼ du salaire moyen de la capitale.
Il est immensément plaisant de remarquer au fur et à mesure de notre progression, des transitions et mélange de cultures, d’architecture, de religions et d’éthnies. Ainsi nous visitons les premiers temples bouddhistes tel le magnifique Gandan Khiid avec son grand bouddha de 26 mètres de haut et ses écoles religieuses où les jeunes profitent que leurs maîtres lamas répondent au téléphone portable (la technologie n’épargne personne!) en plein mantra pour chahuter! La place centrale du nom du révolutionnaire Sukhé Bator autour de laquelle s’agglutinent une myriade d’ambassades, comporte une imposante statue de Gengis Khan, le plus grand empereur de tous les temps! Peu le savent mais son empire s’étendait du cercle polaire aux frontières de l’Inde et de la mer de Chine aux portes de la France!!!
Il est temps à présent d’affronter le plus redoutable des visas en ce début de parcours, la Chine! Nous nous rendons à la petite ambassade Chinoise afin d’y découvrir les modalités de visas et je me suis vite découragé à la vue des documents nécessaires inscrits sur les notices de l’accueil! On va tout de même tenter de demander au fonctionnaire en faisant les touristes stupides et il nous indique à notre grande surprise que les documents sont en réalités très limités! Cela dépend de la nationalité et des relations entre nos différentes nations! Je m’amuse toujours autant à voir que le prix d’un visa pour un Américain est toujours 4 fois plus élevé qu’un Européen mais déchante lorsque le fonctionnaire indique qu’il faut absolument un papier de l’ambassade Russe indiquant que Yulia est bien…Russe! Le passeport ne suffit plus à prouver une nationalité, désormais?!!! Peu importe, l’ambassade Russe est à deux pas et je m’attends déjà à des complications lorsque j’apprends que le visa Russe n’est à présent uniquement délivré dans le pays de résidence du demandeur, je passe mes commentaires de Français qui grogne tout le temps et a toujours raison!! Le type à l’accueil qui me fait penser à un Gavroche avec son béret, nous indique qu’il faut attendre midi pour chopper à la sortie la fonctionnaire blonde qui s’occupe de ce genre de paperasse, on nage en plein délire! Après s’être gouré plusieurs fois de blonde (entre les vraies et les fausses!), celle-ci nous indique très rapidement que ce papier n’est délivré qu’aux résidant Russe de Mongolie… Le serpent se mord la queue, il est impossible d’obtenir le visa sans ce document qui, lui-même, est indélivrable!
Second soucis, il faut indiquer sur le formulaire les villes où l’on prévoit d’aller (mettre des villes les plus éloignées les unes des autres en évitant soigneusement de mentionner une région « autonome » comme le Tibet permet d’obtenir le nombre de jours voulus, sinon c’est à l’appréciation du consul!) et surtout fournir un billet de retour ou de continuation! Je recherche différentes façons d’obtenir un billet de train, bus ou avion, annulable et peu cher afin de ne pas y laisser trop de plumes et choisi finalement d’oser la fausse réservation Air France « Made in Word »! Nous retournons à l’ambassade avec l’adrénaline associée à un faux document et à l’absence d’un autre mais si nous ne réussissons pas, Yulia sera obligée de retourner à Moscou pour faire le visa Chinois. Le fonctionnaire examine les pièces justificatives devant nous sans tiquer sur la réservation Air France et bloque sur la réplique fatidique du document Russe. Nous faisons les malheureux en expliquant notre cas mais celui-ci s’excuse mille fois en insistant sur le fait que ce document est obligatoire. Yulia fond quasiment en larme devant la carte de la Chine en imaginant qu’elle ne verra peut-être pas ce pays immanquable sur la route d’un tour du monde! Nous revenons à la charge car nous n’avons rien à perdre et prions le fonctionnaire de nous aider à trouver une solution moins embarrassante, mais celui-ci ne peut pas passer outre les règles consulaires, c’est un non ferme et définitif…
Voyant notre tête et écoutant d’une oreille lors de son rapide passage derrière le guichet, un homme qui s’avérera être le consul lui-même, demande au fonctionnaire ce qui se passe. Ils discutent ensemble avant de demander à Yulia « d’où venez-vous? », Yulia s’engouffre dans la question en énumérant les pays visités, il coupe en répondant « Non, avant tout cela, d’où venez-vous? », Yulia répond que nous sommes mariés et vivons en France malgré son passeport Russe. Je m’empresse de prouver ses dires en sortant la carte de séjour de Yulia que je voulais renvoyer en France par la poste quelques jours plus tôt! Le sésame était sorti, le consul autorisa une exception que même le fonctionnaire qualifia de grande chance! Nous obtiendrons deux magnifiques visa de 60 jours sans encombres! OUFFFF, cela fait deux fois que l’on s’en sort de justesse avec le passeport de Yulia, espérons que la chance ne tourne pas!

Eurasie 2010 : Irkutsk

Il est 4h50 heure de Moscou (9h50 heure locale), le train entre en gare d’Irkutsk dans 8 minutes, fabuleux moment ou on ne pense que a galoper dehors après 4 jours de train et 4692Km parcourus jours après nuits! Cela fait une heure que Yulia est toute blanche et je dois également dire que je ne suis pas dans mon assiettes après tant de temps passé dans ce shaker géant!!!!! Ce qui devait arriver arriva! Au moment même ou le wagon s’immobilise, Yulia vomit tout son petit déjeuner dans un sac plastique!!! Charmante arrivée!!!! Nous sortons donc du train avec nos sacs et un joli petit sac plastique à la main!!
Le temps est magnifique et relativement chaud pour la Sibérie en plein cœur de l’hiver. Nous nous mettons en marche immédiatement vers le Consulat de Mongolie. C’est à ce moment précis que les ennuis ont commencés!!!! Nous déboulons avec nos sacs dans ce si petit consulat, sortons fièrement nos passeports et chipons un formulaire. Tout d’abord la fiche de renseignement indique en Mongol que les prix et délais ont doublés (Oui Mongol Troisième langue monsieur!!!!).
Je dépose mon passeport avec le formulaire et ma jolie tronche sur la photo agrafée dessus, aucun soucis, le tapis rouge, « votre visa seras prêt dans 7jours ». Viens le tour de Yulia, tout de suite le ton change, il faut une invitation! Bon sang de nationalité! OK, ca doit être comme la Russie, Internet-30euros-4heures-fax et hop une vraie⁄fausse invitation, bienvenue en Russie! Non le système Mongol est un peu plus élaboré, l’invitation doit être envoyée a Ulaan Bataar puis le bureau central met a jour chaque matin une liste via Internet des personnes autorisés a entrer sur le territoire. Une personne du Consulat nous indique très gentiment sans finalement attendre un quelconque retour (On attendait qu’il nous demande un billet!) une petite agence de voyage locale pouvant nous aider a obtenir une invitation, il appelle même pour nous! RDV lundi pour régler ce soucis.
Nous nous mettons en marche vers une auberge de jeunesse ou nous négocions sans aucune difficultés une chambre a 1000roubles (25) au lieu de 1500, il faut souligner que nous étions les seuls dans l’auberge, le propriétaire nous donnait les clés le soirs!!!!! Comment? Personne en Sibérie en plein hiver, bizarre!!!
Le temps est particulièrement agréable, il ne fait que -20degres et un soleil splendide, la Sibérie et notamment les contours du lac Baïkal sont surnommes la petite cote d’azur avec ses 300jours de plein soleil par an! Nous nous rendons le soir même sur la place centrale que surplombait jadis une magnifique cathédrale, remplacée depuis, sur un geste d’humeur de Staline, par un hideux bâtiment administratif. Certaines jolies églises ont survécus en retrait de cette cathédrale. La place est parsemés de sculptures de glace et d’une grande rampe ou les grands et les petits s’amusent a glisser dessus par tout moyens! Irkutsk est une ville agréable avec ses parcs et arbres pétrifies par la glace.
Nous profitons du week-end pour nous empresser de découvrir le fameux lac Baïkal. Nous prenons une marshroutka (mini bus privé) pour Lystvianka où nous cassons la tirelire pour faire 4 heures de moto-neige dans la taïga et sur le lac Baïkal gêlé (quoique courte la balade sur le Baïkal car les glaces étant en formation, notre guide était un peu frileux de couler!!). Les conditions sont extrêmes’ dit il, ‘à -27degrés nous ne sortons normalement pas les motos, le max étant -20 voir -25’. Les paysages sont splendides (est-ce la raison pour laquelle Yulia a retourné la moto en passant dans une ornière?!), l’arrêt à la cabane pour manger est une très bonne chose et surtout le poêle est très attendu car je suis vraiment TRÈS gelé des doigts de pieds! Le passage sur le Baïkal est sensationnel, difficile à croire que ce désert de glace à perte de vue cache sous à peine 50cm de glace 20% de l’eau douce non gelée sur terre! Le lac « chante », la glace qui se tend, craque et se détend produit des sons à la fois fascinants et inquiétants! Chaque 10secondes, c’est comme si une fissure de centaines de kilomètres se créait en une fraction de seconde dans un tonnerre assourdissant! Au retour, notre guide se fait attraper sur les chemins par les gardes forestiers car la zone est une réserve naturelle strictement protégée!! Nous attendons notre bus devant un coucher de soleil fabuleux qui se reflète sur la glace et laisse entrevoir l’ombre des montagnes situées sur l’autre rive, à 60kilomètres de là.
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Comme prévu, nous sommes de retour Lundi pour demander à la charmante agente de voyage de nous faire l’invitation contre 600roubles (16euros), nous pourrons demander le visa de Yulia demain si tout roule. Seconde fois au consulat, avec le nombre de touristes chaque jour qui se pointe (une dizaine tout au plus), les filles commencent a nous reconnaître. Le consulat est un vrai moulin, les filles sont adorables mais tellement cool!!!!!!!!!! L’Asie arrive, ca se sent! Nous présentons le formulaire et le passeport de Yulia et bien évidemment, après maintes recherches, l’invitation n’est pas arrivée!!!! Bien évidemment, quand il y a un pépin, il faut que ce soit jusqu’au bout, le consulat est ferme demain!!!!! Irina nous indique que c’est rare ce genre de retard mais ne peut intervenir sachant que c’est directement le ministère en Mongolie qui gère la fin du processus, autant essayer de communiquer ou presser un employé de préfecture, perdu d’avance! Tant pis, nous allons passer la nuit au bord du lac Baïkal, a l’hôstel Derevenka ou nous sommes logés dans de véritables logis en bois chauffés par un poêle a bois que nous alimenterons (surement un peu trop a la vue de la gorge assoiffe de Josselin au réveil! ) en fin de soirée oscillant entre plaisir et fumée! Comme d’habitude nous sommes les seuls dans l’hôstel, et pour compléter le tout, le propriétaire est porté sur la tétine, est malhonnête et fait vraiment peur! Nous nous sommes fait plaisir avec un très bon restaurant (nous étions les seuls clients évidemment!!!!) ou nous dégustons un fantastique Omul grillé devant nous (poisson endémique du Baïkal). Nous repartons de Lystvianka après avoir joués sur la glace translucide du lac, on croirait que nous marchons sur l’eau!
Arrive a Irkutsk, nous attendons l’arrivée de Anton pour dormir en son hostel, chez les voisins Arméniens (qui nous ont invites spontanément a un apéritif) adorables dont nous avons eu un mal fou a prendre une photo de la maîtresse de maison qui semble un peu trop soumise a notre gout. Nous y avons goûté des spécialités Arméniennes sublimes, bien évidemment arroses d’un bon cognac (Charles Aznavour est Arménien paraît il (?!), le monde entier le connait et souvent on nous raconte qu’ils le connaisse personnellement(!), c’est presque plus le symbole de la France que la tour Eiffel! Il est pas mort depuis longtemps???!!!!!!!!!!!!!!!!!)
Retour chez Anton, personnage emblématique de la Sibérie selon moi (yeux bleus, grand et fort, gentil et genre survivor!!!). Beaucoup de photos du film ‘L’odyssée sibérienne’ de Nicolas Vanier sont placardes sur le mur et Anton ne tarde pas a me dévoiler avec beaucoup de fierté qu’il a participe a cette aventure! Anton était pisteur sur moto-neige durant toute l’épopée de 3mois, en d’autres termes il ouvrait la voie pour que Nicolas et ses chiens puissent passer. Les conditions étaient très difficiles, -56degres, pas d’équipement fourni et aucune considération. Ses mots me laissent de marbre, comment une effigie comme Nicolas Vanier peut il se permettre de se conduire comme cela! Anton me raconte la partie cache de l’Iceberg tout en répétant que cette aventure était fantastique et qu’il ne la regrette en aucun cas. Tout d’abord le salaire promis a été divisé par deux a l’arrivée, aucun équipement n’as été fourni, chaque pisteur devait se débrouiller par lui même. L’équipe étrangère était toujours davantage mis a l’avant (On n’entrevois qu’une seule fois Anton dans le film et son nom n’est même pas dans le générique de fin alors qu’il était toujours devant a ouvrir les pistes et prendre tous les risques avec un Canadien, véritable maître et héros du film pour lui dont il a grandement appris, il ouvrait les routes de glaces pour les mines du grand nord Américain, homme invincible, ultra expérimenté qui peut survivre seul dans les conditions les plus extrêmes avec un sac de riz!!).Rendez-vous compte, qu’il a fini parmi les 10 plus proches de Nicolas Vanier durant son aventure et qu’il n’as jamais reçu de nouvelles depuis la fin de l’aventure, le film lui a offert par des touristes Français! Il paraît même que certaine choses sont totalement fausses dans le film tel qu’un passage ou il prétend avoir construit une cabane en bois alors qu’elle existait de longue date, Nicolas Vanier serait en réalité un one-man-show relativement peureux car il a refuse de passer par certain secteur pourtant préalablement traces par les pisteurs et prend l’hélicoptère pour tricher des que nécessaire, bien évidemment rien n’est dans le film! En ce qui me concerne je suis vraiment tombé de haut!!!!! Vraiment Mr Vanier, si ne serait qu’une once de tout ceci est vrai, il n’y a vraiment pas de quoi être fier, ca me dégoûte!!!!!
Bref, le lendemain matin, le timing est très serre, nous nous rendons pour l’ouverture du consulat Mongol tandis que Anton récupère un troisième participant Suisse pour notre ‘expédition’ sibérienne. Nous partons tous ensemble immédiatement après vers les montagnes du sud du lac Baïkal. Troisième fois au consulat, autant dire que nous sommes désormais chez nous!!!!! je récupère sans encombre mon visa mais figurez vous que l’invitation pour Yulia n’est toujours pas présente dans les fichiers!!!!!!! Il a de quoi péter un câble!!!! L’attente est impossible, je dois quitter la Russie car mon visa expire et Yulia ne peut rentrer en Mongolie!! De plus nous partons 4 jours en expédition et en autonomie avec les skis en plein milieu de la Taïga! Nous appelons Irina qui arrive très rapidement au consulat, elle presse les filles de regarder une troisième fois la liste mais rien n’y fait, pas de Yulia!!!! Irina appelle donc directement en Mongolie, la fonctionnaire mongol a simplement omise d’insérer le nom de Yulia sur les listes!! Cela seras fait dans 1 heure et le dépôt du dossier pourra suivre, mais nous ne pouvons en aucun cas attendre, nous partons! Irina nous propose donc de se charger du dépôt tandis que la femme d’Anton récupérera le visa le surlendemain! Nous confions donc a Irina les documents nécessaires ainsi que l’argent pour obtention du visa en Urgence. Trop simple et trop facile! Une tierce personne peut déposer et reprendre un passeport mais en aucun cas payer pour elle, la seule solution, faire une virement bancaire!!!!!!!! Nous voilà donc embarqués dans la voiture d’Irina vers la banque tenant le compte du consulat Mongol a Irkutsk. Yulia est obligée d’ouvrir un compte dans cette banque afin de le transférer vers le consulat. Imaginez déjà l’attente!!! En plus, c’est le sac de nœud incommensurable!!!! Tout se déroule enfin bien et Yulia récupère son visa le jour même de notre départ vers la Mongolie! Les formalités administratives représentent a elles seules de véritables aventures, l’adrénaline est au rendez vous lorsque l’on prend en compte vos impératifs, les délais et surtout leurs horaires d’ouvertures!
Anton nous récupère avec son 4×4 pour 4heures de route vers le sud du Baïkal, la route est mauvaise et s’avère être la seule nationale reliant l’est et l’ouest du pays, nombre de camion style américain soulevant des nuages de glaces font penser aux films dans le grand nord Canadien! Nous arrivons dans un petit complexe touristique estival et découvrons la bouteille de vodka complètement gelée car restée dans le coffre de toit, maintenant je sais que la vodka gèle par -30degres!!!! Pour finir notre premier jour, nous essayons nos skis qui s’avèrent être extrêmement casse-gueule!!!!!!!!! Au petit matin du troisième jour, nous remplissons nos sacs de vêtements, d’assez de nourriture pour une autonomie complète de 3jours et de nos sacs de couchages -30° qui prennent la moitié de la place a eux seuls! C’est parti! Le rythme est soutenue et malgré les -25°, je ne suis habillé par moment de ma seule polaire et de mon coupe vent! Pour Yulia, c’est tout le contraire, elle a froid! Bizarre!! Les skis sont munis en dessous d’une sorte de tapis de fils de nylons recourbés vers l’arrière du ski afin de ne pas glisser en arrière, ceux de Anton sont fait en peau de cheval, les nôtres sont, lorsque le terrain devient accidenté, équipés de cordes pour ne plus du tout glisser, ca devient de la raquette! Nous tombons souvent, c’est drôle sauf lorsque les gants mouillent et gèlent ensuite!!!! Nous skions tantôt sur la rivière gèle, tantôt dans la magnifique poudreuse (on dirait du sucre!) de la taïga. Aucune trace nous précèdent, nous sommes absolument seuls au milieu de ces montagnes de plus de 2000metres et ces magnifiques panoramas sous un soleil et ciel bleu superbe! Quel bonheur, enfin en ce qui me concerne!!!! La neige recouvre tout, sur près d’un mètre, nos bonnets, polaires et barbes sont recouverts de cristaux de glace mais c’est fantastique! Après plusieurs passages « délicats » nous voici a notre hôtel, un confort 4etoiles est promis sur la porte! Voici le genre de cabane dont j’ai toujours rêvée, le vieux poêle, une fenêtre et une « grosse étagère » en guise de lit 4 places, trop court d’ailleurs car le bord arrive aux mollets! Le lieu est magnifique, nous faisons une dernière sortie (avec ma belle chapka offerte par Serguei)pour assister au coucher de soleil derrière la montagne, au dessus de la rivière gelée qui fait glouglou! La neige, collante et abondante s’accumule sur les troncs d’arbres coupés faisant penser à de gros champignons! On coupe le bois pour le poêle, on l’allume et faisons fondre la neige dans la casserole posée dessus. Température -25° extérieur, je suppose +35° a l’intérieur, infernal!!!!!!! On mange nos pelminis (raviolis), buvons la neige fondue (Stephane, le Suisse germanophone qui partage cette aventure avale une énorme gorgée d’un coup sec d’une bouteille dont il pensait qu’elle contenait de l’eau, erreur c’est la vodka non gelée qui a été transvasé dans cette bouteille plastique!!!) étalons nos matelas et déroulons nos sacs de couchage, nous sommes prêts! Le réveil ne donne pas vraiment envie de sortir du sac lorsque qu’une grosse fumée sort de notre respiration, cela signifie qu’il fait facilement -10° dans la cabane! Le thermomètre indique -27°, les conditions sont idéales…! Troisième jour, nous faisons une boucle vers le lac d’altitude, les paysages sont de plus en plus grandiose, nous croisons des traces d’exploitation comme le pont en bois et des pièges disséminés. Le sucre recouvre tout et Yulia affronte avec vigueur le froid et les montée, CA c’est ma femme!!!! Nous nous arrêtons pour faire du feu a même la neige et essayons de faire vivre le feu pendant que Anton est allé rencontrer deux trappeurs aperçus de l’autre coté du lac. Belle affaire de vivifier un feu qui s’enfonce dans la neige et essayer de faire tenir une casserole remplie de neige suspendue au bout d’un bout de bois qui prend lui même feu!!!!!!!!!! Anton revient avec deux fabuleux personnages, des vrais trappeurs comme des les films, le père et son fils! Je vous dresse le personnage, 55ans, 35ans de ski sans bâton (je vous met au défie de le suivre!) dans la taïga a poser des pièges, pas de sac a dos, il dort dehors par n’importe quelle condition sans sac de couchage, sa devise : « avec une hache c’est impossible de mourir en Sibérie », j’éviterais de tenter moi! Nous nous retrouverons dans la cabane le soir même a dormir a 6 pour 4 places! J’ai tout de même réussi à tomber dans un trou lors de l’aller, 4 à passer, je suis le dernier et évidemment le pont de neige s’écroule sous mes pieds, le trous n’as pas de fond, même avec les skis je ne le touche pas! Yulia me rattrape très vite mais ne peux me tirer de la, je glisse de plus en plus et plus je m’enfonce plus Yulia pleure et hurle, et plus j’éclate de rire! Anton nous diras plus tard que c’est un des pièges mortels qui existe dans cet environnement, j’ai déjà de la chance, il n’y avait pas d’ours qui hibernait dans le trou! Nous découvrons donc la zibeline congelé que le trappeur a capturé (qu’il revendras la modique somme de 25€) et l’extraordinaire gelure sur le visage de son fils (il avait mal le pauvre, heureusement Cetavlon était la (merci mam!)) et apprendrons que ce petit bonhomme possède cette cabane ainsi que 45 autres repartis sur son domaine qui couvre la ridicule surface de …. 72000 hectares!!!!!!!!!!! Le plan qu’il nous dessinait de mémoire n’indiquait pas les routes mais bien les fleuves!!!!!!
Quatrième et dernier jour, nous retournons au 4×4 en 4 heures totalement exténués et Yulia qui grogne « plus jamais ca! » (elle n’as plus le même discours aujourd’hui!). Nous passerons la nuit dans le train qui nous amène à Ulan Ude, ville située de l’autre coté de Baikal par rapport à Irkutsk. Nous quittons la Russie aujourd’hui même via cette région à majorité bouriate, ethnie mongol vivant en Russie. Le petit déjeuner se feras dans une salle de jeu en sous sol, face à la plus grande tete de Lénine au monde, ouverte 24h sur 24h, véritable coupe gorge en apparence, nous ne passons plus inaperçus, les yeux bridés nous fixent tous et dieu sait si les Mongol sont charpentés et imposants! Un des plus grand m’aborde, je n’était pas tranquille mais il voulait simplement savoir d’où nous venions et nous souhaiter la bienvenue! Nous prenons le bus a 7h00 pour atteindre dans la soirée Ulaan Bataar, capitale de la Mongolie, 800Km plus au sud (c’est pas pour ca qu’il fait plus chaud, au contraire!).

Visa Josselin (Français) : Visa demandé à Paris avant le départ pour une durée de 30jours. Papiers nécessaires : 1photo d’identité, 1 invitation détaillée achetée sur Internet, une attestation d’assurance de Mastercard. Coût : 35€
Visa Yulia (Russe) : Yulia est de nationalité Russe!
Dates : du 21⁄12⁄2009 au 18⁄01⁄2010 soit 29 jours
Dépenses :
Paiement visa Josselin : 35€
Retrait train Kiev-Moscou : 80€
Paiement train Moscou-Nijny : 29€
Paiement train Nijny-Irkutsk : 671€
Dépense diverses en liquide : 750€
Paiement visa Mongolie Yulia : 70€
Retraits : 117,85€ + 175,82€ + 116,83€ + 233,66€ + 233,66€ = 878€
Total de 2513€ soit 86,66€ ⁄ jour
Budget de 80€⁄jours soit une perte de 193€
Cumul : 4241€ avec un budget à -251€
Notes :
Intérêt des monuments : 4⁄5
Vie culturelle : 2,5⁄5
Beautée des paysages : 5⁄5
Performance des transports : 4⁄5
Ambiance : 3⁄5
Activités ou sorties diverses : 4⁄5
Rapport qualité-prix : 2,5⁄5
Facilités touristiques : 1⁄5
Contacts avec la population : 3⁄5
Sentiment de sécurité : 4⁄5
Beautée des femmes (selon Josselin!) : 5⁄5
Beauté des hommes (selon Yulia!) : 3⁄5
Total de 41⁄60

Eurasie 2010 : Transsibérien

Le Transsibérien, avec un grand T, qui n’a jamais rêvé de prendre ce train entre ceux qui ne savent pas ce que c’est et ceux qui ne le savent pas précisément!!!!!!!!! Le chemin de fer Russe compte en réalité 5 lignes ferroviaires principales, le Transsibérien entre Moscou et Vladivostok (voir la carte dans l’album photo pour les nuls en Géographie(heureusement que j’ai le lonely planet sous les yeux!)) que nous utiliserons que de Nijny Novgorod à Irkutsk sur 4692Km, l’Oural entre Moscou et Iekaterinbourg, le BAM (Baiïkal-Amour), le Transmongolien et le Transmandchourien. Anciennement surnommée « le plus beau joyau de la couronne des tsars », le Transsibérien commencée en 1860 et achevée en 1898, d’une longueur de 9288Km, s’étire sur 7 fuseaux horaires et traverse 984 gares à la vitesse moyenne de 60Km⁄heures pour un voyage de 7 jours. Les chiffres sont aux dimensions de la grande Russie! Le voyage sera t’il à la hauteur de nos rêves??
Il est 5h00 heure de Moscou en gare de Nijny Novorod encore nommé par son ancien nom « Gorkii » sur nos billets, le train arrive en provenance de Moscou pour une halte de 20minutes, nous pressons pour rejoindre notre wagon au bord du quai mal éclairé. La porte s’ouvre, la Provodnitsa (chef de wagon) sort habillée de son uniforme bleutée aux multiples insignes et de sa Chapka, il fait froid, de la fumée sort de nos bouches lorsque nous présentons nos billets et passeport. La provodnitsa déchire légèrement l’hologramme situé en haut à gauche du billet, preuve de son utilisation et nous fait signe d’entrer d’un léger geste de la main. Nous nous faufilons dans le couloir du wagon en laissant une traînée de froid et en cognant à chaque pas les cloisons avec nos sacs! La porte de notre compartiment refuse de s’ouvrir et les autres passagers poussent! Finalement l’homme mal réveillé à l’intérieur nous ouvre (faut dire que l’on avait fait un tel raffut!) et prenons place sur nos lits heureusement déjà faits! Finissons notre nuit tranquillement au rythme des « tantan-tantan » , bruit des boggies du wagon se produisant à chaque jonction de rails. Les contacts sont peu aisés compte tenue que le wagon est compartimenté, je regrette profondément le platzkart, les différents passagers rencontrés lors de nos deux premiers jours ne furent pas très captivants, le militaire allant rejoindre sa base navale à Vladivostok pour combattre la piraterie au golfe d’Aden au large de l’Ethiopie correspondait parfaitement aux préjugés du soviétique froid ne posant pas de questions et aux discussions sans issues! Le paysage est par ailleurs très monotone, alternant entre forêt de bouleaux et clairières d’une planeur déprimante, le tout avec un ciel nuageux. Nous nous contentons de nous reposer, manger les plats préparés par le wagon restaurant et faire des toilettes de chat. Bizarrement, il est agréable de perdre la notion de temps, nous nous surprenons à rêver devant le paysage pendant des heures et ne pas éprouver le besoin d’une occupation diverse tel que l’ordinateur, les livres ou lecteurs MP3. Tout devient simple dans notre bulle chaude qui circule dans un environnement vierge magnifique mais au froid hostile, le wagon nous malmène doucement mais sur la durée avec ses secousses variables en fonction de la vitesse et de la qualités de la voie. Les nuits sont ponctuées de sursauts entre les coups sourds et profonds à chaque arrêt sur les blocs de glaces formés sur les pièces mécaniques mobiles durant les quelques heures de fonctionnement, et les remplissages des réservoirs d’eau par cette petite fourmilière extérieure qui subit le froid intense haletant une épaisse fumée de leur bouche. L’éclairage du vieux poteau est faible et jaunâtre, la scène pourrait être avec une vieille vapeur en 1950 durant l’ère soviétique que je ne serais pas surpris! J’entends presque le coup de sifflet! Le train finit par repartir lors d’annonces interminables et sans intonations par hauts parleurs, les wagons tirent et s’entrechoquent dans un léger fracas, les roues semblent coller aux rails à cause du froid tellement leur crissement est aiguë! La diesel fait son travail et nous emmène à la prochaine gare.
C’est justement à la gare suivante que nous rencontrons Daria, gynécologue dans la région d’Irkutsk. Nous resterons ensemble quasiment jusqu’à la fin. Dania est un personnage adorable, à la fois précieux dans son comportement d’arrivée mais vite adapté aux conditions d’un voyage en train longue durée. Ne parlant pas Russe, la grande majorité du flot de discussion échangés fut avec Yulia! Ce que ça bavarde des nanas bon sang!!!! Elles s’entendent bien et leurs caractères étant faciles, cela aide énormément quand vous êtes enfermés ensemble en permanence! Nous sommes sortis ensemble deux fois, à Iekaterinbourg et Khabarovsk ou la température en pleine journée atteignait -32°C, ca pique mais honnêtement nous nous attendions au pire! Tant mieux!